Mareyage – Derrière les pêcheurs, toute une économie sur le littoral


Les pêcheurs sont depuis le début en première ligne pour défendre leurs intérêts dans les négociations de l’accord post-Brexit conclu jeudi, mais de leur sort dépend tout un tissu économique, notamment celui du mareyage, qui transforme le poisson et fait vivre le littoral des pays de pêche, et notamment les côtes françaises.

Le mareyage français, c’est quelque 480 entreprises qui emploient environ 11.200 salariés, presque exclusivement des PME, 95% d’entre elles employant moins de 50 salariés et 58% moins de 11 salariés, selon des chiffres fournis par l’Union du Mareyage français (UMF).

Ces ouvriers qui travaillent les produits de la mer, les découpent, en font des filets, avant qu’ils ne finissent sur les étals de la grande distribution ou des poissonneries, sont presque tous basés dans les ports de pêche, en tout cas sur le littoral, autour des criées.

« C’est un maillon qui a une forte responsabilité territoriale, au même titre que la pêche sur le littoral », a souligné auprès de l’AFP Peter Samson, secrétaire général de l’UMF.

Ces entreprises sont en effet le premier acheteur des produits de la pêche français : 140 000 tonnes sont achetées en moyenne chaque année par les adhérents de l’UMF sur les 200 000 débarquées en criée.

Si, à terme, la part des captures françaises dans les eaux britanniques venait à baisser de quelque 25% d’ici cinq ans, cela toucherait directement ces entreprises, notamment celles qui se trouvent dans les zones septentrionales, proches des eaux britanniques, comme à Boulogne-sur-mer, par exemple, premier port de pêche français.

En moyenne, 16% de ce que les pêcheurs français vendent aux mareyeurs est pêché dans les eaux britanniques, relève Peter Samson, ce qui représente 26 000 tonnes de produits par an.

Ce chiffre grimpe jusqu’à 55% pour certaines entreprises des Hauts-de-France, de Normandie ou de Bretagne Nord.

Concurrence à l’importation

Difficile pour l’heure de dire si le manque à gagner imposé aux pêcheurs européens serait substituable dans les entreprises de mareyage.

« Ça dépendra de la capacité des Britanniques à pêcher ce qui est aujourd’hui pêché par les pêcheurs français. Actuellement, leur flotte n’est pas dimensionnée pour pêcher ça », souligne Peter Samson.

Autre préoccupation, une concurrence accrue à l’importation, notamment pour pouvoir traiter les marchandises britanniques : plusieurs milliers de tonnes, notamment à Boulogne-sur-Mer, sont importés bruts du Royaume-Uni, transformés et valorisés, avec création de valeur ajoutée en France.

Ces poissons représentent un « complément de gamme par rapport aux espèces françaises, de la lotte, du poisson blanc à fileter, aussi des crustacés. Ça peut être aussi, plus à la marge, des espèces qu’on n’a pas en France, comme le saumon », indique M. Samson.

Au 1er janvier à l’import, de multiples procédures, douanières, sanitaires, vont s’ajouter.

Les mareyeurs craignent qu’elles « ne soient pas appliquées de manière homogène au sein de l’Union européenne, qu’il y ait une sorte de dumping par d’autres pays qui seraient un peu moins scrupuleux » et considéreraient comme prioritaire que la marchandise passe, « quitte à appliquer (ces procédures) de manière un peu moins forte, peut-être, que la France… », ajoute M. Samson.



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