Quand fleurit l’art du « Do it yourself »


Maskbook, action participative, artistique et citoyenne

Maskbook, action participative, artistique et citoyenne

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Faites-le vous-même ! Serait-ce le mot d’ordre de cette période de confinement ? Retranché chez soi avec sous la main des ciseaux, de la colle et souvent beaucoup de temps à tuer, certains ont redécouvert les joies – ou la nécessité – du fait-maison et des travaux manuels. Avec pour guide, une kyrielle de tutoriels postés sur la toile. Et les musées aussi mettent la main à la pâte !

Niveau débutant : pour occuper les petits confinés, le musée des Arts de Nantes invite à suivre les pas de Max Ernst en expérimentant la technique du frottage inventée par le surréaliste en 1925, alors qu’il était cloîtré à Pornic pour cause de mauvais temps. L’idée ? Griffonner au crayon une feuille de papier apposée sur une surface texturée, comme un mur ou du parquet, et en exploiter ensuite les effets plastiques. Une façon de redécouvrir avec créativité son environnement.

Atelier de frottage, pensé par le musée d’Art de Nantes

Atelier de frottage, pensé par le musée d’Art de Nantes

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© musée d’Art de Nantes

Autre surréaliste qui inspire : Alberto Giacometti dont on réinterprète les sculptures filiformes et les œuvres miniatures grâce aux tutos proposés par l’Institut Giacometti. Oubliez la glaise et le bronze, vos matériaux ici : de vieux t-shirt et des boîtes d’allumettes. Outre-manche, grâce à la National Gallery de Londres, les bambins pourront inventer des collages luxuriants et rugissants, comme le Douanier Rousseau qui imagina des jungles exotiques sans jamais voyager. Pour s’évader un peu, le musée du Quai Branly – Jacques Chirac propose quant à lui de créer son petit théâtre d’ombres, inspiré de spectacles indiens, avec des marionnettes de l’épopée Râmâyana à imprimer et à découper soi-même. Un peu de scotch et quelques attaches parisiennes, et hop, la séance peut commencer !

Confiné mais avec style ! Au MUCEM, on corse un peu le niveau avec des tutos de couture concoctés par la styliste marseillaise Lorène Bellamy et inspirés des collections de textiles et de costumes populaires du musée. Exemple avec une jolie pochette rectangulaire à confectionner dans un tissu coloré à partir d’un patron simplissime, avec ou sans machine à coudre. L’occasion de découvrir l’histoire de cette pièce vestimentaire pas seulement réservée aux femmes. Côté lifestyle, on suit sans hésiter les ateliers haut de gamme de la fondation d’entreprise Hermès. Leur projet Manufact’Home décline le programme Manufacto qui initie d’ordinaire les scolaires aux savoir-faire. Ici nul besoin d’un CAP maroquinerie : avec des matériaux faciles à glaner et un peu d’application, on nous apprend en vidéo comment fabriquer étape par étape une lampe en papier design, un bureau portatif ou un pouf en carton et tissus recyclés, tous imaginés par le studio BrichetZiegler.

Et pourquoi pas allier l’utile au créatif ? Le déconfinement approchant, c’est le moment de se lancer dans la création de masques grand public. Armés d’un vieux t-shirt en coton, de ciseaux, d’une règle et d’un feutre, vous pourrez en créer une version customisée inspirée des motifs orientaux des textiles de l’Institut du monde arabe grâce à une vidéo explicative qui insiste bien sur les normes sanitaires recommandées. Si le thème vous inspire vraiment, laissez libre cours à votre imagination et participez à la grande campagne MaskBook qui, depuis 2015, sensibilise à la crise environnementale (et maintenant sanitaire) avec le masque de protection comme symbole. L’objectif ? Former une immense galerie collaborative où chacun peut partager son œuvre, poétique, drôle ou totalement fantasque, à partir uniquement de matériaux de récup. Parfait pour s’occuper tout en agissant pour le monde de demain.

Élément du kit d’exposition « Home From Home », réalisé par le Château de Montsoreau – Musée d’Art Contemporain

Élément du kit d’exposition « Home From Home », réalisé par le Château de Montsoreau – Musée d’Art Contemporain

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© Château de Montsoreau – Musée d’Art Contemporain

Enfin, si les expos d’art contemporain vous manquent cruellement, vous pouvez transformer votre salon en véritable musée en suivant l’idée drôlement ingénieuse du château de Montsoreau. Depuis le 13 avril, il propose, avec l’exposition « Home from home » de télécharger un kit comprenant 12 œuvres en format numérique à imprimer, découper, coller et assembler selon un protocole précis imaginé par le groupe conceptuel Art & Language lequel, dans les années 1960, remettait radicalement en question les conditions de l’œuvre d’art. À partir du 11 mai, le musée met même en place un Muséodrive, permettant de venir directement récupérer une expo à emporter et à monter soi-même. L’art désormais en self-service ?





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