une élue PS remise en liberté, des armes saisies


Aucune charge n’a été retenue contre la maire de Canteleu, interpellée et mise en examen vendredi dans le cadre d’une enquête pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs.

Dix-neuf personnes ont été interpellées et placées en garde à vue vendredi 8 octobre lors d’un coup de filet anti-stupéfiants au cours duquel des armes et un million d’euros ont été saisis, a appris l’AFP de sources concordantes. Parmi elles, figure la maire socialiste de Canteleu, près de Rouen en Seine-Maritime, Mélanie Boulanger, qui a été remise en liberté ce samedi. L’un de ses adjoints, Hasbi Colak, a également été mis en garde à vue.

La garde à vue de Mélanie Boulanger a été levée ce samedi dans la soirée, a annoncé son avocat. «Je vous confirme la levée de la garde à vue de Mélanie Boulanger sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elle», a déclaré Me Arnaud de Saint Rémy, confirmant des informations du quotidien Paris-Normandie. En revanche, l’avocat ne connaissait pas le sort d’Hasbi Colak, qui n’est pas son client. Adjoint chargé du développement économique, des commerces et de l’emploi, il a été placé en garde à vue pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs, selon l’AFP.

Dans un communiqué, le procureur de la République de Bobigny Éric Mathais a précisé que 19 personnes au total ont été interpellées, quinze en Seine-Maritime et quatre en Seine-Saint-Denis.

«Armes de guerre»

Le procureur de préciser que des perquisitions réalisées vendredi «ont permis de saisir 15 kg d’héroïne, 25 kg de produit de coupe, des armes à feu et la somme de 375.000 euros». Une source proche du dossier, interrogée par l’AFP, a évoqué des «armes de guerre», des mini pistolets-mitrailleurs Uzi.

«Un très gros réseau de trafiquants de drogue a été démantelé», a indiqué à l’AFP la source proche du dossier. Selon elle, il y a plusieurs volets dans cette affaire, «l’importation de très gros volumes d’armes et de drogue» et le «blanchiment». «Environ un million d’euros a été saisi. On parle d’une famille historique à Canteleu. Des gens dans le viseur des policiers depuis plusieurs années», a-t-elle indiqué, précisant que «cette famille influençait très fortement le monde politique local à Canteleu».

L’enquête a démarré en 2019 «en Seine-Saint-Denis avec l’interpellation pour trafic de cocaïne d’un lieutenant de la famille qui organise le trafic à Canteleu», poursuit la source contactée par l’AFP. Au total, dix-neuf personnes ont été interpellées dans cette affaire, quinze en Seine-Maritime et quatre en Seine-Saint-Denis, dont «plusieurs objectifs extrêmement dangereux nécessitant l’appui du RAID ou de la BRI (brigade de recherche et d’intervention)», ajoute-t-elle. «Des armes dangereuses et approvisionnées ont été retrouvées. C’est un réseau structuré de blanchiment d’argent. Il y a eu beaucoup de perquisitions menées pour saisir de l’argent et des éléments qui permettaient le blanchiment, notamment des fausses factures», assure la source.

Selon le procureur de Bobigny, les personnes ont été interpellées et placées en garde à vue «sur commission rogatoire d’un juge d’instruction de Bobigny, saisi d’une information judiciaire ouverte depuis septembre 2019 des chefs de trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs». Les investigations ont permis «d’identifier plusieurs personnes en lien avec ce trafic» et ont conduit à «programmer une opération simultanée», a détaillé le magistrat.

Les interpellations ont été réalisées par le service départemental de la police judiciaire de Seine-Saint-Denis (SDPJ 93), saisi des investigations, ainsi que par le service de sûreté départementale de la DDSP de Seine-Maritime, selon Éric Mathais. Le procureur souligne que «les gardes à vue toujours en cours et pouvant aller jusqu’à 96 heures, sont susceptibles d’être prolongées». «Le juge d’instruction décidera à l’issue des suites à donner pour chaque personne», a rappelé Éric Mathais.

Mélanie Boulanger, 44 ans, a été tête de la liste PS-EELV aux dernières élections régionales, remportées par Hervé Morin. Vice-présidente de la métropole en charge de la jeunesse, de l’enseignement supérieur et de la recherche, l’édile est une proche du maire socialiste de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol. Contacté par l’AFP, le cabinet du maire de Canteleu n’a pas souhaité réagir.

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