Subventionner des voitures fabriquées par des ouvriers syndiqués, une «approche intéressante», selon un eurodéputé allemand


Subventionner les voitures électriques fabriquées par des ouvriers syndiqués est «une approche intéressante», a estimé jeudi l’eurodéputé socialiste allemand Bernd Lange, alors qu’une vingtaine de pays ont protesté contre ce projet de la Maison Blanche.

«Je pense que c’est une approche intéressante de soutenir les entreprises qui respectent vraiment les droits des travailleurs», a déclaré Bernd Lange, qui préside la commission du commerce du Parlement européen, à l’issue d’une visite à Washington où il a rencontré des responsables de l’administration Biden et des élus du Congrès. «Cela ne doit pas être basé sur des critères de nationalités» des entreprises, sinon cette mesure s’apparenterait à du protectionnisme, a-t-il nuancé. «Mais la question de regarder les conditions (sociales) derrière la production d’une voiture est plutôt raisonnable». Il a ainsi relevé que les voitures du groupe américain Tesla ne seraient pas concernées par ce dispositif.

La Maison Blanche et le Congrès ont trouvé la semaine dernière le cadre d’un accord pour les gigantesques investissements voulus par Joe Biden. Ce texte, encore discuté au Congrès, prévoit un crédit d’impôt maximal de 12.500 dollars pour les véhicules électriques. Cette somme inclut l’actuelle déduction qui peut aller jusqu’à 7500 dollars à laquelle s’ajoute un crédit d’impôt de 500 dollars si le véhicule est fabriqué par des ouvriers syndiqués aux Etats-Unis ainsi que 500 dollars si la batterie est également de fabrication américaine.

Une mesure «discriminatoire» pour Toyota

Les ambassadeurs aux Etats-Unis de l’Union Européenne et de 24 pays, parmi lesquels la France, l’Allemagne, le Mexique, le Canada ou encore le Japon, avaient envoyé samedi un courrier aux élus du Congrès américain. Et le constructeur japonais Toyota a dénoncé mardi ce projet de subventions qu’il juge «discriminatoire».

De son côté Bernd Lange a relevé que les voitures du groupe américain Tesla ne seraient pas concernées par ce dispositif. «Si la procédure est équitable» entre les constructeurs quelle que soit leur nationalité, que «la question est de regarder les salaires minimums ou la convention collective» des ouvriers qui fabriquent les voitures, «ça peut me convenir», a-t-il conclu.


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