Sylviculture – De nouvelles pistes pour une forêt plus résistante et la filière bois


Eco-condition des aides au renouvellement forestier, élargissement de la palette des bois de construction : en clôture des Assises de la forêt et du bois, lancées en octobre dernier, le gouvernement a présenté mercredi de premières orientations pour soutenir la filière.

Face aux deux grands défis que sont « l’adaptation de la forêt au changement climatique » et « la compétitivité de la filière bois », ces assises ont abouti à une « feuille de route multisectorielle, transversale et commune pour la forêt sur le long terme », ont affirmé le ministre de l’agriculture Julien Denormandie et la secrétaire d’État à la biodiversité Bérangère Abba, lors d’une conférence de presse.

À l’issue de six mois de débats, quatre groupes de travail ont formulé près de 300 propositions pour le secteur, autour de quatre grands axes : la recherche, pour « dresser un état détaillé de la forêt », « le renouvellement de forêts plus résilientes et riches de biodiversité », « la compétitivité de la filière industrielle bois » et le dialogue entre acteurs de la filière, associant la société civile.

Le gouvernement, qui a annoncé depuis un an plusieurs enveloppes dédiées à la filière dans le cadre du plan de relance (300 millions d’euros) et du plan d’investissement « France 2030 » (500 millions), a lancé de nouvelles pistes. Dans la continuité de ces plans, le gouvernement a prévu la mise en place d’un « financement pérenne dédié au renouvellement forestier de 100 à 150 millions d’euros (chaque année) à partir de 2024, mobilisant notamment les outils de la finance carbone ». Ces financements proviendront d’« un fonds dédié assorti de conditions environnementales », a précisé Bérangère Abba.

Un Observatoire de la forêt et du bois d’ici 2023

Un autre objectif sera de « lever les verrous techniques » pour utiliser le bois des feuillus (chêne, charme, bouleau, châtaigner) dans le bâtiment, dans la ligne de la nouvelle réglementation RE2020, qui impose aux constructeurs de nouvelles normes pour décarboner leur production, encourageant notamment la construction en bois. Côté recherche, un Observatoire de la forêt et du bois sera mis en place d’ici 2023, géré par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN).

Par ailleurs, pour répondre à une « préoccupation majeure », la cartographie des risques d’incendie de forêts, aggravés par les aléas climatiques, sera actualisée en juillet. Pour Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes de l’ONG Canopée, ces assises « marquent une certaine inflexion dans le discours ». « Pour la première fois, le gouvernement accepte l’idée qu’il faut introduire davantage d’éco-conditions dans les aides publiques, mais, regrette-t-il, refuse d’ouvrir le débat sur les coupes rases et l’enrésinement des forêts ».

Dans un rapport publié mercredi, l’ONG déplore que dans « 86 % des parcelles concernées par le plan de relance (…) aucun critère de diversification des arbres n’a été fixé », regrettant une vision de l’adaptation « aux besoins de l’industrie » plus qu’au changement climatique.



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