La Fugue sur France 2 : que vaut le téléfilm avec Valérie Karsenti et Sagamore Stévenin ? – Actus Ciné


Ce soir à 21h05, France 2 propose une nouvelle soirée continue autour des fugues de mineurs en France. En ouverture, le téléfilm inédit “La Fugue” met en scène une mère brutalement confrontée à la disparition de sa fille. Voici notre avis.

De quoi ça parle ?

Jeanne est confrontée brutalement à la fugue de sa fille, Chloé. Au commissariat, elle déchante vite : la fugue d’ado, ce n’est pas une priorité et c’est sur elle seule qu’elle devra compter. Commence alors un voyage en enfer qui lui fera réaliser que sa fille est devenue une étrangère et qu’elle n’a rien “vu”. Avec cette fugue, c’est mille questions qu’elle sera obligée de se poser. La plus difficile : quelle mère je suis ? Il y a 150 fugues par jour déclarées en France.

Mercredi 6 janvier à 21h05 sur France 2

Ça vaut le coup d’oeil ?

Après Connexion intime, diffusé l’année dernière, qui sensibilisait les parents aux ravages causés par l’exposition précoce aux images pornographiques, notamment via Internet, France 2 propose un unitaire inédit visant une nouvelle fois à les alerter sur les dérives et les dangers des réseaux sociaux. Source du mal-être adolescent contemporain, ils mènent ici à une solution aussi révélatrice que dévastatrice : la fugue.

La force du téléfilm réside avant tout dans la profondeur de son scénario. Aux côtés de Mikael Ollivier, la scénariste et productrice Olga Vincent (Mère et fille : mode d’emploi, Disparus, Envers et contre tous) explore ses thèmes de prédilection. En premier lieu, la relation mère/fille, inévitablement troublée par l’adolescence et le fossé générationnel qui se creuse. Puis, la fugue, qui remet brutalement tout en question. Enfin, la figure de la Mère courage, brillamment interprétée par Valérie Karsenti, qui va se démener pour retrouver Chloé, sa fille disparue. Au cours de l’enquête qui s’ensuit, l’histoire nous offre une galerie de personnages complexes et attachants, ainsi qu’une succession de scènes poignantes abordant la dynamique d’une famille recomposée, le poids de la culpabilité ou encore l’hérédité des schémas traumatiques. Au passage, le téléfilm dénonce l’absurdité de certains rouages administratifs ou encore l’inaction des institutions (police, collège, associations…) face à la fugue d’un.e mineur.e, qui n’est pas considérée comme un délit aux yeux de la loi.

Hassen BRAHITI / FTV

Nourrie par un sérieux travail de recherche, l’authenticité de La Fugue s’appuie également sur la mise en scène de Xavier Durringer (Ne M’abandonne pas, Un Mauvais garçon). Ce dernier nous embarque avec réalisme de la banlieue parisienne à la capitale, ménageant une tension qui trouve son paroxysme au coeur du métro, puis de la gare du Nord. Par ailleurs, en lien avec le parcours de Jeanne qui ouvre enfin les yeux sur sa fille, la caméra accorde une visibilité aux fugueurs, aux “voyous”, aux SDF – à tous ces marginaux que nous ignorons de notre champ de vision, interpellant ainsi notre propre responsabilité.

Un peu rapide, la résolution de l’intrigue ouvre toutefois la voie au débat prévu en deuxième partie de soirée, animé par Julian Bugier, qui permettra d’approfondir le sujet pour les plus intéressés. Quoi qu’il en soit, l’émotion persiste bien au-delà du visionnage du téléfilm, assurant la portée de son message résumé par une statistique marquante : environ 150 fugues de mineurs sont déclarées chaque jour en France.



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