Gamekyo : [TEST] Paper Mario : The Origami King


Paper Mario, c’est deux très bons épisodes sur Nintendo 64 et GameCube avant un chapitre particulier sur Wii qui pouvait être considéré comme un spin-off « en attendant » si nous ne savions pas à l’époque que l’ère RPG était déjà terminée pour cette franchise, laissant Mario & Luigi faire le taf avec AlphaDream (aujourd’hui fermé malheureusement) pour laisser la version toute plate se muter en jeu d’aventure/exploration qui allait dans les épisodes Wii U & 3DS balancer à la poubelle toute notion de points d’expérience. Quelque chose de plus grand public donc, original parfois mais qui ne parvenait jamais à tenir sur la longueur. En ont résulté deux 6/10 de notre part et si on croisait les doigts à l’annonce du tout nouveau chapitre Switch, on comprend maintenant que non seulement Intelligent Systems ne souhaite aucunement revenir en arrière, mais même qu’ils assument totalement la nouvelle politique pour s’y engouffrer plus en profondeur. Et il n’y a pas forcément que du mauvais qui en ressort.

Car Paper Mario « 5 » (encore une fois, l’épisode Wii est définitivement à part) se permet de corriger quelques reproches des précédents, à commencer par son humour. Largement inférieur aux Mario & Luigi sur ce point, The Origami King se dote enfin d’une écriture plus fine et beaucoup plus drôle, blindée de références, de vannes et de personnages secondaires pleinement réussis. Un très bon point qui n’empêchera pas le joueur de râler à plus d’une reprise sur notre compagnon de route qui ne peut s’empêcher de l’ouvrir pour tout et n’importe quoi. Ok quand c’est drôle et que le jeu s’amuse avec l’innocence de ce petit personnage assez naïf, mais non quand c’est dans le cadre de tutos & conseils lourdingues qui ne semblent jamais s’arrêter. « On devrait aller par là », « On devrait faire comme ça », « Et si… ». ON SAIT, ferme ta bouche ! Si vous avez suffisamment de neurones et passé à la rigueur la compréhension du système de combat, on pourrait parfaitement évoluer dans l’aventure sans que ce bout de papier n’ait à nous livrer le moindre indice.

Que Nintendo donne une option pour supprimer ce genre de choses, surtout qu’on ne peut même pas dire que ce sera d’utilité première pour les enfants vu que… c’est en fait le Paper Mario le moins accessible pour la jeunesse. Et là je parle des moins de 10 ans, voir moins de 8 ans. Tout le problème vient des combats justement. Conscient que ça commençait à brouter du monde de faire du classique dans une série qui a fait fi des points d’expérience, les développeurs ont drastiquement modifié les affrontements avec une grande roue façon puzzle où à chaque tour, il faut réorienter les choses pour former des lignes ou des packs de 4 (sous chrono et avec déplacements limités). Les choses se complexifient avec le temps et les boss changent totalement la donne avec le besoin de suivre des flèches mais cela n’empêche pas une certaine répétitivité qui se fait de plus en plus sentir dès le deuxième chapitre, mais aussi (et là on en revient avec ce qu’on vient de dire) le fait que ce n’est pas toujours simple à saisir pour les enfants.

Il faut bien comprendre que ce Paper Mario peut être aussi facile que dur en fonction de votre âge. Si vous comprenez bien le système, vous passerez une partie des combats sans être touché une seule fois, avec un bonus constant de 50 % de force supplémentaire. Inversement, il suffit de louper un seul puzzle pour en payer le prix fort, certains ennemis faisant incroyablement mal pour un jeu grand public : on en a vu capable de vous déboîter un tiers de vos PV… en un seul tour. Potentiellement rageant et il suffit d’ailleurs de zieuter mes propres mioches pour dresser un potentiel constat : celui de 10 ans tient encore la barre mais celui de 8 ans a tout simplement abandonné à force d’échecs, lui qui s’est fait les deux précédents sans trop de problème. Dans tous les cas, on continue de se demander pourquoi le studio fait autant de forcing dans la différence vu que, à bien y regarder, si on avait gardé les combats et l’xp propres aux anciens, l’aventure aurait parfaitement fonctionné. Et aurait été même meilleure.

C’est bien dommage car on voit quand même les efforts effectués pour rendre l’expérience plus sympathique. C’est toujours aussi mignon visuellement et esthétiquement (le mélange papier, origami et éléments réels fonctionnent à merveille) et la progression est certes bien plus simple mais surtout moins prise de tête. Cela n’empêche pas quelques allers retours durant cette trentaine d’heures faites de cinq chapitres, eux-mêmes découpés à chaque fois en deux parties, mais on est davantage motivé par l’exploration dans chaque zone et donjons bien variés où l’argent est désormais au coeur de notre augmentation en puissance et où l’on se plaît à retourner chaque endroit pour y débusquer tous les petits toads. Bref, toujours motivé à progresser, ce qui fait déjà une belle différence avec les deux qui ont précédé et une bonne manière de conclure que même si l’on reste loin de la qualité de l’épisode N64, les choses vont doucement dans le bon sens.



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