Ce que vous ne saviez (peut-être) pas sur Klimt


1. Il a été décorateur avant d’être peintre

Il maîtrisait la feuille d’or comme personne, et cette signature ne lui vient pas de nulle part. Fils d’un orfèvre ciseleur, Gustav Klimt se forme à l’École des arts appliqués de Vienne entre 1876 et 1883 pour devenir artiste décorateur. Il s’associe ensuite à son frère Ernst Klimt et à Franz Matsch pour obtenir des commandes de fresques, frises et plafonds peints à destination de monuments tels que le Kunsthistorisches Museum, le Burgtheater de Vienne ou la Villa Hermès (Lainzer Tiergarten). C’est véritablement à la fondation de la Sécession en 1897 que l’artiste s’affirme comme peintre à part entière, même si le sens de l’ornement et la recherche vers l’unité des arts et de l’architecture resteront ses valeurs maîtresses.

Gustav Klimt, L’Arbre de Vie (étude pour la fresque du palais Stoclet à Vienne)

Gustav Klimt, L’Arbre de Vie (étude pour la fresque du palais Stoclet à Vienne), 1905–1909

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Tempera sur carton • 197 × 91 cm • Coll. MAK (Austrian Museum of Applied Arts), Vienne • © Bridgeman Images/Leemage.

2. Jamais marié, sa vie sentimentale était pourtant très riche

S’il habite chez sa mère et sa sœur jusqu’à sa mort en 1918, Klimt n’a rien d’un vieux garçon… Au contraire, sa libido est débordante et ce cœur d’artichaut collectionne les aventures. L’une d’elles est tout de même durable : c’est l’amour libre qu’il vit à partir de 1891 avec Emilie Flöge, muse qui l’incite à se détacher de l’académisme et à laquelle il lèguera ses biens à sa mort. Klimt fut aussi lié à Alma Mahler : il est, en 1899, le premier baiser de celle qui sera la femme du musicien Gustav Mahler, l’amante d’Oskar Kokoschka et l’épouse de Walter Gropius. Avec ses multiples liaisons, Gustav Klimt conçoit nombre d’enfants naturels, dont le cinéaste Gustav Učicky issu de ses amours avec Maria Učicky.

Gustav Klimt, Emilie Flöge

Gustav Klimt, Emilie Flöge, 1902

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Huile sur toile • 181 × 84 cm • Coll. Wien Museum Karlsplatz, Vienne • © Bridgeman Images/Leemage.

3. Il s’habillait en robe longue

Les photographies d’Emilie Flöge et de Gustav Klimt vêtus de robes longues et voguant sur le lac Attersee nous donnent l’impression de voir les amants du Baiser tout droit sortis de leur tableau. Audacieuse créatrice de mode, Flöge convertit le peintre au vêtement ample dont la liberté de mouvement est sans égale. Empruntant à l’apparat des mages persans et des prêtres byzantins comme au kimono japonais, cet habit revêt une portée universelle et intemporelle, proche des draperies chamarrées qui recouvrent les compositions du peintre. Une tenue qui lui permet d’affirmer son caractère marginal en même temps qu’elle témoigne de l’ambition profonde de la Sécession viennoise : transformer la vie quotidienne à travers l’art.

4. Il imposait des poses très érotiques à ses modèles

Poser pour Klimt était une expérience intime et mieux valait y être préparé. Plus encore après sa rencontre avec Egon Schiele en 1907, le peintre demande à ses modèles féminins de se contorsionner, de prendre des poses lascives et des postures plus que suggestives où leur sexe est bien visible. À l’exception notable de la Danaé de 1907, « visitée » par Zeus sous forme de pluie d’or, cet érotisme est feutré dans les peintures où le corps se voile de tissus irréels et sublimes. Mais Klimt a aussi laissé des dessins dont la crudité n’a rien à envier à ceux de Schiele, représentant par exemple une jeune fille qui se masturbe.

Gustave Klimt, Femme demi nue allongée (se masturbant)

Gustave Klimt, Femme demi nue allongée (se masturbant), 1912–1913

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sanguine sur papier • 36,1 × 56 cm • coll. Leopold Museum, Vienne • © Fine Art Images/Bridgeman Images.

5. Il était aussi un amoureux des jardins

Surtout connu comme peintre de la femme, Klimt savait varier les sujets. Cet amoureux de la nature a laissé 55 paysages peints, ce qui est une part loin d’être anecdotique dans son œuvre. Il en réalise dès les années 1890, mais c’est surtout après sa rupture avec la Sécession en 1910 qu’il revient à ce qu’Yves Kobry nomme « l’art de cultiver son jardin », dans des vues verdoyantes et hédonistes. L’écrivain André Le Vot soulignait la tranquillité de ces paysages du bord de l’Attersee : « Pas de montagnes à la Caspar David Friedrich, pas de jeux de lumière ou de tourbillons à la Turner. C’est un paysage au repos. Pas de tempête, rien de romantique en quelque sorte. C’est quelque chose de feutré qui tient du parc ou du jardin clos, un jardin secret et silencieux. »

Gustav Klimt, Roses sous les arbres

Gustav Klimt, Roses sous les arbres, vers 1905

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Huile sur toile • 110 × 110 cm • coll. Musée d’Orsay, Paris • © Bridgeman Images.

6. Une de ses toiles a été retrouvée dans une poubelle

On connaît le terrible incendie du château d’Immendorf par la SS en mai 1945 dans lequel 13 toiles et 300 dessins de Klimt sont partis en fumée… D’autres œuvres ont fort heureusement connu un destin plus heureux ! Rare portrait tardif repeint sur une composition de 1912, le Portrait d’une dame de 1916–1917 était l’une des œuvres les plus recherchées au monde depuis son vol au musée d’Art moderne Ricci Oddi à Plaisance (Italie), en 1997. Le 10 décembre 2019, l’un des jardiniers du musée découvre un sac poubelle abandonné dans une trappe du jardin, contenant le bien dérobé… Les voleurs, découragés par la vente, espéraient alléger leur peine en « rendant » le butin, dont l’authenticité a été avérée par expertise en janvier dernier.

Gustav Klimt, Portrait d’une dame

Gustav Klimt, Portrait d’une dame, 1916–1917

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Huile sur toile • 55 × 60 cm • Coll. musée d’art moderne Ricci Oddi, Piacenza • Domaine public.

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Gustav Klimt, d’or et de couleurs

Du 10 juin 2020 au 3 janvier 2021

www.bassins-lumieres.com



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