Mrs. America : qui était la militante anti-féministe jouée par Cate Blanchett ? – News Séries à la TV


Dans “Mrs. America”, diffusé sur Canal+ Séries, Cate Blanchett incarne Phyllis Schlafly, une figure de l’Amérique conservatrice connue pour ses engagements qui scandalisaient le mouvement féministe et une partie du pays.

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À Hollywood, elle est l’une des figures les plus engagées de la cause féministe. Auréolée de deux Oscars, Cate Blanchett utilise, depuis de nombreuses années, sa notoriété pour combattre, en première ligne, les inégalités qui subsistent dans l’industrie. En 2018, alors présidente du Jury du 71e Festival de Cannes, l’actrice australienne, entourée de 82 artistes féminines, prononçait, sur les marches du Palais, un discours historique qui pointait du doigt les nombreuses disparités du métier.

Deux ans plus tard, elle est la star de la nouvelle série Mrs. America, diffusée sur Canal+ Séries en France. Le programme, composé de neuf épisodes, revient sur la lutte des féministes en faveur de l’Equal Rights Amendment (ERA), une proposition d’amendement de la Constitution des États-Unis, qui vise à garantir l’égalité des droits entre les sexes. Devant la caméra, Cate Blanchett change de camp et incarne Phyllis Schlafly, une activiste controversée et ennemie de la cause féministe.

Retour dans le temps

1972. Depuis près de dix ans, la société américaine évolue en faveur des femmes. Ce changement, les citoyennes le doivent à la seconde vague du féminisme, qui a débuté dès la publication de l’essai de Betty Friedan, La Femme mystifiée, en 1963. Des petites batailles ont déjà été gagnées, comme l’extension de la discrimination positive aux femmes ou encore la loi sur l’égalité dans l’éducation. Alors que beaucoup luttent pour la ratification de l’ERA, une écrivaine et ancienne chercheuse pour l’American Enterprise Institute monte au créneau.

Elle s’appelle Phyllis Schlafly et elle décide, à 48 ans, de créer le contre-mouvement STOP ERA. Épouse d’un riche avocat, John Fred Schlafly, l’activiste aux valeurs ultra-conservatrices voyait d’un mauvais œil cet amendement. La raison ? Lors d’une interview donnée à la célèbre journaliste Barbra Walters en 1972, elle explique : “Cela retirera les privilèges que les femmes ont actuellement, comme celui, par exemple, d’avoir le droit de rester à la maison.” Phyllis Schlafly ne supportait pas l’idée que des femmes pouvaient s’épanouir ailleurs qu’au sein de leur foyer familial.

Découvrez l’interview réalisée par Barbara Walters, dans l’émission Today Show, en 1972, ci-dessous :

Dès lors, l’opposante se fait entendre avec succès. De nombreuses et importantes manifestations sont organisées durant cette année-là. Parmi la foule, Phyllis Schlafly brandie ses pancartes et arbore un pin’s sur lequel est écrit “STOP ERA“. Par la suite, l’activiste va chercher du soutien du côté de certaines organisations religieuses et politiques. Ses efforts finissent par payer : les féministes en faveur de l’ERA paieront le prix de leur image, décrite comme “agressive“, tandis que Phyllis Schlafly parvient, grâce à ses alliances, à influencer les décisions de différents états. Seulement cinq ratifient l’amendement. Un échec pour le combat des féministes. Fort de sa victoire, le mouvement STOP ERA se désintégrera. Quant à Phyllis Schlafly, elle préservera son statut de figure importante dans l’histoire de l’Amérique conservatrice.

Découvrez la bande-annonce de la série “Mrs. America” :

 

 



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