Gastronomie – Les trufficulteurs à la peine à cause de la sécheresse


« Les volumes ne sont pas là »: les trufficulteurs du sud de la Drôme ont vu cette année leur production chuter à cause de la sécheresse, alors que leurs plus grosses ventes se font pour les Fêtes.

« Avec la sécheresse que nous avons eue, je pense qu’on sera à -60% de la production en volume à la fin de la saison », précise samedi à l’AFP Hervé Jardin, le président du syndicat truffe noire Tricastin-Pays de Grignan-Enclave des Papes (dans le sud de la Drôme) et administrateur à la Fédération française des trufficulteurs (FFT).

Quelque 50 tonnes en moyenne de « tuber melanosporum » ou truffe noire se vendent chaque année sur le territoire. Cette année, la saison de leur récolte s’est ouverte le 15 novembre et doit se clore le 15 mars prochain.

Mais « les volumes ne sont pas là », déplore M. Jardin en écho des premières remontées de chiffres de producteurs de la région.

Que ce soit sur les marchés à Grignan (Drôme), Villefranche (Rhône) ou encore à Lyon, le spleen des professionnels est palpable. La rareté du produit fait aussi exploser son prix.

« Des collègues pleurent en disant: on n’a rien », témoigne à une journaliste de l’AFP le trufficulteur drômois Bernard Fragnol, derrière son stand sur un marché de Lyon.

Il propose ses truffes noires, qu’il a dû arroser « tous les jours au goutte à goutte à cause de la sécheresse », à « 130 euros les 100 grammes ». Un prix à la hausse pour compenser le manque à gagner.

Le redoux favorables aux insectes ravageurs

« A la vente au détail, on est cette année entre 1 200 et 1 400 euros le kilo vu la rareté des truffes sur notre secteur contre 800-900 euros à la même période avec normalement un pic à 1 000 euros à Noël », explique encore Hervé Jardin.

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« Comme on a environ que 10% des trufficulteurs qui peuvent arroser, l’impact est très direct sur notre secteur », ajoute-t-il.

A la sécheresse s’est ajouté un décalage de la pluviométrie avec « 400 mm d’eau » tombés de septembre à décembre, soit « une saisonnalité de pluie d’une année normale » qui a rendu 80 à 90 % des truffes « pas jolies, pas matures ou pourries » pour certaines à leur récolte.

Le redoux a fait également sortir des leiodes, de petits coléoptères « qui font des trous dans les truffes », précise M. Jardin qui compte sur le retour du froid en janvier et février pour les voir partir et pour compléter la maturation des truffes.

En 2021, plus de 40 tonnes de truffes noires ont été produites en France qui compte près de 8 000 trufficulteurs dont 1 000 environ dans le sud drômois, selon la même source.



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