Nos 15 beaux livres pour illuminer Noël


1. Histoires d’art et d’œufs

Couverture du livre « The Gourmand’s Egg. A collection of stories and recipies » de Ruth Reichel, édité chez Taschen

Couverture du livre « The Gourmand’s Egg. A collection of stories and recipies » de Ruth Reichel, édité chez Taschen, 2022

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© Taschen / Photo Bobby Doherty

Pourquoi, diable, Piero della Francesca a-t-il peint un œuf suspendu au-dessus de sa Madone de Brera (1472–1474) ? Qu’est-ce qui fascinait à ce point Dalí dans les œufs ? Saviez-vous qu’Hitchcock était ovophobe ? Petit bijou éditorial (malheureusement disponible en anglais uniquement) pondu par Taschen, The Gourmand’s Egg pose un œil neuf sur cet aliment à part, à la fois symbole de métamorphose, star des cuisines et forme géométrique unique dans la nature. Au point qu’il a inspiré les artistes de tous bords : designers, peintres – de Vélasquez à Rosenquist –, photographes… Brillamment illustré et relevé d’une touche d’humour, cet ouvrage OVNI ose un portrait socio-culturel de l’œuf à travers une série d’histoires étonnantes, d’essais captivants et de recettes alléchantes. À la coque, au plat, mayo ou en cocktails, l’œuf apparaît plus sexy que jamais. F.G.

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« The Gourmand’s Egg. A collection of stories and recipies » de Ruth Reichel

2. Des diamants dans un coffret XXL

« Comète Volute » – Broche / bracelet convertible de la collection « 1932 »

« Comète Volute » – Broche / bracelet convertible de la collection « 1932 »

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© Chanel 2022 / Photo Atelier Mai 98 – Thomas Dhellemmes et Jeremy Zenou

Quoi de plus scintillant au pied du sapin qu’un bijou Chanel ! Même si celui-ci est de papier. Ce spectaculaire beau livre offre une immersion éblouissante dans l’univers joaillier de la maison de la rue Cambon en déclinant le répertoire initié par Gabrielle. Comètes, étoiles, épis de blé, nœuds… « Je me suis servie de mon goût de ce qui brille pour tenter de concilier, par la parure, l’élégance et la mode », déclarait la créatrice éprise de symboles cosmiques et de signes totémiques. Tout en épure, bien sûr, l’ouvrage de 528 pages fait la part belle aux photographies (signées Mario Testino, André Kertész, Sarah Moon…) qui ont su capter et perpétuer le style Chanel. Le cadeau qu’il vous faut pour les amoureux de la mode. F.G.

3. Toute l’histoire de l’art par « La Minute Culture »

Couverture du livre « Léonard, Frida et les autres, huit siècles de peinture racontés en cent artistes » de Camille Jouneaux, édité chez Chêne

Couverture du livre « Léonard, Frida et les autres, huit siècles de peinture racontés en cent artistes » de Camille Jouneaux, édité chez Chêne, 2022

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Vous la connaissez peut-être sous le nom de « La Minute culture », son compte Instagram. Chaque lundi, Camille Jouneaux adresse à ses quelque 153 000 followers une story qui partage son amour de l’art de manière décomplexée. Une approche précise et drôle que l’on retrouve dans son premier ouvrage personnel. Et le résultat impressionne ! Très fourni (360 pages !), cette histoire de l’art balayant huit siècles, de Giotto jusqu’à Banksy, est archi-didactique grâce à des fiches synthétiques bien pensées avec chronos, mini-commentaires d’œuvres et infographies. La maquette étant parfois un peu dense, on apprécie particulièrement les respirations visuelles qui orchestrent de beaux face-à-face et nous plongent dans les coulisses des musées. De quoi influencer vos prochaines visites au musée ! F.G.

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« Léonard, Frida et les autres, huis siècles de peinture racontés en cent artistes », de Camille Jouneaux

4. Un aller simple pour le Japon

Couverture du livre « Shin Hanga. Les estampes modernes du Japon. 1900-1960 » par Chris Uhlenback édité chez Hazan

Couverture du livre « Shin Hanga. Les estampes modernes du Japon. 1900–1960 » par Chris Uhlenback édité chez Hazan, 2022

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Bien moins connu que l’ukiyo-e, le mouvement shin hanga a connu un véritable essor au Japon au début du XXe siècle, notamment sous l’impulsion d’éditeurs comme Watanabe Shōzaburō, soucieux de renouveler l’art ancestral de l’estampe. Ce qui distingue les artistes de ces « nouvelles estampes » de leurs illustres prédécesseurs ? Un goût immodéré pour la modernité, l’emploi de couleurs vives, des cadrages presque cinématographiques… Les femmes ne sont plus figées dans leur kimono et laissent transparaître leurs émotions, les paysages urbains se parent de lumières électriques. Un enchantement ! I.B.

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« Shin Hanga. Les estampes modernes du Japon. 1900-1960 », par Chris Uhlenback

5. Un essai féministe façon BD

Quelle place pour les femmes dans l’histoire de l’art occidentale ? Depuis 2020, Eva Kirilof s’interroge dans sa newsletter « La Superbe », mais aussi sur son compte Instagram. Dans cette essai mis en images par l’illustratrice et autrice de bande dessinée Mathilde Lemiesle, elle poursuit ses réflexions à la croisée de l’histoire de l’art, des études de genre et des théories décoloniales. Une somme dense qui aborde des thèmes tels que l’éducation des artistes femmes, le male gaze, le statut de la « muse »… Où l’on croise d’immense figures de l’art (Élisabeth Vigée Le Brun, Niki de Saint Phalle, Marina Abramović), mais aussi de la littérature (Virginia Woolf, Jane Austen). Pour un Noël militant ! I.B.

Double-page intérieure du livre « Une place » écrit par Eva Kirilof et illustré par Mathilde Lemiesle, collection Les Insolent.e.s

Double-page intérieure du livre « Une place » écrit par Eva Kirilof et illustré par Mathilde Lemiesle, collection Les Insolent.e.s, 2022

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« Une place », par Eva Kirilof. Dessins de Mathilde Lemiesle

6. Une odyssée architecturale

La Grande Pièce de la villa E-1027 par Eileen Gray

La Grande Pièce de la villa E-1027 par Eileen Gray

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Elle trône, tel un paquebot, au bord des eaux bleues de la Méditerranée. Construite en 1929 par Eileen Gray pour son ami Jean Badovici, la villa E-1027 est un véritable manifeste de l’architecture moderne, avec ses longues baies vitrées et sa terrasse montée sur pilotis. Laissée à l’abandon pendant de longues années, elle a désormais retrouvé sa splendeur d’antant, grâce à un important travail de recherche mené par des historiens et des architectes. Leur longue enquête a permis de restaurer la villa dans les moindres détails, des meubles (éparpillés par le dernier propriétaire) aux fresques colorées de Le Corbusier. C’est cette grande et passionnante épopée architecturale que retrace cet ouvrage publié aux éditions du Patrimoine. Images d’archives et plans annotés en noir et blanc cohabitent au fil des pages avec un superbe reportage photographique de Manuel Bougot. Les fous d’archi (et de French Riviera) seront comblés ! I.B.

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« E1027. Renaissance d’une maison en bord de mer », sous la dir. de Jean-Louis Cohen

7. Une nuit avec Brassaï

Brassaï, Jacques Prévert au chat

Brassaï, Jacques Prévert au chat, vers 1948

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Photographie • © Estate Brassaï / Succession-Philippe Ribeyrolles

« C’est pour saisir la nuit de Paris que je suis devenu photographe », avait pour coutume de dire Brassaï. Le photographe, né en Roumanie en 1899, est à l’honneur du dernier album  « 100 photos pour la liberté de la presse », édité par Reporters sans frontières. Une plongée en noir et blanc dans l’œuvre de ce noctambule invétéré, qui a photographié Paris comme nul autre : quais de Seine embrumés, marlous en tout genre, hôtels et bars interlopes… Ses amis et grandes figures de la vie culturelle et artistique de la capitale sont aussi au rendez-vous : Prévert câlinant son chat, George Braque dans son atelier, Simone de Beauvoir en plein travail… Le tout éclairé par les mots de Patrick Modiano, qui signe la préface, mais aussi de Laure Adler, et même de Christian Guémy (alias C215). L’occasion de faire une bonne action puisque 30 % des revenus de l’association proviennent de la vente de ces albums. I.B.

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« Brassaï. 100 photos pour la liberté de la presse »

8. Tous égyptomaniaques !

Couverture du livre « Égyptomanie Art déco », sous la direction de Jean-Marcel Humbert et édité chez Norma

Couverture du livre « Égyptomanie Art déco », sous la direction de Jean-Marcel Humbert et édité chez Norma, 2022

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© Granger Historical Picture Archive

Il y a 200 ans, en 1822, Champollion déchiffrait les hiéroglyphes. Cent ans plus tard, en 1922, Howard Carter découvrait la tombe de Toutânkhamon. Ces grandes découvertes ont, tout au long des XIXe et XXe siècles, nourri l’imaginaire collectif de représentations fantasmées de l’Égypte antique : c’est l’égyptomanie ! Publié aux édition Norma, cet ouvrage revient sur cette mode qui a connu un véritable âge d’or avec les artistes de l’Art déco. De l’inauguration du cinéma Le Louxor à Paris en 1921, aux spectacles des ballets russes en passant par les publicités pour les voitures de luxe, on se laisse emporter dans le tourbillon des Années folles ! De quoi patienter avant le printemps et la grande exposition « Ramsès » à la grande halle de la Villette. I.B

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« Égyptomanie Art déco », sous la dir. Jean-Marcel Humbert

9. Mille et une splendeurs du Tibet

Couverture du livre « « Trésors du Tibet. Sur les traces de Milarépa ». Détrempe sur toile, XVIIIe siècle, Tibet

Couverture du livre « « Trésors du Tibet. Sur les traces de Milarépa ». Détrempe sur toile, XVIIIe siècle, Tibet

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© Benoît Touchard – SUMMUM 3D – 2020 / éd. Flammarion

Quel est le rapport entre le Tibet et Gruyères ? Connue pour son (excellent) fromage, cette ville médiévale en Suisse abrite aussi le Tibet Museum, écrin de l’une des plus riches collections au monde d’art sacré bouddhique, celle du collectionneur insatiable Alain Bordier. S’appuyant sur les œuvres du musée, « Trésors du Tibet. Sur les traces de Milarépa » offre un riche panorama de l’histoire de cette région qui borde l’Himalaya, mêlant art et spiritualité. Tel un fil conducteur, des extraits d’un manuscrit enluminé inédit du yogi et poète Milarépa, Le Trésor noir (XIe siècle), sont aussi finement décryptés. Une promesse d’évasion artistique et spirituelle ! I.B.

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« Trésors du Tibet. Sur les traces de Milarépa »

10. Les « montparnos » à la fête !

Couverture du livre « Montparnasse. Quand Paris éclairait le monde » par Mathyeu Le Bal, édité chez Albin Michel

Couverture du livre « Montparnasse. Quand Paris éclairait le monde » par Mathyeu Le Bal, édité chez Albin Michel, 2022

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Montparnasse, capitale mondiale des arts et des artistes ! C’est ce que clame ce bel (et épais !) ouvrage qui nous fait plonger à cœur et corps perdus dans l’effervescence des Années folles. De galeries en cafés et en bals, on y croise les spectres de Chagall, Foujita, Laurencin, Soutine ou Picasso… Mais aussi d’artistes moins connus, voire de grands oubliés. Abondamment illustré, ce livre montre aussi comment ce petit bout de Paris, à deux pas du carrefour Vavin, est devenu la terre promise de nombreux artistes en exil… Un monde en soi ! I.B.

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« Montparnasse. Quand Paris éclairait le monde », par Mathyeu Le Bal

11. Dior sous l’objectif de Sarah Moon

Sarah Moon, « Sahara », Maria Grazia Chiuri pour Christian Dior, Robe-manteau, collection Automne-Hiver 2017

Sarah Moon, « Sahara », Maria Grazia Chiuri pour Christian Dior, Robe-manteau, collection Automne-Hiver 2017

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© Dior / Photo Sarah Moon

Elle fut l’une des premières à se faire un nom parmi les grands photographes de mode, où longtemps seuls les hommes squattaient le podium. Mannequin à ses premières heures, Sarah Moon, 81 ans, s’est fait connaître dans les années 1970 avec ses clichés en noir et blanc, marqués par un léger flou, imprimant la trame du mouvement, la grâce des corps qui bougent. Dans un splendide coffret en trois volumes sont réunies quelque 120 photographies, en noir et blanc comme en couleurs, prises tout au long de sa carrière pour la maison Dior, où défilent les tenues et les créateurs. Les fashionistas reconnaîtront au premier coup d’œil les iconiques tenues « New Look » de monsieur Christian Dior ayant défrayé la chronique après la Seconde Guerre mondiale. Sous l’objectif de Sarah Moon, de la période Hedi Slimane du début des années 2000 aux inspirations actuelles de Maria Grazia Chiuri, les époques changent, mais le sublime jamais ne se dérobe. M.B

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« Dior par Sarah Moon ». Textes de Maria Grazia Chiuri, Sarah Moon et Olivier Saillard

12. Hilma af Klint, le génie de l’abstraction était une femme

Couverture d’un des 7 volumes du « Catalogue raisonné d’Hilma af Klint »

Couverture d’un des 7 volumes du « Catalogue raisonné d’Hilma af Klint », 2022

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Un cadeau à faire à toutes les femmes, celui de découvrir l’œuvre longtemps oubliée d’Hilma af Klint (1862–1944). Et dans son intégralité puisque le premier catalogue raisonné de l’artiste vient tout juste d’être édité ! Préfacé par Daniel Birnbaum, critique d’art, et le poète Kurt Almqvist, cette revue exhaustive de l’œuvre de l’artiste suédoise (1 600 entrées !) nous plonge dans les arcanes de l’art abstrait. Une expression qui chez Hima af Klint se teinte de spiritisme ; un monde peuplé de symboles que, longtemps, elle n’a pas osé montrer à ses contemporains de la fin du XIXe et du début du XXe siècles. Comme souvent avec les femmes, la reconnaissance d’Hilma af Klint est donc tardive. Aujourd’hui, les plus grands musées du monde, notamment le Guggenheim de New York, lui ouvrent leurs cimaises, redéfinissant le regard critique sur les débuts de l’art abstrait. En 2023, l’artiste sera d’ailleurs au cœur d’une grande exposition à la Tate Modern, aux côtés de Piet Mondrian. À sa juste place ! M.B.

13. Ice Cold, un bijou qui envoie du lourd

Couverture du livre « Ice Cold, l’histoire des bijoux hip-hop » sous la direction de Vikki Tobak et édité chez Taschen

Couverture du livre « Ice Cold, l’histoire des bijoux hip-hop » sous la direction de Vikki Tobak et édité chez Taschen, 2022

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Si vous avez mal aux yeux quand ça brille, passez votre chemin ! Car dans Ice Cold, l’histoire des bijoux hip-hop, de la journaliste américaine Vikki Tobak, les doigts sont bardés de grosses chevalières, les poignets collectionnent les Patek, les Rolex et autres Audemars, les poitrines sont cuirassées de costauds pendentifs d’or et de diamants, les chicots rayent le parquet de leur grillz. Autour de 500 photographies, cet ouvrage méga-ostentatoire retrace la richissime histoire des bijoux dans la culture hip-hop américaine. Une tendance qui colle à la peau du mouvement rap, depuis ses origines new-yorkaises dans les années 1980 : pour être vu, montrez-vous et montrez-en ! En images, ça donne un globe terrestre scintillant tournant sur lui-même pour Cam’ron, de maxi-médaillons Mercedes pour Eric B. & Rakim, les « Jesus Piece » de Notorious B.I.G, ou le pendentif Barbie de Nicki Minaj… Aujourd’hui, les marques de luxe comme Tiffany & Co. par exemple, n’hésitent plus à s’associer à ces promoteurs du bling-bling, éminemment bankable. M.B.

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« Ice Cold, l’histoire des bijoux hip-hop », sous la dir. de Vikki Tobak

14. Les enfants de Seth

Fresque réalisé par Seth avec le collectif Ku2, Kharkiv, Ukraine

Fresque réalisé par Seth avec le collectif Ku2, Kharkiv, Ukraine, 2013

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Voulant fuir la brutale réalité, il est allé se frotter au monde entier. « Tout peut arriver quand on peint dans la rue », dit Seth en préambule de sa première monographie publiée aux éditions de La Martinière, qui retrace en images dix ans d’une œuvre globe-trotteuse et infiniment poétique. Du Donbass en guerre aux quartiers délabrés de Shanghai, des camps de réfugiés palestiniens, aux écoles d’Haïti, de l’Indonésie en passant par le Cambodge et Madagascar, les enfants sans visage de Seth nous racontent le monde. Comme une immense fresque où l’innocence et la couleur sont capables de casser des murs. Un beau livre qui nous fait aussi grandir. M.B.

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« Seth. Face aux murs »

15. Le XXe siècle sous le crayon d’une révoltée

Couverture du livre « Käthe Kollwitz. L’œuvre 1888-1942 » édité par Martin de Halleux

Couverture du livre « Käthe Kollwitz. L’œuvre 1888–1942 » édité par Martin de Halleux, 2022

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© Les Éditions Martin de Halleux

Malgré une rétrospective en 2019 au musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg – au titre éloquent, « Je veux agir dans ce temps » –, la dessinatrice et graveuse allemande Käthe Kollwitz (1867–1945) reste encore très peu connue en France. Son style expressionniste puissant, essentiellement en noir et blanc, et son coup de crayon virtuose ont été toute sa vie mis au service des plus humbles. Impossible de ne pas être saisi d’horreur devant sa Femme à l’enfant mort (1903), elle qui perdit son fils de 18 ans sur le front de la Grande Guerre. Militante pacifiste, mais aussi féministe active, éternelle révoltée aux côtés des ouvriers, elle sera taxée d’artiste dégénérée lors de la montée du nazisme. Son œuvre intime et historique à la fois se déploie majestueusement dans cette première grande monographie française éditée par Martin de Halleux, spécialisé dans les beaux livres graphiques, noirs et souvent engagés. Une grande découverte ! F.G.



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