Nouvelles biotechnologies – NBT : le ministre de l’agriculture moins fermé que ses prédécesseurs


Dans un entretien à la presse agricole, le ministre de l’agriculture a récemment estimé que les nouvelles biotechnologies végétales, aujourd’hui considérées comme OGM par la législation européenne, devaient avoir une réglementation propre. Une position qui semble plus ouverte que celle de ses prédécesseurs.

« Cette technologie permet de faire apparaître plus tôt une variété qui aurait pu apparaître naturellement à un moment donné, et c’est très bien. C’est très différent d’un OGM », estime le ministre de l’agriculture au sujet des nouvelles biotechnologies végétales (les new breeding technologies, dites NBT). Dans une interview donnée début janvier à la presse agricole, Julien Denormandie juge ainsi qu’il « faut que les NBT aient une réglementation conforme à ce qu’elles sont », alors que le cadre juridique européen considère actuellement les plantes obtenues via ces technologies comme des OGM, les soumettant à la même réglementation.

Cette position a vivement fait réagir les organisations opposées aux NBT, comme Greenpeace qui juge dans son communiqué du 13 janvier que le ministre « adopte tous les éléments de langage du lobby pro-OGM » et attend que « la France recadre la position exprimée par le ministre de l’agriculture, et maintienne sa position historique d’opposition à tous les OGM, qu’ils soient nouveaux ou anciens ». La Confédération paysanne, sur la même ligne, a demandé « un démenti formel et un rappel à la loi au plus haut sommet de l’État ».

Pour l’AFBV, « une avancée positive »

Dans un communiqué diffusé le 24 janvier, l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV) se félicite de son côté des propos du ministre. « Alors que la France et l’Europe s’engagent à réduire l’utilisation des produits phytosanitaires et à adapter leurs agricultures aux conséquences du changement climatique, elles ne peuvent pas se priver d’utiliser toutes les technologies disponibles pour l’amélioration génétique des plantes », insiste l’association.

« L’initiative du ministre de l’agriculture de demander un nouveau cadre réglementaire adapté aux progrès de la science constitue une avancée positive pour permettre la poursuite de l’innovation en matière de sélection végétale. Cette adaptation s’impose aussi pour assurer notre souveraineté semencière, premier maillon incontournable de notre souveraineté alimentaire », rappelle l’AFBV.

Cette position devrait également aller dans le sens de l’Union française des semenciers (UFS), qui déplore régulièrement « l’imprévisibilité réglementaire » et les programmes de recherche stoppés ou reportés en raison de la situation réglementaire européenne et la décision de la cour de justice d’assimiler les NBT aux OGM.



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