Les salariés demandent en référé l’annulation du PSE


Les salariés du géant agroalimentaire américain Cargill à Haubourdin (Nord) ont demandé mardi en référé l’annulation du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) devant le tribunal judiciaire de Lille, qui rendra sa décision le 3 novembre.

Homologué mi août, ce PSE pourrait conduire au licenciement de 186 des quelque 300 salariés du site d’Haubourdin qui transforme du maïs, en provenance essentiellement du sud de la France et du sud de l’Europe.

« On a pu présenter tous les points permettant de contester cette fermeture d’usine. Il n’y a pas de justification valable à ce plan de restructuration, au regard des profits gigantesques que fait la multinationale (…) On veut simplement relocaliser pour réduire les charges salariales. Ce n’est pas autorisé en France ! », a lancé aux salariés leur avocat, Me Fiodor Rilov, à l’issue d’une audience d’environ deux heures et demie.

Sur l’exercice 2018-2019, Cargill a dégagé un bénéfice net de 2,56 milliards de dollars, en baisse de 17 %, pour des ventes de 113,5 milliards de dollars, en recul de 1 %.

De plus, « il y a depuis des années un problème de souffrance au travail dans cette usine », a plaidé M. Rilov devant les juges. « Il y a une telle négligence à l’égard de la sécurité et de la santé des salariés que cela peut être pris pour du mépris de classe! » Les salariés « sont épuisés après neuf mois de lutte » et « beaucoup de souffrance » mais « on reste confiants et on ne baissera pas les bras », a assuré à l’AFP Dorian Vallois, délégué CGT. « Le combat continuera même si par malheur on est déboutés et licenciés, on continuera pour aider les camarades car il y a beaucoup de licenciements partout en France ».

Aucun licenciement n’a jusqu’à présent été effectué mais la direction « a commencé à mettre en oeuvre ce plan » et « les premières lettres sont attendues au 1er novembre, d’où une échéance assez courte avec le délibéré rendu le 3 », a-t-il ajouté.

La direction du géant mondial du négoce et de la transformation des matières premières agricoles à Haubourdin veut abandonner l’activité d’extraction d’amidon, qu’elle dit être déficitaire, et se « repositionner » sur la deuxième activité du site, celle de la transformation de l’amidon en ingrédient industriel de spécialité pour la pharmacie et l’alimentation infantile.



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