Résultats d’essais – Semis sous bâche, repiquage et désherbage mécanique en betteraves sucrières bio


En décembre dernier, l’Institut technique de la betterave a consacré un comité technique complet à la culture de la betterave sucrière bio. L’occasion de présenter ses résultats d’essais et ses préconisations aux sujets du semis sous bâche, du repiquage et du désherbage mécanique.

Parmi les sujets d’étude concernant la production biologique, l’Institut technique de la betterave (ITB) a notamment voulu mettre en comparaison le semis classique avec le  semis sous bâche, cette pratique ayant déjà fait ses preuves sur la culture du maïs. 

« Une avance de végétation notable pour le semis sous bâche »

Maxime Allart, responsable régional Champagne-Yonne de l’institut, précise le fonctionnement de l’outil combiné, développé par la société Samco en partenariat avec les Établissements Dorez (Aube) : il se décompose en trois parties, la mise en place de la bâche, le dépôt de la graine grâce à des becs qui viennent perforer la bâche, et le rappui de la ligne de semis. Depuis 2022, l’outil est développé en 6 rangs. À noter aussi : la bâche noire, composée d’amidon de maïs, de miscanthus et de charbon naturel, est bien biodégradable ». 

Les essais réalisés en 2021 et 2022 à Bazancourt (Marne) ont permis de révéler « une avance de végétation notable pour le semis sous bâche, et particulièrement en 2022 avec les conditions sèches, qui permet parfois de passer au travers du complexe parasitaire », met en avant Maxime Allart.

L’expert fait un focus sur l’expérimentation menée en 2022 : 

Détails de l’expérimentation 2022. À noter : la variété Jellera KWS a permis de contrôler la cercosporiose sans application supplémentaire. (©ITB)

En ce qui concerne le bilan sanitaire, « la parcelle bâchée obtient une note de propreté de 8/10, contre 6/10 pour la parcelle en semis classique. Et ce malgré le temps horaire passé à désherber manuellement ». Maxime Allart souligne notamment la présence de beaucoup d’adventices rampantes comme la renouée des oiseaux et la renouée liseron. Autre notation : « une moindre pression jaunisse dans la parcelle bâchée (0,1 %) même si la parcelle a reçu en général peu de pertes (1 % dans la partie en semis classique). C’est sans doute lié à la perturbation visuelle, l’effet est similaire à celui des plantes compagnes observé dans le cadre du PNRI ».

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10 t/ha d’écart

Si la richesse est assez équivalente entre les deux modalités, la différence se creuse pour le poids racine avec + 10 t/ha pour le semis sous bâche en 2022. Cela s’explique par la croissance améliorée avec le bâchage, mais aussi par une population de départ plus importante.  

Résultats de productivité de l’essai comparant le semis classique et le semis sous bâche des betteraves sucrières bio. (©ITB)

L’institut détaille alors le bilan économique de l’expérience et les charges dans le tableau ci-dessous. À noter : « le coût des semences est différent car la densité de semis n’est pas la même. Pour la technique sous bâche, l’implantation coûte 1 300 €/ha, prestation et bâche comprises. Le nombre d’heures de désherbage manuel aurait pu être réduit sur la partie classique si nous avions utilisé des outils un peu plus spécifiques type herse étrille », estime Maxime Allart. 

Détails des charges (€/ha)  Semis classique Semis bâché 
Semences 177  255
Implantation 70 1 300
Désherbage mécanique  75 (= 3 passages x 25 €) 340 (= 2 passages x 170 €) 
Désherbage manuel

2 500 (= 125 h/ha x 20 €)

600 (= 30 h/ha x 20 €)
Total  2 822 2 525

Le gain total est de 977 €/ha pour le semis sous bâche avec une économie de charges de 297 €/ha et un gain de rendement évalué à 680 € : 8,5 t (10 t auxquels on retire un coefficient de 15 % car ce sont des récoltes expérimentales).

« Des évolutions de la technique sont prévues pour la campagne 2023, avec notamment des travaux pour la stabilité de l’outil (meilleure tension de la bâche centrale), et surtout de gros travaux sur la régularité du dépôt de la graine (pour éviter les manques et les doubles). Parmi les autres prospectives : des études sont en cours pour proposer une bâche marron avec des propriétés identiques. »

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Avantages et inconvénients du repiquage

Autre alternative testée concernant l’implantation des betteraves : « le repiquage, mais cette pratique n’a pas donné de résultats présentables sur les deux dernières années », précise Maxime Allart. Parmi les points négatifs observés : « le coût du plant (environ 1 800 €/ha pour 60 000 plants/ha) et les soucis de conformité des racines ». Dans un essai réalisé à Bazancourt en 2021, les équipes de l’institut ont relevé plus de 90 % des racines fourchues avec le repiquage, contre près de 20 % en semis classique. Le délégué régional déplore « des difficultés d’implantation et une augmentation de la tare terre dans ces situations ».

Les avantages toutefois à noter : « on implante des betteraves qui sont déjà à 4 feuilles, donc on passe rapidement le risque ravageurs, notamment les ravageurs souterrains, ajoute Maxime Allart. On peut aussi intervenir très précocement, ce qui permet une réduction du temps de désherbage manuel ».

Le désherbage, une étape clé ! 

La gestion des adventices est, en effet, « un point clé de l’itinéraire technique de la betterave, rappelle Ghislain Malatesta, responsable du département « expérimentation et expertises régionales » à l’ITB. La culture est particulièrement sensible à la concurrence des mauvaises herbes dès la levée et jusqu’au stade couverte du sol ».

Avec des outils de préparation du sol traditionnels ou avec une herse étrille, la pratique du faux-semis reste un levier incontournable. « Dans un essai mis en place dans l’Aisne en 2021, 3 faux semis réalisés entre le 8 mars et le 20 avril ont ainsi permis de réduire de 73 % la population d’adventices présentes dans la parcelle (gaillet, renouée liseron et chénopode). […] Attention, la herse étrille peut, par contre, avoir tendance à dessécher le lit de semences », prévient Ghislain Malatesta. 

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Les résultats, ci-dessous, d’un autre essai implanté en Normandie lors de la campagne 2022 montrent « que c’est le 2e faux-semis qui a fait le travail pour les ray-grass et le 3e pour les pensées, ces dernières levant plus tardivement. En tout, les trois passages ont permis d’économiser entre 50 et 60 h/ha de désherbage manuel par rapport au témoin ».

Faux-semis (©ITB)

« Pour faciliter le désherbage mécanique des parcelles, la préparation de sol doit être nivelée et rappuyée. Il convient également d’être réactif notamment pour les premières interventions : dès le stade 2 feuilles des betteraves, il est possible d’intervenir ».

L’institut technique a compilé, dans un tableau, ses recommandations en fonction du stade de la culture et de l’outil utilisé : 

Conditions d’utilisation des outils de désherbage mécanique. Cliquez sur le tableau pour l’agrandir.  (&cop

En Ile-de-France, les équipes de l’institut ont également testé l’utilisation du robot Farmdroïd, qui peut gérer le semis et le binage des betteraves en autonomie pour 20 ha/an jusqu’au stade 12-14 feuilles (investissement : environ 100 000 €). « Il fonctionne 24h/24 et 7j/7 », précise Hugues Bergamini, délégué de la région. 

« Pour le robot, une préparation de sol fine, plane et rappuyée est nécessaire. Sinon on peut avoir une profondeur des graines irrégulière. Le réglage des couteaux du robot représente un bon compromis entre efficacité contre les mauvaises herbes et sélectivité des betteraves. La prise en main s’est faite facilement en cette première année de tests et une clé de 13 suffit pour gérer les réglages ».



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