Marchés céréaliers – Des prix haussiers du maïs et du blé face à une demande mondiale soutenue


La demande mondiale, notamment chinoise, continue de tirer les prix du maïs et du blé à la hausse, alors que la production mondiale a de nouveau été revue à la baisse, a indiqué FranceAgriMer le 13 janvier. En France, le stock final de maïs n’a jamais été aussi bas.

Les prix des céréales continuent de monter, notamment après la publication le 12 janvier du rapport USDA, particulièrement haussier en maïs. Ce dernier a en effet revu en baisse de 8 Mt, à 360 Mt, la production de maïs des États-Unis, ainsi que les exports à 65 Mt (- 3 Mt). Parallèlement, l’offre argentine et brésilienne est également revue à la baisse, a expliqué Marc Zribi, chef de l’unité grains et sucre à FranceAgriMer, alors que les importations chinoises devraient à nouveau augmenter à 17,5 Mt (contre 16 Mt en décembre). L’appétit chinois est à mettre en lien avec plusieurs facteurs : des conditions climatiques et de récolte qui ont affecté les récoltes chinoises, un cheptel porcin chinois (décimé par fièvre porcine africaine entre 2018 et 2020) qui se reconstitue plus rapidement qu’anticipé, et une demande accrue en nutrition animale destinée à la volaille (qui pallie le manque de viande porcine).

Ce rapport de l’USDA n’a, logiquement, pas calmé la hausse des cours, et les prix ont atteint ces derniers jours leurs plus hauts niveaux depuis 2013-2014. Au regard des chiffres extrêmement haussiers, les cotations ont été temporairement gelées suite à la publication du rapport USDA, rappelle Marc Zribi.

Parallèlement, la situation en Argentine a également contribué à faire monter les cours, puisque d’importants retards à l’exportation ont été entrainés par la grève des triturateurs fin décembre, puis celle des inspecteurs des ports céréaliers qui s’est achevée le 7 janvier. Le gouvernement argentin a en revanche dû renoncer à ses restrictions aux exportations face à une grève des ventes engagée par les agriculteurs mécontents.

En France : un stock final en maïs historiquement bas à 1,86 Mt 

FranceAgriMer a par ailleurs revu en forte baisse la collecte française de maïs (- 246 000 t) par rapport à fin novembre. Les prévisions d’utilisations domestiques sont abaissées (- 152 000 t), et les exportations vers l’UE diminuées de 100 kt, au regard du rythme d’export et du regain de compétitivité du blé tendre, indique Marion Duval, adjointe au chef de l’unité Grains et sucre de FranceAgriMer. Les exports pays tiers sont révisés à la hausse de + 40 kt.

Ainsi, le stock final se tend « à un niveau historiquement bas à 1,86 Mt », un niveau jamais atteint qui « pose la question de la période de soudure », note Marion Duval.

Blé tendre : la demande reste soutenue

Concernant le blé tendre, les prix s’avèrent également haussiers, et même le prix australien se rapproche de celui des autres origines, souligne Marc Zribi. La demande mondiale ne se dément pas : l’Algérie revient aux achats (300 000 t), le Brésil, pénalisé par les grèves en Argentine, s’est tourné vers d’autres origines (États-Unis, Russie). Les prix du blé russe se raffermissent également, à l’approche de la mise en place de restrictions à l’export destinées à préserver le marché intérieur. « Des discussions sont en cours pour une hausse de la taxe à 50 € », indique Marc Zribi.

Côté français, les disponibilités ne sont pas modifiées par rapport au mois dernier, avec 30 Mt attendues. Les mises en œuvre pour la meunerie sont révisées en baisse à cinq mois de campagne, notamment pour le secteur biscotterie, biscuiterie et pâtisserie industrielle (- 50 kt), fortement touché par les répercussions de la crise sanitaire. Les prévisions pour les fabrications d’aliments du bétail sont maintenues, « avec de grosses interrogations » liées à l’impact de la pandémie sur la consommation de fêtes et l’impact de la grippe aviaire, indique Marion Duval.

Enfin, les exportations françaises vers l’UE 27 sont revues en légère baisse, en lien avec la concurrence allemande, mais elles sont revues à la hausse vers les pays tiers à 7,27 Mt sur la campagne : l’appétit chinois, les restrictions à l’export mises en place par la Russie donnent plus de place à la France, « mais on reste bloqués par le manque de disponibilités », souligne Marion Duval.



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