Gardanne (13) – La centrale biomasse redémarre après deux ans et demi d’arrêt


Après deux ans et demi d’arrêt, la centrale biomasse de Gardanne (Bouches-du-Rhône) a repris du service mardi sur un site qui tourne définitivement la page du charbon malgré la poursuite du conflit social.

« GazelEnergie a déclenché aujourd’hui la première étape de la procédure de redémarrage de la tranche biomasse de la centrale de Provence », indique le groupe, filiale du groupe EPH du Tchèque Daniel Kretinsky, dans un communiqué. « Il faut trois semaines pour redémarrer progressivement avant la phase de couplage et de branchement » sur le réseau électrique, a précisé une porte-parole.

Quelque 20 000 tonnes de bois ont été commandées localement pour alimenter l’unité qui est censée devenir la plus grande centrale biomasse de France mais est critiquée par des associations écologistes pour son gigantisme. Quelque 300 millions d’euros ont été investis dans cette unité capable d’une puissance de 150 mégawatts et qui doit fournir à terme 6 % de la production d’électricité de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en consommant 850 000 tonnes de biomasse – en grande partie du bois.

Ce redémarrage marque symboliquement la fin officielle du charbon sur la centrale de Provence (Gardanne-Meyreuil). L’unité charbon est elle aussi à l’arrêt depuis novembre 2018 mais elle ne reprendra jamais son activité, conformément à la promesse d’Emmanuel Macron de fermer les quatre dernières centrales à charbon de France. L’activité biomasse doit générer 80 emplois directs, selon GazelEnergie.

« La fermeture de la centrale à charbon va entraîner la suppression de 98 emplois directs sur 154 et 700 au total avec les emplois indirects. La biomasse elle ne va pas créer 700 emplois », a réagi Nadir Hadjali, responsable CGT sur le site. Le conflit social autour de l’arrêt du charbon et du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) n’est donc pas terminé et une nouvelle décision du tribunal administratif de Cergy est attendue d’ici la fin du mois. « L’entreprise a perdu 120 millions d’euros l’an dernier et 80 millions l’année d’avant, on ne pouvait pas continuer comme ça », a expliqué la porte-parole du groupe. Côté CGT, la reprise de l’activité reste conditionnée à la présentation d’un plan industriel précis.

GazelEnergie a annoncé prévoir notamment de développer une activité bois avec l’implantation d’une scierie ou une filière hydrogène pour les usages locaux et de e-méthanol (carburant de synthèse vert). « Pour l’instant, ça reste des effets d’annonce », regrette Nadir Hadjali qui porte un projet alternatif avec d’autres salariés visant à produire de l’hydrogène pour la mobilité et du méthane pour le biogaz. 

Il y a quelques jours, EDF annonçait renoncer à la conversion biomasse de la centrale électrique de Cordemais (Loire-Atlantique) pour des raisons de coût et de retrait d’un partenaire. Elle va donc finalement continuer de tourner au charbon au moins jusqu’en 2024.



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