Possessions sur CANAL+ : “Une série qui joue avec les attentes du spectateur” selon Reda Kateb – News Séries


À l’occasion de la diffusion de “Possessions” sur CANAL+, AlloCiné s’est entretenu avec Reda Kateb, l’une des stars de cette série atypique. Son personnage, sa collaboration avec Nadia Tereszkiewicz, son rapport aux croyances… il nous dit tout.

Vered Adir – Haut et Court TV / Quiddity / Canal+

AlloCiné : Qu’est-ce qui vous a tout de suite séduit dans Possessions lorsqu’on vous a proposé le projet ?

Reda Kateb : Près d’un an avant le tournage, la production et les auteurs sont venus vers moi en me disant qu’ils écrivaient Possessions en pensant à moi. Ils m’ont exposé le projet, et à ce stade-là un seul épisode avait été écrit, en anglais. Je l’ai lu et je l’ai trouvé tout de suite percutant. Le démarrage de l’histoire était vraiment accrocheur. Mais pas seulement. Je trouvais qu’il y avait quelque chose de singulier, d’original dans l’écriture de ce premier épisode. Et puis dans le rôle en lui-même, il y avait quelque chose que je n’avais pas fait auparavant. Un personnage sur lequel je pouvais développer des couleurs que je n’avais pas encore trop exploré dans mon jeu. Donc tout ça, plus le fait d’aller là-bas en Israël, et de voir de mes propres yeux ces lieux-là, c’était des bonnes raisons pour me lancer dans cette aventure.

Thomas Vincent réalise les six épisodes de la série. Etait-ce aussi une motivation importante pour vous au moment de dire oui ?

Bien sûr. La question du metteur en scène s’était posée bien en amont. Plusieurs noms avaient été évoqués. Et quand j’ai su que le nom de Thomas circulait je venais de voir Bodyguard. Et je connaissais son travail car j’avais vu à l’époque Karnaval notamment. Donc je savais que j’avais affaire à un vrai metteur en scène. Je suis habitué à avoir une vraie relation avec le réalisateur avec qui je travaille. C’est vraiment la personne qui est la plus proche de vous sur un tournage. Donc oui, ça comptait beaucoup, bien sûr.

Sur le papier on pourrait s’attendre à ce que Possessions soit une série très fantastique, une série d’exorcisme même. Et finalement le résultat est assez éloigné de ça. On est vraiment à la frontière des genres. Comment décririez-vous la série et ses tonalités ?

Vous le faites plutôt bien. Je pense que la série joue avec les attentes du spectateur. Elle laisse entrevoir la possibilité d’entrer dans le fantastique, mais en fait à travers une intrigue policière qui pourrait glisser vers le fantastique mais ne le fait pas vraiment, la série raconte des choses plus intimes. Sur la famille, sur la condition des femmes aussi. Et elle le fait de manière très universelle. De mon point de vue c’est réussi en termes d’écriture, car on est à la fois dans une série qui remplit sa mission d’entertainment, et en même temps c’est une série avec des grilles de lecture multiples.

Vered Adir – Haut et Court TV / Quiddity / Canal+

Votre personnage, Karim, travaille à l’ambassade et doit s’occuper du cas de Nathalie, accusée d’avoir tué son mari le soir de leur mariage. Qu’est-ce qui vous a intéressé dans sa trajectoire au fil des six épisodes ?

Ce qui me plaisait c’était d’incarner un diplomate qui est davantage un gratte-papier de bureau plutôt qu’un diplomate avec tout le faste qui l’entoure. Une sorte d’anti-héros, qui est mal à l’aise dans son corps, et encombré par pas mal de choses. Et finalement, par une sorte d’attraction pour Nathalie, parce qu’il est aimanté par elle, Karim va se prendre un peu pour un détective, un homme d’action. Mais il n’est jamais vraiment raccord avec le costume. Il est un peu perdu, plongé dans une histoire qui le dépasse. Ça je trouvais que c’était intéressant à jouer, ça me plaisait bien. Et puis, malgré tout, Karim va changer. Il va sortir des choses de lui auxquelles il ne s’attendait pas.

La série traite entre autres du sujet des croyances et des superstitions. Est-ce que ce tournage vous a confronté à vos promptes croyances ? Êtes-vous plutôt cartésien dans la vie ?

En tout cas je ne suis pas religieux, et je ne suis pas superstitieux dans mon quotidien. Mais je ne me définirais pas non plus comme cartésien. S’il y a une transcendance qui se fait, pour moi, elle passe plutôt par la nature, par la musique, par une forme de méditation plus ouverte que dans un dogme. Mais, les croyances dans les esprits, ce sont des choses que j’ai approchées pas mal à un moment où je me suis passionné pour la musique gnaoua et où je suis allé au Maroc. J’ai pu assister à des espèces de cérémonies qu’on pourrait résumer de manière réductrice à de l’exorcisme. Il y a quelque chose de cet ordre-là en tout cas, qu’on pourrait relier au vaudou. Et ça, ça m’a toujours fasciné, mais davantage comme un rite de possession. Presque à l’image du jeu d’acteur, qui est lui-même une sorte de rite de possession, où l’on est traversé par un personnage et dont on ressort forcément un peu différent.

Comment s’est passé le travail avec Nadia Tereszkiewicz, votre partenaire de jeu, qui est fascinante dans le rôle de Nathalie  ?

Ça s’est super bien passé. J’étais heureux de voir à quel point elle s’investissait dans ce rôle et comment elle vivait les choses. Pas comme une actrice qui tient le rôle principal d’une série mais plutôt comme une personne qui est en train de vivre une belle aventure. Et puis on était très complices, on a beaucoup ri. Et je n’étais pas du tout à lui donner des conseils sur quoi que ce soit car je trouve qu’elle a déjà une belle maturité de jeu. Et de toute façon quand je joue avec des partenaires je ne suis jamais sur ce mode-là du conseil ou du paternalisme. On était à égalité et on a joué ensemble, dans tous les sens du terme.

Vered Adir – Haut et Court TV / Quiddity / Canal+

Un autre aspect très important de la série est son cadre, Tel-Aviv. On imagine que c’était une expérience très forte de tourner en Israël…

Oui, c’était assez fort. Assez contrasté aussi. Il y avait des choses très agréables, et d’autres qui l’étaient moins. On sent que c’est un lieu à la fois empreint d’une immense histoire, pétri de religions, de croyances, de cultures ancestrales. Mais aussi de beaucoup de violence dans le présent. Gaza c’est juste à côté. On est allé à Ramallah aussi pour les besoins du tournage. Où on a eu d’ailleurs un accueil magnifique des gens. Mais ça reste un lieu très clivé, et pas seulement entre les Israéliens et les Palestiniens. Même entre les Israéliens eux-mêmes. Il y a quelque chose d’assez rude dans la manière dont les gens vivent entre eux. Et ça produit chez eux de très, très bons acteurs. Certains sont juste venus pour une journée, voire une demi-journée, et j’ai trouvé qu’ils avaient un excellent niveau.

En dehors d’Engrenages et de Mafiosa, on vous avait peu vu à la télévision jusqu’à présent. Est-ce que ça vient tout simplement du fait qu’on ne vous proposait pas des choses assez intéressantes ou est-ce que le format sériel vous intéresse moins en tant que comédien ?

Non, il n’y a plus de questions de format aujourd’hui. C’est vraiment en fonction de l’intérêt des projets, des rôles, des metteurs en scène, et des scénarios. C’est ça qui oriente mes choix. J’ai commencé avec Engrenages, après j’ai fait Mafiosa, ensuite j’ai tourné un téléfilm avec La Rumeur qui s’appelait De l’encre. Et c’est vrai que par la suite j’ai eu plein de super projets au cinéma. Mais ce n’était pas calculé et je ne refuserai jamais un projet en me disant ‘C’est pour la télé ou pour une plateforme”. Car même si je suis un amoureux de la salle de cinéma, je suis un bon spectateur de séries aussi. Et je trouve que le panel est vraiment large sur le petit écran. Il y a plein de choses à faire dans plein de formats différents.

Avez-vous d’autres projets à venir, au cinéma ou à la télé, dont vous pouvez nous parler ?

J’ai tourné une autre série, pour Arte, qui s’appelle En thérapie et qui sortira normalement en février. C’est l’adaptation de la série In Treatment, qui était elle-même l’adaptation de la série israélienne BeTipul. Chaque épisode c’est un psy et un patient. Et là je m’apprête à tourner un film qui s’appelle Les Promesses, réalisé par Thomas Kruithof, qui avait fait La Mécanique de l’ombre avec François Cluzet. C’est un film qui se déroule dans le monde de la politique locale. Isabelle Huppert est maire d’une ville du 93 et moi je joue un directeur de cabinet. On a un joli parcours à deux qui traverse tout le film et on commence le tournage d’ici la fin du mois d’octobre.

Propos recueillis le 8 octobre 2020 par téléphone.

La bande-annonce de Possessions, qui continue ce soir à 21h sur CANAL+ :

 

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