Environnement – La gestion de l’eau en Corse étrillée par la Cour régionale des comptes


La Cour régionale des comptes (CRC) a critiqué, dans un rapport publié vendredi, la politique menée par la Collectivité de Corse en matière de gestion de l’eau, jugeant son bilan « modeste » avec des investissements « en deçà des objectifs ».

« Bien que la Corse connaisse des précipitations abondantes, de l’ordre de huit milliards de mètres cubes (m3) par an, elle se trouve de plus en plus exposée aux conséquences du changement climatique », pointe la Cour.

Précisant que « la loi confie à la collectivité de Corse la mise en oeuvre d’une gestion équilibrée des ressources en eau », elle estime que « le bilan de la planification entre 2016 et 2021 est modeste ». « Les objectifs environnementaux n’ont pas été atteints », ajoute-t-elle, regrettant que « les territoires particulièrement vulnérables n’ont fait l’objet d’une identification formelle qu’en 2022 ».

« Si le nouveau schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) pour la période 2022-2027 contient des améliorations, le document souffre toujours d’un manque d’objectifs quantifiables et d’indicateurs de suivi », pointe-t-elle, le jugeant « peu contraignant ».

Pointant « d’importants retards de planification », elle invite la CDC à effectuer « un effort d’animation et d’assistance technique auprès des communes, de leurs groupements et établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), compétents en matière d’eau potable et d’assainissement ».

« L’effort d’investissement de la CDC est en deçà des objectifs qu’elle s’est fixés », regrette-t-elle encore, précisant que de « nombreux travaux restent en attente de réalisation, dont certains permettraient pourtant de réduire efficacement les prélèvements sur les milieux et de générer des économies d’eau ».

Elle regrette des « contradictions » entre la stratégie régionale qui repose sur le schéma d’équipement hydraulique « Acqua Nostra 2050 », adopté par l’Assemblée de Corse le 30 juillet 2020, et « certains objectifs » définis par le SDAGE 2022-2027. « Le plan d’investissement (…) estimé à 600 millions d’euros, n’est pour l’essentiel pas financé », dénonce-t-elle.

Lire aussi article :  plongée dans le «maternage proximal»

« Les performances des ouvrages hydrauliques sont hétérogènes » et « les rendements bruts des réseaux de distribution d’eau brute sont particulièrement médiocres en Haute-Corse, dans des territoires qui concentrent le plus grand nombre d’exploitations agricoles et qui sont particulièrement concernés par la vulnérabilité aux effets du changement climatique », regrette-t-elle encore.

Elle dénonce enfin « les écarts considérables, de l’ordre de trente millions de m3, (…) entre les volumes d’eau agricole distribués et ceux facturés » et que ces écarts « ne fassent l’objet d’aucune action correctrice ».

Cela se traduit par un « manque à gagner annuel d’environ 3 millions d’euros, alors même que la tarification de l’eau agricole est déjà inférieure de moitié à celle relevée dans les autres bassins suivis par l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse », déplore-t-elle.



Source link