Stéphane Bern : « Le patrimoine, c’est la beauté à portée de main »


« J’ai grandi à Nancy. À l’âge de six ou sept ans, je traversais souvent le parc de la Pépinière, en passant devant un grand singe appelé Jojo, pour me rendre place Stanislas (édifiée entre 1751–1755, ndlr), qui est l’œuvre de l’architecte Emmanuel Héré. Je me souviens très précisément de l’émotion ressentie entre la mairie d’un côté, le Grand Hôtel de la Reine, de l’autre, l’opéra-théâtre, le musée des beaux-arts… Le choc ! Et quel contraste surtout pour moi ! Nous habitions un immeuble des années 1960–1970, assez laid, sans grâce, dans une rue ordinaire. Je ne m’intéressais pas encore tant à l’histoire de cette place aux proportions idéales, qui doit son nom au roi Stanislas Leszczynski, le beau-père de Louis XV, qu’à l’harmonie des bâtiments.

Les façades de l’Hôtel de Ville, de l’Opéra et du Grand Hôtel de la Reine, Place Stanislas, Nancy

Les façades de l’Hôtel de Ville, de l’Opéra et du Grand Hôtel de la Reine, Place Stanislas, Nancy

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© Patrick Escudero / hemis.fr

C’est l’apogée de l’art à la française, comme on le retrouve place de la Concorde, à Paris, conçue par Ange-Jacques Gabriel, l’architecte de Louis XV. Je me suis rendu compte qu’il y avait des joyaux à côté de chez moi. Cette prise de conscience a été le point de départ de ma passion pour le patrimoine. Dès lors, j’ai voulu tout voir, tout visiter. Avec une famille qui, je dois le dire, suivait le rythme. Je faisais des fiches sur tous les musées, sur tous les monuments, que j’intégrais dans un fanzine destiné à la famille. Ma mère le ronéotypait consciencieusement avant de l’envoyer par la poste. Chaque fois que je reviens à Nancy, je mets un point d’honneur à descendre au Grand Hôtel de la Reine, bien sûr, pour avoir des fenêtres qui donnent sur la place Stanislas… »

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