la classe politique réagit à la victoire de Jadot à la primaire


Pour le centriste Hervé Morin, l’arrivée de l’eurodéputé dans la course est une «très mauvaise nouvelle» pour Anne Hidalgo.

Sa victoire occupait tous les esprits ce mercredi matin. La veille, Yannick Jadot est arrivé en tête de la primaire des écologistes avec 51,03% des voix. Mettant fin à la malédiction des favoris qui planait au sein du parti, il est désormais le candidat officiel d’Europe Écologie-Les Verts et compte bien, comme il l’a déjà fait savoir, porter ce combat jusqu’au bout. Un nouvel adversaire dans la course à l’Élysée, avec lequel vont devoir composer les différentes figures de la classe politique. Lesquelles n’ont pas manqué de commenter ce succès.

C’est d’abord un événement majeur à gauche, où le nombre de candidats en lice est officiellement porté à cinq si l’on compte Fabien Roussel, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg, Anne Hidalgo et désormais Yannick Jadot. Au sein de La France insoumise, le scrutin était d’ailleurs suivi de près, tant le leader du parti a pu exprimer des convergences avec Sandrine Rousseau. «Il y avait une confrontation de deux écologies (…). D’un côté une écologie d’accompagnement et une écologie de rupture, dont nous avions dit d’ailleurs que nous nous sentions plus proches», a ainsi déclaré le député LFI Adrien Quatennens, sur le plateau de France 2.

«J’espère que sur certains sujets, nous aurons l’occasion de labourer dans le même sens. Pour le reste, nos différences sont connues. (…) Jadot est quand même allé vanter le capitalisme européen», a-t-il poursuivi, assurant que son chef de file reste «le candidat qui a porté au plus haut l’écologie politique».

«Une très mauvaise nouvelle»

Au Parti socialiste, l’arrivée de l’eurodéputé pourrait aussi faire quelques dégâts – les deux prétendants désignés partageant eux aussi un certain nombre de points communs. «La victoire de Jadot est une très mauvaise nouvelle pour Hidalgo. Pour la première fois, les Verts se sont mis en position de peser dans la présidentielle», a d’ailleurs raillé le centriste Hervé Morin, soutien de Valérie Pécresse.

La présidente du groupe à l’Assemblée, Valérie Rabault, préfère ainsi souligner qu’aucune «majorité nette» ne s’est pas dégagée de ce scrutin. Or «la clé d’une élection présidentielle pour tout candidat, c’est cette capacité à rassembler.» De son côté, le premier secrétaire du parti, Olivier Faure, n’a toutefois pas fermé la porte. «Qui peut penser ici qu’il pourra gouverner seul ? (…) Bien sûr qu’il faudra un moment passer à une discussion sur une coalition, sur un contrat de gouvernement», a-t-il déclaré. Avant de rappeler que «pour l’instant, nos chemins sont disjoints.»

«Félicitations républicaines»

Le succès du député européen ne laisse pas non plus de marbre la majorité et la droite. Souvent perçu comme «Macron-compatible», Yannick Jadot s’est vu adresser les «félicitations républicaines» de Marlène Schiappa, qui a aussi tenu à soutenir Sandrine Rousseau «face aux attaques sexistes dont elle a été victime tout au long de la campagne». «Je me retrouve plus à titre personnel sur ce que dit Jadot sur des questions de sécurité, liées à la laïcité», a précisé la ministre déléguée à la Citoyenneté. «Je me sens plus proche politiquement de ce que porte Yannick Jadot.»

Quant à Gérard Larcher, le président LR du Sénat a évoqué «un écologiste pragmatique» qui ne pourra pas ignorer «les près de 49% qui sont portés sur ceux qui portent les radicalités, la cancel culture, le wokisme…», «contraires» aux «valeurs» de la droite. L’élu a aussi mis en garde : «La première décision de M. Jadot, c’est d’y aller sur la dépense publique. Il faut dire aux Français la réalité : nous aurons 3 000 milliards de dettes. On ne peut pas raconter n’importe quoi.»





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