Un siècle d’art abstrait au féminin


Au commencement, il y a les visions entremêlées de l’artiste médiumnique du XIXe siècle Georgiana Houghton, peintures à la grâce tortueuse pareilles à un rêve qui vire au cauchemar, où des fils s’enchevêtrent jusqu’à saturation. À la fin du cycle, comme un écho lointain, sont accrochées les toiles empreintes de spiritualité d’Irene Chou (disparue en 2011), formes biomorphiques et lignes calligraphiées à l’encre de Chine qui évoluent dans un univers évoquant à la fois le cosmos et les remous de la vie organique. Un siècle de création les sépare. Un siècle intense durant lequel les avant-gardes vont en finir avec l’imitation du réel pour se plonger dans la couleur pure et la forme libre, donnant corps à un grand courant polymorphe aux multiples ramifications, l’art abstrait, auquel les femmes ont non seulement participé mais qu’elles ont aussi largement contribué à faire émerger, qu’elles ont porté et développé. N’en déplaise à une histoire de l’art encore trop unilatérale qui se concentre sur quelques figures masculines, pionniers virils sans peur et sans reproche partis défricher de nouvelles terres que les femmes auraient visitées dans un second temps seulement.

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