James Bond contre Dr. No sur France 2 : pourquoi certains ne voulaient pas de Sean Connery en 007 – Actus Ciné



En raison de la disparition de Sean Connery, France 2 a décidé de bouleverser ses programmes en proposant notamment la diffusion du premier James Bond ce dimanche soir. Retour sur la naissance tumultueuse d’un mythe.

Ce dimanche soir, France 2 a décidé de rendre hommage à Sir Sean Connery, disparu à l’âge de 90 ans ce samedi 31 octobre, en proposant la diffusion, en lieu et place de Barry Seal et Atomic Blonde, de deux opus de la saga James Bond : James Bond 007 contre Dr. No à 21h05 et Les Diamants sont éternels à 22h55. Un choix de programmation qui paraît évident et naturel quand on sait que dans l’imaginaire collectif l’acteur écossais est indissociablement lié à ce personnage ô combien iconique né sous la plume du romancier Ian Fleming. Et pourtant au début des années 1960, cette idée de casting ne s’imposait pas d’elle-même.

Petit retour en arrière. A l’origine du premier volet cinématographique Dr. No, on trouve deux charismatiques producteurs – Harry Saltzman et Albert “Cubby” Broccoli – convaincus d’avoir déniché la parfaite martingale avec l’acquisition des droits de la célèbre saga d’espionnage. Très vite se pose la question de l’acteur pour le rôle principal. Or, qui mieux que Cary Grant pour incarner cet agent des services secrets britanniques au charme irrésistible et amateur de luxe ? Malheureusement, ce fidèle des films d’Hitchcock approche la soixantaine et ne veut s’engager que pour un film.

A partir de là, la liste des comédiens pressentis s’avère longue : David Niven – jugé trop cher – James Mason, Richard Burton, James Stewart, Patrick McGoohanRoger Moore – trop lisse encore à l’époque – Christopher Lee – choix népotique car il s’agit du cousin de Fleming – ou encore Rex Harrison… Le bodybuilder Steve Reeves est même contacté. 

Saltzman et Cubby ne se découragent pas et nourrissent de secrets espoirs avec la candidature d’un quasi inconnu nommé Sean Connery, remarqué dans la production Disney Darby O’Gill et les farfadets. Ses points forts : son physique athlétique et sa virilité exacerbée. Dana Broccoli, la femme du producteur, se montre d’ailleurs très enthousiaste à cette idée : “Il est fabuleux ! Il a une telle présence. C’est notre Bond !” (Daily Telegraph, 9 mai 2000).

5 bonnes raisons de (re)voir “James Bond 007 contre Dr. No”

Malheureusement, ce pari audacieux est loin de faire l’unanimité. Et pour cause, l’acteur écossais quelque peu rustre et issu du milieu ouvrier ne cadre pas du tout avec l’élégance et la classe qu’exige le personnage. Le premier à exprimer son mécontentement n’est autre que son créateur qui voit en Sean un “conducteur de camion glasgowégien” (“James Bond est éternel” de Guillaume Evin, Editions du Moment, 2012). 

Connu pour son raffinement, Terence Young, réalisateur à qui incombe de mettre en scène ces aventures en Jamaïque, n’y va pas non plus de main morte en criant tout simplement au désastre. Et pourtant c’est ce même Terence Young qui inculquera plus tard à Sean Connery des cours intensifs de savoir-vivre et qui lui apprendra à endosser avec flegme et distinction le mythique smoking.

Essayez de trouver mieux !

Tout aussi tendres, les dirigeants de United Artists, soucieux de la réussite du projet et dont Guillaume Evin, auteur de L’Encyclopédie 007, nous compile les réactions à l’issue de projections privées : “Tout ce que nous avons à perdre, c’est un million de dollars”, “Essayez de trouver mieux !”, “Je ne vais pas montrer un film avec un docker dans le rôle principal”.

Malgré ce flot d’invectives, EON, la société de Saltzman et Cubby, tient bon. Et Sean Connery se retrouve à signer un contrat à long terme pour plusieurs opus dont le dernier, sur le papier, sera On ne vit que deux fois en 1967. La légende est désormais en marche, et les 60 millions de dollars de recettes mondiales récoltés par Dr. No à sa sortie auront rapidement mis fin aux doutes distillés avec violence par ces quelques détracteurs.

Sean Connery faisait partie de ces acteurs auxquels on aurait souhaité ressembler une fois vieux :

 



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