un accord sur le fil trouvé à Glasgow


L’adoption définitive de la déclaration finale de la conférence sur le climat est intervenue après des changements de dernière minute sur la question des énergies fossiles.

Le compromis comporte des avancées certaines, mais générera probablement beaucoup de frustrations. Le «pacte pour le climat de Glasgow» a été adopté ce samedi soir par les quelque 200 délégations internationales à l’issue de deux semaines d’âpres tractations, et avec un jour de retard sur le calendrier initial. Destiné à accélérer la lutte contre le réchauffement climatique, il n’assure toutefois pas de le contenir à 1,5°C et ne répond pas aux attentes des pays les plus vulnérables en termes d’aide financière. «La catastrophe climatique frappe toujours à la porte», a ainsi réagi le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. La COP26 a selon lui débouché sur «des pas en avant bienvenus, mais ce n’est pas assez».

Le pacte adopté samedi soir exhorte les pays à prendre des engagements plus ambitieux en matière de réduction de gaz à effet de serre, et ce dès l’année prochaine. Cette accélération du calendrier (l’accord de Paris prévoit des engagements actualisés tous les cinq ans) est l’une des décisions majeures de ce texte. ce dernier évoque toutefois de possibles aménagements pour «circonstances nationales particulières», une formule assez vague qui pourrait permettre aux pays de se défiler, mettent en garde les ONG. Si la présidence britannique de la COP demande aux pays de revenir avec des ambitions rehaussées plus tôt que prévu, c’est pour «maintenir 1,5 en vie», autrement dit tenter de réduire au maximum le fossé entre les engagements des États et l’objectif de 1,5°C de réchauffement global fixé à l’issue de la COP21 en 2015. Pour y parvenir, il faudrait réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 45% d’ici à 2030. Or le monde est très loin du compte.

Pour la première fois également, le texte évoque la nécessité de s’attaquer au charbon et aux «subventions inefficaces aux énergies fossiles» responsables de la grande majorité des émissions de gaz à effet de serre. Un signal fort. Mais ce qui aurait pu être la plus grande avancée de cette COP26 a tourné court: au tout dernier moment en effet, le paragraphe a été affaibli sous la pression de plusieurs pays, visiblement l’Inde et la Chine. Finalement, dans cette déclaration finale, les pays sont appelés à «accélérer les efforts pour réduire progressivement» l’usage «du charbon sans système de capture (de dioxyde de carbone)» et non plus à en «sortir progressivement».

Avant le vote, la délégation suisse s’est dite «déçue» par ce revirement de dernière minute, soutenue par de nombreuses délégations. Visiblement ému, le président de la COP, Alok Sharma, s’est dit «profondément désolé». «Il est vital que nous protégions ces textes», s’est-il justifié. «C’est mou, c’est faible, et l’objectif de 1,5°C est à peine en vie, mais il y a un signal sur la fin de l’ère du charbon. Et c’est important», a pour sa part commenté Jennifer Morgan, patronne de Greenpeace International.

«Dialogue de sourds»

Après un échec aux deux dernières COP, celle-ci est parvenu à progresser sur les règles très techniques d’utilisation de l’accord de Paris, notamment sur le fonctionnement des marchés carbone.

Sur la question explosive de la finance climat, le texte «exhorte les pays développés à au moins doubler, d’ici à 2025, leur contribution collective au financement de l’adaptation aux changements climatiques par rapport aux niveaux de 2019 pour l’adaptation aux pays en développement.» Et ce alors que les pays développés n’ont pas tenu leur promesse faite en 2009 de porter leur aide climat aux pays du Sud à 100 milliards de dollars par an entre 2020 et 2025.

Les pays occidentaux rechignent, à commencer par les Etats-Unis qui craignent de possibles conséquences juridiques. Samedi, les pays vulnérables ont fini par céder et le pacte de Glasgow prévoit seulement «la mise en place d’un dialogue de deux ans» à ce sujet. «La COP26 s’est clôturée aujourd’hui avec le sentiment d’un dialogue de sourds entre pays pollueurs et pays vulnérables, a réagi Fanny Petitbon, experte climat de l’ONG CARE. Ces derniers ressortent déçus, frustrés et surtout démunis face aux pires impacts du changement climatique.»



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