Congrès de l’AGPB – Une transition par la compétitivité, le modèle d’avenir des céréaliers


Malgré un revenu en berne et des contraintes environnementales de plus en plus fortes, les céréaliers de l’AGPB sont aujourd’hui davantage confiants en l’avenir, confortés par plusieurs éléments positifs, comme une bonne image auprès des Français, ou encore le soutien du ministre à la compétitivité. Car pour l’AGPB comme pour Julien Denormandie, sans compétitivité, la transition environnementale ne se fera qu’au détriment des grandes cultures françaises.

Entre la lutte contre le réchauffement climatique, la gestion des aléas, la durabilité, la réduction des produits phytosanitaires disponibles, ou encore les attentes sociétales, les grandes cultures françaises doivent aujourd’hui faire face à de multiples défis, mis en avant lors de l’assemblée générale de l’AGPB, le 1er juin. Et si ces dernières années, les céréaliers français ont eu l’impression de tomber de Charybde en Scylla en matière de réglementation environnementale, ils ont aujourd’hui plusieurs motifs d’espoir.  

Par exemple, la campagne de communication lancée en 2018 et articulée autour des « nouveaux céréaliers » a porté ses fruits, comme le montrent les résultats d’un sondage réalisé en novembre 2020 auprès d’un échantillon de cadres représentatifs de la population française. 58 %, soit cinq points de plus qu’en 2018, déclarent ainsi avoir une bonne image des céréaliers. Ils reconnaissent « un métier essentiel au pays », « difficile », « noble et proche de la nature », tout en attendant des engagements sur des modes de production plus soucieux des enjeux environnementaux, et l’amélioration de la qualité des produits.

Lutter contre le spectre de la décroissance

Cependant, face à certaines orientations politiques, comme le Green Deal qui propose d’augmenter les terres en jachères tout en réduisant les intrants, « il faut que l’on ait encore les moyens de travailler demain, c’est-à-dire protéger nos plantes, les nourrir, avoir des semenciers qui proposent des variétés plus performantes… On s’inscrit dans ce cadre et non pas dans celui d’une agriculture décroissante », a rappelé Jean-François Isambert, vice-président de l’AGPB. Car ce scénario souhaité par la Commission européenne pourrait entraîner une réduction de 30 % de la production céréalière, alors même que la population à nourrir augmente, explique-t-il.

Pour lutter contre les scénarios décroissants, l’AGPB a travaillé, avec l’AGPM, la CGB et la Fop, sur les « futurs possibles » pour les grandes cultures, à travers le projet « Culturibles ». Dans les deux premiers scénarios, les grandes cultures sont délaissées au profit d’autres enjeux, conduisant à une diminution de la production et des emplois. En revanche, les deux derniers scénarios où l’agriculture « est actrice, proactive » sont plus optimistes : agriculture sous contrat, et agricultures plurielles permettent de maintenir la production, tout en atteignant des objectifs environnementaux élevés. « Nous pouvons offrir une vision de l’agriculture autre que décroissante à l’horizon 2030 », explique ainsi Philippe Heusèle, secrétaire général de l’AGPB. « Nous sommes prêts à réduire l’impact environnemental mais tout en préservant un cap de production, les emplois, la durabilité au service de la société, des citoyens et des agriculteurs », rappelle-t-il.

« Conscients et confiants face aux enjeux »

La transition ne peut donc pas se réaliser au détriment des revenus des céréaliers, qui doivent rester compétitifs, estime l’AGPB, confortée dans cette vision par le ministre de l’agriculture. « La transition nécessite d’investir, mais ces investissements ne sont jamais pris en charge à 100 % par l’État, donc l’investissement n’est possible que par la consolidation du revenu », a souligné Julien Denormandie. Pour le ministre, le sujet rejoint donc celui de la compétitivité, en particulier la compétitivité hors coût « qui fait la singularité de la ferme France mais qui doit être source de création de valeur ». Or, du travail reste à mener quant au retour sur investissement, « c’est une feuille de route qui m’est chère d’ici la fin du quinquennat », a-t-il assuré.

Si des leviers émergent, comme la bioéconomie, ou le label bas carbone pour les grandes cultures que le ministère de la transition écologique doit valider sous peu, les céréaliers seront également attentifs aux derniers arbitrages de la Pac, notamment en ce qui concerne les éco-régimes, ou certaines BCAE (bonnes conditions environnementales et climatiques) qui aujourd’hui posent problème.

« Il faut trouver des façons de matérialiser toutes ces transitions », a insisté le ministre. Éric Thirouin, président de l’AGPB, se veut optimiste : « nous sommes conscients et confiants face aux enjeux, à condition d’avoir de la compétitivité, car c’est bien la compétitivité qui va nous permettre d’atteindre la transition », a-t-il rappelé en conclusion du congrès.



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