Green Boys : “C’est parce qu’ils vivaient cette parenthèse que j’ai eu envie de faire le film” – Actus Ciné


Rencontre avec Ariane Doublet, la réalisatrice de “Green Boys”, un documentaire disponible en VOD qui voit un jeune migrant guinéen rencontrer un adolescent normand. Une belle histoire d’amité, un pied dans le réel, un autre dans l’utopie…

JHR Films

Comment est né le projet de Green Boys ?

Ariane Doublet : Je fais partie de l’association Des Lits Solidaires. C’est dans ce cadre que j’ai accueilli Alhassane chez moi peu après son arrivée en France. Louka s’est présenté chez nous pour jouer au foot avec Alhassane. C’est comme cela que les des garçons se sont rencontrés. Au bout de quelque temps je leur ai proposé de faire un film.

De combien d’heures de rushes disposiez-vous avant d’entamer le montage ?

Nous avons tourné en tout 3 semaines. Une au printemps et deux au mois d’août ce qui est très peu. Il me semble que j’avais une trentaine d’heures de rushes.

Comment avez-vous dirigé Alhassane et Louka ? D’ailleurs, peut-on diriger ceux que l’on filme dans un documentaire ?

Je ne les ai pas dirigés. Ce n’est pas ma démarche du tout. Nous avons fait les choses d’un commun accord, réfléchis ensemble à certaines situations, certains éléments de narration qui pourraient apparaître dans le film. La cabane, ou la partie de pêche par exemple. J’ai pu leur donner certaines indications, mais c’est une situation tout à fait réelle. Nous avons tourné dans une grande liberté. Par chance Alhassane n’avait pas encore raconté son parcours à Louka et du coup cela a permis de garder une grande spontanéité. Aucune parole n’a été écrite, ni même la voix off d’Alhassane…

Le film a été tourné il y a plus d’un an. Que sont devenus Alhassane et Louka ?

Alhassane est toujours au Havre et poursuit sa formation en mécanique. Louka est en classe de 3eme. Ils sont restés en contact et se revoient lorsqu’Alhassane vient passer un moment chez nous.

A travers vos films, vous dressez un portrait de la Normandie. Les spectateurs la voient se transformer devant leurs yeux, se désindustrialiser, subir la mondialisation, et aujourd’hui s’ouvrir aux migrants. Quel rapport entretenez-vous avec cette terre ?

Je tourne en Normandie car c’est là que je vis. Mais j’ai le sentiment que les histoires qui sont dans mes films pourraient tout aussi bien se passer ailleurs. Je n’aborde pas particulièrement de thèmes spécifiquement normands… à part dans La Pluie et le beau temps, qui montraient les échanges commerciaux du lin avec la Chine. J’entretiens néanmoins avec cette région une relation intime car je l’ai toujours connue. Sa lumière, ses paysages, ses habitants me sont familiers. C’est sans doute ce qui me permet d’être particulièrement attentive aux changements qui adviennent. Je suis de nature curieuse et le documentaire me permet une façon toute particulière de faire des rencontres, d’aborder ces évolutions.

Votre film tient autant du documentaire que du conte. Vous offrez une parenthèse enchantée à vos deux héros. Aviez-vous conscience de cette dimension en tournant le film ?

J’inverserais volontiers la proposition : c’est parce qu’ils vivaient cette parenthèse que j’ai eu envie de faire le film, donc bien sûr j’en avais conscience. C’est le projet documentaire qui est venu se greffer sur la vie. Le réel reste le moteur.

Green Boys est disponible en VOD depuis le 6 mai 2020.

La bande-annonce de Green Boys :

 



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