Gamekyo : [TEST] The Dark Pictures : Little Hope


Conditions :
Testé en version PS4, directement sur PS5 avec néanmoins deux crashs (liés au jeu lui-même ou à la rétrocompatibilité, impossible de le savoir).

C’est durant un Halloween confiné (tout un concept) que Supermassive a pu rendre son Little Hope « dans les temps », un terme assez relatif quand on sait que le jeu s’est pris un gros report qui a forcément bien été accepté après le relatif échec de Man of Medan. Relatif car si le jeu avait de nombreux défauts, ça reste plus d’un million de ventes, et donc amplement suffisant pour que Bandai Namco valide la suite de la saga The Dark Pictures, sorte de Creepshow où chaque sujet est indépendant scénaristiquement. Donc tout comme Until Dawn et d’autres productions plus mineurs de l’équipe, on parle d’un jeu 100 % narratif où les seules formes d’interaction seront vos choix, quelques déplacements pour examiner les alentours, et de nombreuses QTE dont on peut d’ailleurs signaler une bonne nouvelle : terminé les coups de crasse bien abusés de Man of Medan puisque le jeu vous indique maintenant clairement avec une petite vibration quand une action se prépare au milieu d’une cinématique, ce qui évite d’être bêtement pris à défaut (genre en plein éternuement, histoire vraie).

Dans Little Hope, le scénario va cette fois prendre pour cadre la bourgade du même nom avec une introduction « massacre » plutôt réussie avant de faire un bond dans le temps où une poignée de protagonistes vont par la force des choses devoir traverser cette zone sous une emprise démoniaque. Du pur slasher dans les habitudes de Supermassive mais dont le casting continue d’être navrant, ou peut-être encore plus que Man of Medan tant ça manque de charisme. On a l’habitude de « la bande de jeunes » propre au genre jusqu’au cinéma mais ironiquement, des cinq personnages centraux, c’est justement les trois jeunes qui s’en sortent le moins bien entre la gonzesse « Azy putain » qui est donc dans la caricature et les deux mecs qui ne dégagent absolument RIEN. Pas même un cliché. Juste rien. On a au moins la bonne idée de nous proposer deux autres personnages plus âgés dont le « prof » est celui qui s’en sort le mieux de tous, et finalement, la mention reviendra à un personnage totalement secondaire : Vince, un vieux black dont on ignore tout. Il est là, on le croise parfois, mais on ne sait absolument pas pourquoi il est là et il a du coup le mérite d’incarner une vraie curiosité.

Si vous avez fait Man of Medan (toujours dispo sur le Game Pass en passant), vous saurez à quoi vous attendre en terme de progression avec toujours les mêmes mécaniques qui vous mèneront à sauver tout le monde, voir seulement quelques élus, voir carrément personne. Le débat reste malheureusement le même sur la formule car les conséquences, particulièrement la dernière scène importante, est celle où les morts peuvent s’enchaîner mais elles sont la résultante de choix qui paraissaient anodins mais dont on ne pouvait déterminer l’importance. Plus concrètement, autant dire que tout se joue au hasard même si vous voulez bien faire les choses et ça pourra se montrer aussi frustrant pour certains qu’intéressant pour d’autres : s’il suffisait de bien faire les choses, on pourrait sauver tout le monde sans problème et l’intérêt en prendrait un coup, surtout pour un slasher. Mais en fait, à quoi ça sert de réussir des QTE et de tenter de faire au mieux si répondre A au lieu de B pour mener à la mort ? Tout le problème de ce type de système depuis des années.

Reste que le temps de développement supplémentaire à apporter du bon, notamment en terme de rendu où le jeu est une belle claque graphique, avec certains plans magnifiques et une modélisation aussi divine pour les « monstres » que les personnages, sans échapper malheureusement à d’habituels couacs d’Uncanny Valley à quelques reprises, heureusement moins souvent que dans Until Dawn ou pire, Hidden Agenda, le pire exemple de la part de Supermassive. En revanche, on se traîne toujours les tares de transition entre deux scènes, comme si les développeurs galéraient toujours autant à devoir prendre en compte toutes les perspectives d’une séquence à l’autre, chose qui n’a pas été apprise depuis Man of Medan. On en ressortira donc toujours aussi mitigé mais ça occupera le temps d’une longue soirée (environ 5h de jeu) avec au moins un cadre bien foutu, une envie de déterminer les mystères du scénario, et le tout fourni avec un final plaisant. Même si loin d’être inédit.



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