Lutte contre les ravageurs – Quelles solutions contre les dégâts d’oiseaux en tournesol ?


Souvent signalés sur tournesol, les dégâts d’oiseaux peuvent représenter un réel obstacle à la diversification des cultures. Le dernier rendez-vous “Les jeudis de TI” était consacré à ce sujet, l’occasion pour Christophe Sausse de Terres Inovia de faire le point sur les solutions actuellement dispos et celles à venir pour lutter contre ce fléau.

Si on évoque depuis longtemps les dégâts d’oiseaux à maturité pour le tournesol, « ceux occasionnés à la levée prennent aussi de l’importance depuis une quinzaine d’années. La recherche commence à s’en préoccuper véritablement, mais il faut noter qu’on part de loin. Il existe assez peu de fonds scientifiques sur cette affaire », indique Christophe Sausse, chargé d’étude et spécialiste de la lutte contre les oiseaux chez Terres Inovia, lors d’un webinaire organisé le 29 septembre dernier. 

Parmi les principaux oiseaux ravageurs du tournesol signalés : le pigeon ramier, le pigeon de ville, la corneille noire et le corbeau freux. Selon les données récoltées par l’institut technique, « les dégâts ne sont pas si fréquents, mais peuvent être sévères et aléatoires », observe l’expert. 

Et vous, quelles méthodes utilisez-vous ? 

Respecter les fondamentaux d’un semis réussi et éviter les parcelles historiquement exposées restent les incontournables d’une approche intégrée pour limiter ces dégâts. Parmi les leviers de lutte sinon disponibles, on peut citer « le tir ou le piégeage autorisés, hors période de chasse, sur des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts dans certains départements. Ce classement est notamment réalisé tous les 3 ans pour la corneille noire et le corbeau freux, et tous les ans pour le pigeon ramier ». 

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« La situation est bien connue pour la corneille noire et le corbeau freux, un peu moins pour le cas du pigeon ramier, où il faut aller chercher les informations dans chaque département et pour certains, c’est plus difficile que d’autres… » Avec ce type de dispositif, «  il faut en effet, récolter beaucoup de données sur les dégâts occasionnés, sinon il n’y pas de classement possible des ravageurs », précise Christophe Sausse. À cet effet, l’institut technique mène, depuis plus de 6 campagnes maintenant, une enquête déclarative auprès des agriculteurs.

« Autre solution mise en avant : les effaroucheurs qu’ils soient sonores ou visuels. Ils permettent de protéger les parcelles des attaques, mais leur efficacité reste variable dans le temps et dans l’espace, constate Christophe Sausse. Attention à ne pas les installer trop tôt pour éviter que les oiseaux ne s’habituent. […] L’effarouchement par la présence humaine fonctionne bien aussi, mais cela est peu pratique en termes d’organisation. »

Au sujet des répulsifs, « Terres Inovia réalise différents essais avec des produits de biocontrôle, des huiles essentielles, des produits organiques et minéraux. Les effets sont possibles mais restent faibles et aléatoires. Est-ce vraiment intéressant pour les producteurs, c’est difficile d’en juger à ce stade », précise l’expert. 

(©Terres Inovia)

Dans le cadre du projet Prevot, financé par FranceAgriMer, un autre levier a été également testé : le semis sous couvert dans les Pays de la Loire. Christophe Sausse explique le protocole : « on sème de l’orge ou des féveroles 40 jours avant le semis du tournesol, puis on détruit ce couvert au moment du semis. Le temps que le couvert se dégrade, les oiseaux sont perturbés ». Pour l’expert, « la technique fonctionne mais reste assez compliquée à mettre en place ». Concernant la destruction du couvert, la voie chimique et la voie mécanique ont été mises à l’essai selon les parcelles, mais pour le moment, « la voie mécanique n’a pas donné de bons résultats ». 

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D’autres leviers à venir prochainement ? 

Enfin, les recherches se poursuivent : « on regarde notamment comment pouvoir tirer parti de l’intelligence artificielle pour duper les oiseaux. Dans le cadre du projet Plant2Pro, des essais sont en cours afin d’utiliser un drone terrestre couplé à un effaroucheur AgriProtech (sonore), et avec un boîtier de détection optique en temps réel dans la parcelle ». Une autre piste envisagée dans le cadre du projet Prevot, mais aussi travaillée par Limagrain (Peacor) : les bandes attractives. Le principe est de « distraire les oiseaux avec des graines facilement accessibles, environ 1 % de la parcelle avec du pois ou du soja à haute densité par exemple. Les résultats d’essais ne sont pas encore disponibles, mais les scénarios envisagés sont : 

  • « La bande a attiré les oiseaux qui ont aussi consommé le tournesol proche » ;
  • « La bande n’a pas attiré les oiseaux qui sont allés voir ailleurs » ; 
  • « La bande a attiré les oiseaux et ils s’y sont cantonnés ».

« Engrais starter et biostimulants pour raccourcir la phase sensible du tournesol, épandage de plumes, profondeur et date de semis… les idées ne manquent pas », mais il reste, à ce jour, encore beaucoup de travail pour faire le tri et identifier les solutions vraiment efficaces ainsi que les combinaisons possibles, selon Christophe Sausse. 

« On échange également avec des écologues pour comprendre les variations de dégâts d’une année sur l’autre, selon les parcelles, etc. » Terres Inovia organise d’ailleurs le 24 novembre un colloque dédié aux dégâts d’oiseaux et aux solutions pour lutter contre. Plus d’infos à suivre donc !



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