Diversification – Lin oléagineux, lentilles, pois chiche : des agriculteurs témoignent


On poursuit le tour d’horizon des cultures de diversification proposé par Terres Inovia avec sa série “Les pieds dans les champs” et les trois derniers témoignages d’agriculteurs publiés sur Youtube.

Et on démarre avec le lin oléagineux. Agriculteur à Chalais dans la Vienne, Pierre Pirodeau cherchait à sécuriser les revenus de son exploitation en élargissant son assolement. « C’est une culture qui fonctionne bien », commente le producteur, qui compte des marges entre 700 et 1 200 €/ha.

« Le lin oléagineux a peu de ravageurs : pas de souci avec les insectes, ni avec les limaces ou les oiseaux… C’est déjà rassurant. […] La maladie du pied peut être, par contre, importante et demande un point d’attention particulier à la sortie de l’hiver ». Concernant la fertilisation, Pierre Pirodeau a apporté 250 kg/ha de 0-25-20 en engrais de fond, et en azote, la dose moyenne est comprise entre 150 et 200 kg/ha d’azote selon les potentiels et l’année.

Enfin, pour l’agriculteur, la difficulté majeure reste la gestion des adventices, peu de produits sont homologués pour le désherbage de cette culture. Pour cela, Pierre Pirodeau a notamment recours aux faux-semis et au labour. 

Le pois chiche supporte un temps chaud et sec

Installé à Aurillac-sur-Vendinelle en Haute-Garonne, Sébastien Albouy cherchait, de son côté, des cultures qui supportent bien le temps chaud et sec. Il a testé le pois chiche il y a 10 ans sur son exploitation et semble plutôt satisfait aujourd’hui. « Elle s’adapte très bien au pourtour méditerranéen et notamment au sud de la France, dans nos sols argilo-calcaires », précise Quentin Lambert, ingénieur développement chez Terres Inovia. 

Quand Sébastien Albouy a démarré le pois chiche,  il était encore en conventionnel et vendait cette culture de niche entre 400 et 500 €/t. « En agriculture biologique, le prix était souvent entre 1 000 et 1 200 €/t. On est plutôt autour de 900 €/t désormais. […] Même en bio, cette culture n’a pas de grands freins techniques, indique l’agriculteur. Elle n’a pas besoin d’apport d’azote, c’est une légumineuse à graine. »

Lire aussi article :  Législatives - Comment le monde agricole sera-t-il représenté à l’Assemblée nationale ?

« En termes de charges, il y a juste le poste semences : je privilégie les semences certifiées pour limiter les problèmes d’anthracnose. Et sinon, pour le reste de l’itinéraire, on peut être amené à faire un traitement contre les petites chenilles, du Dipel (traitement bio à base de Bacillus thuringiensis), qui permet d’éliminer les chenilles de type Heliothis ». Enfin pour limiter le risque maladie, Sébastien Albouy privilégie un semis à 60 cm d’écartement. 

La lentille : « un très bon précédent pour les céréales » 

La série « Les pieds dans les champs » se poursuit avec un producteur de lentille bio : Wigbold, Hofstede, installé à Baugy dans le Cher. Si l’agriculteur reconnaît avoir vécu « trois années difficiles à cause du climat et de la sécheresse », il poursuit cette culture pour « avoir une rotation diversifiée. Cette légumineuse est un très bon précédent pour les céréales ». De plus, « les prix de la lentille bio sont très corrects », précise-t-il.  Wigbold Hofstede dispose aussi d’un contrat de multiplication de semences avec Axéréal bio, et conserve une petite partie de sa production pour des ventes en circuit court. 

L’implantation reste une étape cruciale pour la réussite de la culture. « Nous avons des terres superficielles, adaptées pour la lentille. Par contre, la forte présence de cailloux peut compliquer les récoltes. On laboure donc juste avant le semis, on sème derrière avec une herse rotative et le semoir pour remonter le moins de cailloux possible. » Il faut privilégier « un sol bien réchauffé et ressuyé. Et comme la lentille est une petite graine, on peut envisager un roulage après le semis, afin de favoriser le contact sol-graine », précise aussi Zoé Le Bihan, ingénieur de développement chez Terres Inovia. 

Lire aussi article :  le puma fait son retour à Rio de Janeiro

La bruche reste une forte problématique et il n’y a aucune solution disponible en agriculture biologique. « On peut parfois atteindre 20 % de lentilles bruchées, parfois un peu plus… et ces graines sont éliminées au triage », témoigne Wigbold Hofstede. 

Autre point d’attention à noter : la gestion des adventices pour cette culture peu compétitrice. « En conventionnel, il existe une gamme de produits homologués qui va cibler soit les graminées soit les dicotylédones, indique Zoé Le Bihan. Pour le bio, la lentille se cultive bien en culture associée, notamment avec la cameline qui va prendre de la place en début de cycle et ensuite servir de tuteur. On pourra également envisager un désherbage mécanique avec la herse étrille.  



Source link