Gamekyo : [TEST] Battletoads


Si l’on excepte Killer Instinct qui a mine de rien déjà 7 ans (mais aussi un certain suivi entre temps), de toutes les licences dormantes de Rare, Microsoft n’a pas arrêté de vouloir s’attarder sur Battletoads sans que l’on comprenne vraiment pourquoi car de Banjo à Perfect Dark en passant par Conker, il y avait tout de même de quoi tenter un retour de plus haute importance mais admettons. Car comme le disent eux-mêmes les crapauds en brisant le quatrième mur, il est encore difficile en 2020 de se prétendre héros connus de tous quand on a disparu du secteur depuis 26 ans, mais les trentenaires se souviennent des épisodes Nes & Game Boy à la difficulté infâme, suivi d’opus sur Snes plus accès beat’em all, un dernier en Arcade, sans oublier au milieu un cross-over avec Double Dragon. Oh et puis on pourrait dire qu’on a continué d’en entendre parler ces dernières années, en guest dans Killer Instinct justement, mais aussi dans Shovel Knight. Des petites touches pour préparer le grand retour annoncé en 2019 et désormais disponible sur PC et Xbox One.

Mais malgré toutes ces petites apparitions, rien ne nous avait préparé à un changement drastique dans le design avec des créatures qui répondent esthétiquement à l’ère moderne, taillées de manière anguleuse et majoritairement toutes fines, à l’instar des Tortues Ninjas quand on y pense et comme pour pouvoir faire un nouveau doigt à l’époque lointaine du virilisme, celle où dans le secteur anthropomorphe, tortues et crapauds pouvaient côtoyer des requins tout aussi baraqués avec les Streets Sharks, sans oublier les Bikers Mice from Mars. Check Google le trentenaire, tu te souviendras toi aussi de tout cela, la larme à l’œil. Bon je m’éloigne mais tout ça pour dire que le nouveau design de Battletoads va clairement diviser même si j’ai tendance à un peu plus tempérer qu’à l’annonce.

Car il est vrai que dans les cinématiques, ça fonctionne plutôt bien et des cinématiques, il y en a un gros paquet et ça surprend beaucoup dans un genre où la narration est le « point osef » depuis la création. Les personnages sont drôles, les séquences sont drôles, les dialogues sont drôles… Bah c’est très bien tout ça, sauf peut être le fait que Microsoft n’a pas voulu lâcher un billet pour assurer un doublage FR qui aurait davantage plu au jeune public, preuve du peu de confiance malgré la note d’intention à ressusciter une licence oubliée. En revanche, et bizarrement, on s’y retrouve moins in-game. Les animations sont très cool mais entre les ennemis qui ne ressemblent à rien, les décors qui paraissent trop simplistes (et très statiques) et le bordel incroyable à l’écran, on ose dire qu’il y a encore un charme à la simplicité de la vieille époque.

Et sinon on pourrait parler du jeu et comme l’épisode initial, Battletoads version 2020 n’est pas vraiment un beat’em all, ou en tout cas pas autant que le laisse croire ses premiers instants. Si on bastonne un moment, c’est toujours entrecoupé de diverses choses, comme des scènettes de QTE et de vraies séquences, où l’on peut avoir du shmup, la fameuse course de moto, une autre de coté sur des « rails » et même du pur platformer. Beaucoup de variété qui en temps normal n’est pas de refus et il est vrai que ça permet de comprendre de suite que les développeurs ont parfaitement pigé ce qu’était la licence, tout en offrant une durée de vie sympathique pour le « genre », aussi fourre-tout soit-il en fait, puisqu’on aura plus ou moins 4h de jeu, soit environ deux fois plus qu’un beat’ « normal ». Ironiquement, et pour prendre l’exemple récent d’un Streets of Rage 4, la replay-value sera pourtant bien en deçà car à trop s’étioler et parfois pour des phases qui manquent d’intérêt en terme de scoring, quand il n’y en a pas du tout, on est bien moins motivé à retenter l’expérience pour faire mieux.

Ce sera globalement là le problème de cet épisode, et finalement le même qu’au début des années 90. Le jeu s’éparpille trop au lieu de tenter de parfaire ses fondamentaux, donc avant tout les phases de beat’ qui sont loin d’être à la hauteur du concurrent précédemment cité et où l’on retiendra surtout le dash/esquive qui permet d’avoir une certaine nervosité. Mais à coté de ça, les reproches fusent. Le coup de la moto, c’est rigolo mais beaucoup trop long. Le platformer, c’est tout simplement claqué au sol en terme d’inventivité. Le shoot bon… sympathique mais on a vu mieux 100 fois même si le genre a quasiment disparu. Et on est obligé de parler des phases de hack qui n’ont absolument aucune autre utilité que de foutre en l’air le rythme, que ce soit les machins à raccorder ou une espèce de mini-jeu qui va vous rendre fou si vous avez le malheur d’y jouer avec vos gosses qui ne comprennent rien à vos directives pourtant SIMPLES (dans votre tête). Heureusement, on peut les zapper après plusieurs échecs mais c’est là encore la preuve que l’intention était juste de balancer un maximum de choses de l’ordre du « vite fait » plutôt que d’en faire moins mais avec la qualité attendue.



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