Gamekyo : [TEST] Valkyrie Elysium


On sait bien que le retour inattendu de vieilles franchises est devenu routinier dans le paysage vidéoludique, mais cela n’empêche pas d’être toujours un peu surpris, comme avec Square Enix qui nous ressort Valkyrie de ses cartons, 16 ans après le deuxième épisode sur PlayStation 2. La joie dans un sens, mais la crainte dans l’autre quand on nous annonce d’entrée de jeu que tri-Ace ne sera pas aux commandes (trop occupé sur Star Ocean), le chantier revenant à Soleil, une boîte qui pour résumer rapidement le truc a été fondé par d’anciens de la Team Ninja, d’où le futur Wanted : Dead d’ailleurs. Les mecs ont également réalisé Naruto to Boruto, un Samurai Jack et prépare déjà Vengeance is Mine. Que des jeux d’action, donc vous vous demanderez quel est le rapport avec Valkyrie qui est une franchise RPG et la réponse est simple : Elysium n’est pas un RPG.

Là déjà, on a une petite goutte de sueur chez les fans qui devront se faire à l’idée que ce nouveau chapitre de la franchise est donc essentiellement un jeu d’action avec quelques composantes RPG uniquement pour ce qui est de l’augmentation en puissance. C’est triste mais cela ne veut pas dire sur le moment que la qualité sera impactée. Après tout, Valkyrie Profile DS, c’était un tactical, et c’était quand même très sympa. En revanche, si c’est la narration qui vous intéresse essentiellement, retournez voir ailleurs car ici, on est dans le strict minimum Les cinématiques travaillées sont incroyablement rares, les scènes de dialogues sont aussi statiques qu’un Compile Heart époque PS2, les alliés se comptent sur les doigts d’une main et il y a autant de PNJ que d’échanges objectifs dans un débat politique. Plusieurs fins certes, mais des rebondissements que l’on voit arriver à des kilomètres, pour une aventure que l’on peut torcher en moins de 15 heures. Toujours là ?

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Autre problème et loin d’être une première chez Square Enix : le manque de moyens alloué pour faire revenir une licence pourtant culte. C’est une sorte de pari sans trop de risque, ‘voyez ? Si ça fonctionne (Nier Automata), c’est bien et on pousse la licence vers d’autres horizons. Si ça foire (Drakengard 3, Chrono Cross Remastered…), alors on enterre à nouveau le truc pour 10 ou 20 ans. Nous verrons bien si les fans répondront à l’appel de la valkyrie mais ce qui est certain pour l’heure, c’est que ça n’a pas coûté bien cher. On essaye de nous instaurer une ambiance fin du monde mais la tristesse des décors comme la modélisation globale reflètent avant tout la gueule du budget, tandis que les regards vides des protagonistes lors des dialogues semblent être un hommage à la tronche des cadres de Soleil quand Square Enix a signé le chèque de quelques yens.

Du coup, il ne reste pas grand-chose si ce n’est le gameplay et heureusement, le CV des développeurs a sauvé les meubles, même si l’expérience tend davantage vers un Devil May Cry V qu’un Ninja Gaiden (y a un grappin magique). Les choses prennent un peu de temps à se mettre en place, le temps de récupérer des magies efficaces et surtout les quelques Einherjars, humains élus pour combattre aux cotés de notre héroïne (avec leurs petits souvenirs façon Lost Odyssey, en moins larmoyants), mais une fois arrivé à un peu moins de la moitié du jeu, on se plaît à déchaîner le chaos autour de nous. Il n’y a rien de révolutionnaire, ni le sens du timing des meilleurs, en plus d’une caméra parfois prise à défaut, mais c’est suffisamment prenant de faire sauter des vagues d’ennemis en exploitant suffisamment bien les faiblesses pour break l’opposant tout en usant de nos Einherjars pour faire exploser le compteur de combo et tenter d’obtenir le rang S à chaque mission.

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En fait, avec Valkyrie Elysium, on a parfois l’impression de se retrouver devant les expériences à petits budgets de Platinum Games (vous savez, les deals avec Activision…). C’est linéaire comme un jeu d’action narratif vieux de deux générations et ça se permet des lourdeurs inattendus comme des quêtes annexes à débloquer avant de devoir les lancer une par une depuis le Hub, sans oublier les trilliards de caisses et tonneaux à exploser, genre de trucs qui mis de coté aurait pu diviser la durée de vie par deux. Mais à coté de cela, on passe un moment sympa, façon plaisir coupable, à enchaîner les combats tout en devenant de plus en plus puissant, avec le risque de l’abandonner en cours de route dès qu’un meilleur jeu tombera entre vos mains, mais le fait certain de ne pas s’être ennuyé en sa compagnie. Après de là à payer le truc 70€…



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