Cours des grains – Un marché des céréales agité devant le spectre d’une récession économique


Les cours de céréales restaient volatils ces derniers jours sur un marché redoutant une récession mondiale, l’attente des annonces des banques centrales sur la politique monétaire et l’assouplissement des restrictions sanitaires en Chine contribuant à cette agitation.

Sur Euronext, le blé se maintenait dans une fourchette entre 300 et 310 euros la tonne, venant frôler à nouveau à la baisse le seuil symbolique des 300 euros mercredi vers 15h GMT. Si la météo et la géopolitique restent les boussoles du marché, le cours du blé a été « très influencé par les considérations macroéconomiques et les mouvements des fonds » d’investissement, explique Sébastien Poncelet, spécialiste des céréales au cabinet Agritel. Parité, prix du pétrole et prises de position des fonds génèrent, selon lui, plus de volatilité que l’état des récoltes ou encore les échanges commerciaux.

Le prix du pétrole, rappelle-t-il, est le « thermomètre de l’appétit des financiers », et a une forte influence sur le cours du blé. En se stabilisant autour de 70 dollars le baril (75,85 dollars US à New York) mercredi, il limite la baisse de prix de cette céréale.

Le relâchement des restrictions sanitaires en Chine, qui s’accompagne d’une explosion du nombre de cas, génère beaucoup de volatilité sur les marchés, mais retient aussi la chute des cours. La possibilité d’un réveil de la demande chinoise suscite l’espoir des Etats-Unis, qui pourraient retrouver un client de choix pour le soja américain et ainsi compenser de faibles exportations en maïs ou en blé.

À Chicago, les céréales et notamment le soja remontaient en début de semaine, après un repli les jours précédents. L’inflation, en effet, a ralenti plus qu’attendu en novembre sur un an, à 7,1 % contre 7,7 % en octobre, explique Dewey Strickler d’Ag Watch Market Advisors.

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Les annonces sur la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) mercredi et celles de la Banque centrale européenne jeudi pourraient encore rebattre les cartes, les marchés s’inquiétant d’une récession économique mondiale. En attendant la réunion de la Fed, le dollar évoluait mercredi proche de ses plus bas depuis juin face à l’euro. « Quand l’euro est fort, les céréales européennes sont moins compétitives à l’export, ce qui fait baisser les prix (sur Euronext) mais remonter ceux de Chicago », rappelle Damien Vercambre du cabinet Inter-Courtage.

Blé et maïs américains à la peine

Malgré l’influence de ces facteurs macroéconomiques, le corridor en mer Noire continue de jouer un rôle « clé dans l’équilibre du marché » des céréales, estime Sébastien Poncelet.

Les frappes russes à Odessa et dans le sud de l’Ukraine samedi ont endommagé des installations électriques dans les ports, et le manque d’inspecteurs de Moscou pour contrôler les bateaux dans le cadre de l’accord ralentit le rythme des chargements, explique-t-il.

La demande internationale en blé s’accélère, dans un marché « plutôt bien équilibré » selon l’analyste. La France ne réduit pas la cadence et continue d’exporter vers la Chine ou vers certains pays d’Afrique, qui ne peuvent réduire leur approvisionnement quel que soit le prix.

Le blé américain, en revanche, a du mal à trouver des acheteurs. Les Etats-Unis fustigent « les offres faibles et agressives sur le marché mondial de la Russie », qui dispose d’une récolte exceptionnelle, et « cherche des liquidités pour financer la guerre », souligne Jack Scoville de Price Futures Group Selon lui, la demande de maïs américain n’arrive pas à décoller elle non plus, face à la concurrence de l’Amérique du Sud qui dispose de « bien meilleures récoltes ».

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Malgré des pluies bénéfiques ces derniers jours, la sécheresse en Argentine est toujours scrutée de près par les opérateurs. Dans l’Union européenne, qui a connu elle aussi cet été un épisode exceptionnel, les importations de maïs sont au plus haut, dépassant les 13,13 millions de tonnes, contre 6,02 l’an passé à date.

Les stocks en Ukraine et le rebond de la production brésilienne compensent les pertes européennes, ce qui limite la hausse du prix des grains. Le maïs se vendait à 283,25 euros la tonne mercredi à 15h GMT sur Euronext. Dans le sillage du pétrole et de la palme, le colza se stabilisait lui aussi autour de 559,25 euros la tonne.



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