Ce que vous ne saviez (peut-être) pas sur Frida Kahlo


1. Elle donnait une fausse date de naissance

Frida Kahlo vient au monde le 6 juillet 1907 dans la Maison Bleue à Coyoacán, un quartier bourgeois au sud de Mexico – la maison abrite l’actuel musée de l’artiste. Pourquoi alors ment-elle à partir de 1922 en se rajeunissant de trois ans sur son état civil ? Non pas par coquetterie, mais parce que 1910 correspond au début de la Révolution mexicaine ! Le mouvement, instigué par Francisco I. Madero et marqué par la figure d’Emiliano Zapata, a conduit à la chute de Porfirio Díaz et de son régime autoritaire. Par son engagement politique précoce – qui allait se traduire dans l’adhésion au Parti communiste en 1928 – Frida Kahlo fait de l’événement une deuxième naissance.

Frida Kahlo, Autoportrait de Frida Kahlo aux cheveux lâchés

Frida Kahlo, Autoportrait de Frida Kahlo aux cheveux lâchés, 1947

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Huile sur toile • 61 × 45 cm • ©Akg-images

2. Son père était Allemand

Carl Wilhelm Kahlo, père de l’artiste, est né à Bade en Allemagne en 1871. Il s’installe au Mexique vingt ans plus tard où il se fait rebaptiser Guillermo. D’ailleurs, Frida est un prénom germanique synonyme de paix. Il était le choix de Guillermo pour sa troisième fille, mais comme il n’existe pas de sainte Frida au calendrier, ce ne put qu’être le troisième prénom, après Magdalena et Carmen qui, eux, sont éligibles au baptême. Par sa mère Matilde Calderón y González, Frida Kahlo porte aussi des origines espagnoles et amérindiennes. Très attachée à ses parents, fière de son métissage, Frida le revendique dans un arbre généalogique peint, où les racines maternelles sont liées à la terre et le sang paternel est associé au vent.

À gauche : Matilde Calderón et Guillermo Kahlo, parents de Frida Kahlo. À droite : « Mes grands-parents, mes parents et moi » par Frida Kahlo

À gauche : Matilde Calderón et Guillermo Kahlo, parents de Frida Kahlo. À droite : « Mes grands-parents, mes parents et moi » par Frida Kahlo, 1936

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Huile sur toile • 30,7 × 34,5 cm • Museum of Modern Art, New-York • © Akg-images / Album / © Akg-images

3. Elle aurait dû être médecin

Selon sa première volonté, Frida Kahlo aurait dû être connue comme une scientifique et non comme une artiste. Dans sa jeunesse, les sciences naturelles l’attirent plus encore que l’art auquel son père photographe l’initie. C’est avec une immense fierté qu’à quinze ans, en 1922, elle intègre l’Escuela Nacional Preparatoria, devenant l’une des 35 filles parmi les quelque 2000 élèves du prestigieux établissement. Elle rêve de devenir médecin mais ses problèmes de santé en décident autrement : atteinte de polio à six ans, Frida est handicapée à vie. En 1925, un terrible accident de bus l’immobilise des mois durant. Opérée une trentaine de fois jusqu’à sa mort en 1954, elle connaîtra surtout la médecine en tant que patiente…

Frida Kahlo

4. Elle a eu une liaison avec Léon Trotski

Si les frasques extra-conjugales de Diego Rivera sont bien connues, Frida Kahlo avait du répondant, n’hésitant pas à entretenir des relations avec des hommes comme avec des femmes. En janvier 1937, le Mexique accorde l’asile politique à Léon Trotski, figure de la Révolution russe de 1917, désormais condamné dans son pays, à l’heure des purges staliniennes. Communistes mais défiants à l’égard de Staline, Diego et Frida accueillent pendant deux ans l’Ukrainien et sa femme dans la Casa Azul de Coyoacán, où un espace aménagé en forteresse leur est réservé. Léon et Frida, que 28 ans séparent, deviennent amants. Une aventure brève mais intense qui se terminera sans éclat puisque l’artiste marque ce terme en offrant un autoportrait au révolutionnaire, Entre les rideaux dit aussi Autoportrait dédié à Léon Trotski, accompagné d’une dédicace enflammée. Le révolutionnaire laissera l’œuvre derrière lui lorsqu’il déménagera en 1939, quelques mois avant son assassinat par Ramón Mercader.

À gauche : « Autoportrait dédié à Léon Trotski » par Frida Kahlo (1937). À gauche :  Trotski trouve refuge à Mexico, ici accompagné de son épouse, Natalia Sedova, à gauche, et Frida Kahlo, à droite

À gauche : « Autoportrait dédié à Léon Trotski » par Frida Kahlo (1937). À gauche : Trotski trouve refuge à Mexico, ici accompagné de son épouse, Natalia Sedova, à gauche, et Frida Kahlo, à droite, 1937

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Huile sur toile et photographie en noir et blanc • 30 x 24 cm • National Museum of Women in the Arts, Washington / The Illustrated London News Picture Library, London • © Akg-images / © Bridgeman Images

5. Elle a peint plus d’autoportraits que Rembrandt et Van Gogh

C’est en effet lorsqu’elle est alitée en 1925 que Kahlo se lance dans la peinture. Elle demande qu’on lui installe un vaste miroir au plafond afin de pouvoir saisir son image. Quand on parle d’autoportraits, nous viennent immédiatement en tête les noms de Rembrandt (47 autoportraits) et Van Gogh (37 autoportraits). La Mexicaine surpasse les Néerlandais puisqu’elle en réalisa 55, plus du tiers de sa production. Elle se représente seule ou en double, dans sa chambre ou dans la jungle. Loin d’idéaliser son image, Frida Kahlo expose dans cette série les tragédies qui l’ont forgée, des fausses couches aux opérations douloureuses.

Frida Kahlo, Autoportrait au collier d’épines

Frida Kahlo, Autoportrait au collier d’épines, 1940

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Huile sur toile • 63,5 × 49,5 cm • Harry Ransom Humanities Research Center, University of Texas, Austin • ©Akg-images / Erich Lessing

6. Elle détestait Paris… et les surréalistes

En septembre 1938, Frida Kahlo rencontre André Breton lors du séjour de ce dernier à Mexico. Breton décrit la peinture de Kahlo et de Rivera comme « un ruban autour d’une bombe ». L’artiste mexicaine se lie avec le fondateur du Surréalisme et plus encore avec sa femme Jacqueline Lamba. Pour une exposition, elle se rend à Paris l’année suivante mais trouve la ville sale et se prend d’aversion pour les surréalistes qu’elle décrit comme une « bande de fils de putes lunatiques ». Elle se refuse à être la caution exotique du mouvement, dont elle ne partage pas du tout les vues : « Je n’ai jamais peint de rêves. Ce que j’ai représenté était ma réalité. »

Tony Frissell, Frida Kahlo tenant la feuille d’une plante d’agave, lors d’une séance photo pour le magazine Vogue

Tony Frissell, Frida Kahlo tenant la feuille d’une plante d’agave, lors d’une séance photo pour le magazine Vogue, 1937

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Frida Kahlo par Lucienne Bloch

Du 15 décembre 2020 au 14 mars 2021

www.lagaleriedelinstant.com



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