Botticelli, peintre féministe et chef d’entreprise


On ne connaît jamais un peintre. Un principe d’incertitude nous oblige chaque fois à le redécouvrir, qui n’est pas seulement lié à la succession des époques et à l’accumulation des savoirs. Sandro Botticelli (1445–1510) en fournit un bel exemple. Après la gloire initiale sont venus les siècles d’oubli, oblitéré qu’il était par d’autres géants, Léonard de Vinci, Michel-Ange et Raphaël au premier chef. Néanmoins, la recherche savante s’est efforcée de satisfaire l’enthousiasme du public moderne qui le tient désormais au rang incontesté des artistes les plus fascinants. Il n’est qu’à voir la profusion des reproductions du Printemps et de la Naissance de Vénus (vers 1482 et 1485, Galerie des Offices, Florence, ill. ci-dessous) qui envahissent la Toile, comme le prix à peu près sans limite de ses rares enchères.

Ce sont une demi-douzaine d’expositions majeures qui au XXe siècle ont contribué à sa redécouverte progressive, la dernière en date en France étant la mémorable rétrospective de Daniel Arasse, au musée du Luxembourg, il y a près de vingt ans. Était donc bienvenue la nouvelle exposition de Pierre Curie, conservateur du musée Jacquemart-André, et Ana Debenedetti, ancienne conservatrice au Victoria & Albert Museum de Londres, aujourd’hui responsable des expositions de Culturespaces, entreprise gestionnaire du musée. Elle adopte un angle délibérément pédagogique tout en faisant la part belle aux chefs-d’œuvre emblématiques ayant pu être transportés.

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