Une installation spectaculaire de JR sur la façade de l’Opéra de Paris avant un mystérieux ballet en novembre



Ce mercredi 6 septembre au matin, une gigantesque surprise attendait les passants sur la place de l’Opéra. Médusés, ceux-ci ont découvert la façade de l’opéra Garnier totalement métamorphosée : son décor chargé de l’ère Napoléon III apparaît désormais comme bombardé, transpercé en son centre d’un trou béant ouvrant sur une spectaculaire caverne inondée de lumière – le tout en noir et blanc !

L’auteur de cette métamorphose n’est autre que le street artiste JR. Invité par la prestigieuse institution, ce maître des illusions d’optique géantes en milieu urbain a profité des échafaudages dressés à l’occasion des travaux de restauration du palais Garnier pour les habiller de cette toile XXL baptisée Retour à la caverne (Acte I  – L’Entrée de la caverne).

Des projections de danseurs de l’Opéra

Dans un post Instagram, JR décrit ce projet comme une « allusion aux codes romantiques du XIXe siècle » ainsi qu’ « aux grands décors scéniques d’opéra ». La pierre brisée de la façade ouvrant sur des roches naturelles renvoie, quant à elle, aux coulisses de la construction de ce somptueux bâtiment (les carrières de pierre), tout en mettant en parallèle la monumentalité de l’art et de la nature. L’installation souligne aussi, par ces éboulis, la « fragilité » des monuments en « interrogeant leur caractère éternel ».

L’artiste fait dans le même temps référence à l’allégorie de la caverne de Platon, ainsi qu’aux « origines du ballet et de l’opéra », qui sont nés « au sein de grottes » pour « célébrer les divinités de la Grèce archaïque ». Enfin, difficile de ne pas songer, face à ce mystérieux décor rocheux, aux légendes qui entourent le bâtiment parisien, comme celle de son lac souterrain, popularisée par le roman Le Fantôme de l’Opéra (1910) de Gaston Leroux !

Lire aussi article :  Dans les Yvelines, l'État renonce à vendre le domaine de Grignon et son château XVIIe

Visible jusqu’au 25 septembre, cette installation gagnera encore en magie en s’animant, le temps de quatre soirées spéciales, de mappings vidéo de danseurs de l’Opéra. Puis cette bâche tombera pour réapparaître en novembre sous la forme d’un rideau de théâtre (Acte II – Dans la caverne), dont la conception a été confiée aux Maisons d’art installées au 19M, dont le brodeur Atelier Montex. Le grand public aura été invité par la Galerie du 19M à s’initier gratuitement à la broderie pour participer à la réalisation de cette œuvre, entre mi-septembre et fin octobre.

La musique de Thomas Bangalter de Daft Punk

Vers la mi-novembre (la date reste encore à préciser), une centaine de danseurs s’y mouvront, équipés d’un système sonore innovant permettant d’entendre leur souffle et leurs mouvements, ainsi que la musique composée spécialement par Thomas Bangalter, l’un des membres du mythique duo électro Daft Punk – une bonne façon de rendre un hommage contemporain à ce temple de la musique et de la danse !

Ce n’est pas la première fois que JR collabore avec l’Opéra : en 2014, il avait produit une série photographique sur le toit du palais Garnier, mettant en scène les danseurs de l’institution. Cette nouvelle intervention rappelle également son spectaculaire trompe-l’œil impliquant une anamorphose, installé dans la cour Napoléon du Louvre en 2019, à l’occasion des 30 ans de la pyramide de Pei, qu’il avait déjà fait « disparaître » en 2016 à l’aide d’un autre collage surprenant. Une conquête exaltante de la Ville Lumière qui ne semble pas près de s’arrêter !

L’installation de septembre sera visible du 7 au 25 septembre

Projections en accès libre sur la place de l’Opéra de 21h15 à 22h00:

• Samedi 9 septembre : Les Bosquets de JR, L’Oiseau de feu de Maurice Béjart

• Dimanche 10 septembre : Boléro de Maurice Béjart, un extrait des Contes d’Hoffmann de Jacques Offenbach dans la mise en scène de Robert Carsen, Brise-Lames de Damien Jalet

• Samedi 16 septembre : extrait du Parc d’Angelin Preljocaj, Die Grosse Fuge d’Anne Teresa de Keersmaeker, un extrait de La Traviata de Giuseppe Verdi dans la mise en scène de Simon Stone

• Dimanche 17 septembre : The Art Of Not Looking Back d’Hofesh Shechter, un extrait des Indes Galantes de Jean-Philippe Rameau dans la mise en scène de Clément Cogitore



Source link