Pas d’obsolescence programmée pour le Ginkgo biloba !


Certaines espèces d’arbres, comme le Ginkgo ou “Arbre aux quarante écus” vivent très vieux, parfois plusieurs milliers d’années alors que d’autres ne semblent pas vouloir dépasser quelques décennies malgré nos bons soins. Pourquoi ? Quel est donc le secret d’une si longue durée de vie ? Voici un mystère en voie d’être élucidé si on en croit le récent article paru dans la revue scientifique américaine PNAS (Proceeding of the National Academy of Sciences of the United States of America).

La recherche se penche sur le Ginkgo biloba et sa formidable longévité

La génétique a parlé : cet arbre ne vieillit pas

Des chercheurs américains et chinois ont mené deux recherches indépendantes et ont procédé à une analyse génétique dans le cambium (la couche d’écorce qui se situe sous l’écorce extérieure) de plusieurs Ginkgo biloba, jeunes ou âgés de plusieurs centaines d’années.

Le verdict est étonnant ! Les gènes contenus dans ce cambium ne contiennent pas de programme de sénescence comme on aurait pu se l’imaginer. Ils ne subissent pas non plus de diminution de la résistance aux maladies. En d’autres termes, même les très vieux Ginkgo ne songent pas à mourir. Leur matériel génétique est identique à un jeune arbre.

Deux conclusions peuvent être envisagées :

  • soit l’arbre est virtuellement immortel,
  • soit une échelle d’un millier d’années ne permet pas d’avoir assez de recul pour envisager une modification des gènes…

C’est cette dernière hypothèse que privilégie le biologiste Jinxin Lin car il a pu observer une diminution de la division cellulaire et de la production d’hormones de croissance dans d’autres parties de l’arbre.

… il reste vert et peut même faire des petits toute sa vie !

Il n’y a pas qu’avec le cambium que l’on arrive à ce résultat ! Le taux de germination des graines d’arbres très âgés reste équivalent au taux de germination de graines issus d’arbres beaucoup plus jeunes. Non seulement ces arbres sont « immortels » mais en plus ils peuvent se reproduire efficacement toute leur vie.

Les chercheurs ont aussi mis en évidence que la surface des feuilles ainsi que la capacité à faire la photosynthèse restaient équivalente au fil des ans. De plus, via l’observation des cercles de croissance, ils ont aussi pu voir que la croissance demeurait constante, voire même s’accélérait avec le temps.

En d’autres termes, les Ginkgo biloba ne vieillissent pas !

Remarque : ajoutons à cela que le Ginkgo biloba résiste à la pollution, aux maladies et même… aux accidents nucléaires. Et vous obtenez probablement l’un des organismes vivants parmi les plus résistants.

Mais pourtant les Ginkgo biloba meurent !

Certes. Mais pas de vieillesse… On les coupe. Ils gèlent. Ils meurent de sécheresse. Ils tombent à cause de la tempête.

Ils meurent oui mais… en pleine force de l’âge quoi qu’il arrive. Vous me direz : « le résultat est le même ». L’arbre est mort de toute manière… mais il n’était pas programmé pour ce funeste destin !

Conclusion 

Les recherches sur le sujet n’en sont qu’à leur balbutiements. Seuls les Ginkgo biloba, réputés pour leur extrême longévité, ont été étudiés. Par la suite, d’autres arbres, dont la durée de vie est plus courte, seront étudiés : comme le peuplier par exemple.

Dans l’ensemble, on a pu voir que les arbres à longue durée de vie avaient ce pouvoir grâce à leur faculté à « dompter » le vieillissement cellulaire. Les seules choses les empêchant de vivre éternellement sont un ensemble de stress : froid, chaud, sec, vent, tronçonneuse…

L’utilité de ces études, en dehors du fait de faire avancer la science, n’est pas clairement défini. D’aucuns trouveront une porte d’entrée à notre propre immortalité tandis que d’autres, dont je fais partie, sourient doucement en se disant que les cellules végétales n’ont décidément rien à voir avec les nôtres !

Quoi qu’il en soit, ces recherches font un peu avancer le schmilblick en biologie végétale en général et dans la connaissance de l’arbre aux quarante écus en particulier. Et il est évident que nous n’en sommes qu’à l’émergence d’une énième pièce du puzzle dans la compréhension du monde végétal. 

Pour en savoir plus, vous pouvez lire (en anglais) la publication de Sciencemag sur le sujet : How Gingko biloba achieves near immortality ? 



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