« BITCOIN cata écologique », fin de la légende ?


L’excellent article « Quel est l’impact écologique réel de Bitcoin ? », de Cyril Fievet dans le dernier numéro d’Usbek & Rica, remet les pendules à l’heure. Il cite des universitaires et des universités, Cambridge, Marc Bévand, Pierre Noizat, tous apportant leurs arguments sur le ridicule du procès en pollution fait à Bitcoin.

Mais l’article cite aussi et nous fait découvrir une spécialiste de l’énergie durable, la professeure Katrina Kelly-Pitou. Cette « Energy System Strategist » chez SmithGroup, Detroit, Docteur en philosophie (PhD), spécialisée environnement et développement des ressources naturelles, écrivait en aout 2018 un court article sur le site « The conversation » au sujet de Bitcoin et énergie. Enfin, une spécialiste, professionnelle du développement des énergies durables, réagissait à la cascade de papiers qui faisaient de bitcoin, contre toute logique, une catastrophe écologique en puissance.

Son article (traduit par google et bibi, disponible plus bas) [1] tord le cou aux idées reçues, et jette un pavé dans la mare des écolo- énergo-spécialistes : eux condamnent Bitcoin sans appel puisqu’ils ne voient qu’une drastique réduction de notre utilisation de l’électricité comme solution au dérèglement climatique. Quand 570 millions de foyers n’ont pas encore accès à la lumière.

570 millions de foyers n’ont pas accès à l’électricité.

C’est un rapport de l’ONU « un accès durable à l’énergie est-il possible en Afrique subsaharienne d’ici 2030 ? », qui nous livre cette estimation. L’Afrique compte les 2/3 de ces populations privées d’électricité. Ce rapport est très clair : le réseau central ne permet pas d’alimenter ces populations éloignées, ce sont des productions durables et décentralisées qui permettront de viser cet objectif (2030).

Mais le rapport note : « Il convient d’être prudent dans le dimensionnement de ces solutions distribuées car si elles sont sous-dimensionnées, elles risquent d’être insuffisantes pour répondre à la demande croissante des différents secteurs et donc d’exacerber les inégalités, tandis qu’un surdimensionnement pourrait rendre le système économiquement non viable tant pour les utilisateurs que pour les entreprises qui le gèrent. »

En quoi la Proof of Work pourrait être un fabuleux acteur du développement du renouvelable ?

L’ONU nous l’explique ici : c’est difficile de dimensionner un nouveau réseau électrique : trop petit, c’est raté, trop gros, c’est la faillite. Sauf que le trop gros d’aujourd’hui correspond au besoin de demain.

Et si le mining venait acheter les surplus du trop gros, en attendant la demande ? C’est la seule industrie à pouvoir le faire… et c’est ce qu’elle fait. Alors oui, le mining est une opportunité dingue pour les énergies renouvelables, pour le solaire et l’éolien, comme plus évidemment pour l’hydro.

Bien sûr, il existe et même s’ouvre encore des fermes de minage sur des installations carbonées. Mais la bataille est perdue d’avance, les centrales au charbon verront partir leurs clients mineurs un à un. Le hashrate mondial bat son record historique tous les mois, quand le cours est à 60% de son ATH. Pour faire simple, depuis le pic de 2017, le prix a perdu 40%, et le hashrate (la concurrence mondiale) a progressé de… 1000%. Ajoutez un petit halving qui divise la récompense par deux, les mineurs n’ont plus le choix : trouver du jus moins cher que pas cher, ou préparer leur reconversion. Parce que les prix des hydrocarbures remonteront, et le prix de leur KWh aussi. Et parce qu’il y a de la place, chez les producteurs de renouvelable : « les mineurs ne sont même pas capables d’employer plus qu’une petite fraction de l’énergie hydroélectrique qui est gaspillée aujourd’hui » affirme Marc Bevand ; cela clôt la discussion :

Le bashing anti bitcoin sous couvert d’écologie est un contresens, cela commence à se savoir et à être fort documenté, il devient difficile pour la presse et pour les politiques d’user de cette banderille sans faire montre d’incompétence. Parce que c’est un fait qui se vérifie sur tous les continents, Bitcoin a vocation à accompagner le développement des énergies renouvelables, celles qui vont permettre d’apporter l’électricité aux populations hors réseau central, partout dans le monde.


A propos de l’auteur

Sébastien Gouspillou est cofondateur et Président de BigBlock Datacenter, société nantaise qui conçoit et gère à travers le monde des unités dédiées au « minage » de bitcoins.


Le mot « bitcoin » est susceptible de susciter aussi bien une excitation fébrile que des critiques explosives. La communauté financière voit des promesses spéculatives sous la forme d’un commerce qui a actuellement peu ou pas de réglementation. Dans le même temps, d’autres affirment que c’est une distraction néfaste pour les institutions financières américaines.

La consommation d’énergie de Bitcoin est devenue un sujet de discussion récent dans le débat. Un article de Forbes publié le 30 mai dernier indique que le bitcoin augmente considérablement la consommation d’énergie mondiale – et que l’électricité est son « talon d’Achille ».

Je suis une chercheuse qui étudie la technologie des énergies propres, en particulier la transition vers des systèmes énergétiques décarbonés. Je pense que la discussion autour du bitcoin et de l’énergie a été simplifiée à l’extrême.

Les nouvelles technologies – comme les centres de données, les ordinateurs et avant eux les trains, les avions et les automobiles – sont souvent énergivores. Au fil du temps, tous ces éléments sont devenus plus efficaces, c’est une progression naturelle de toute technologie : économiser de l’énergie équivaut à réduire les coûts.

En parlant spécifiquement de la seule consommation énergétique, je pense que beaucoup ne comprennent pas l’un des avantages les plus fondamentaux des systèmes d’énergie renouvelable. La production d’électricité peut augmenter tout en conservant un impact minimal sur l’environnement. Plutôt que de se concentrer sur la quantité d’énergie utilisée par le bitcoin, la discussion devrait se concentrer sur qui le produit réellement – et d’où vient son pouvoir.

Comptage de la consommation

L’électricité représente 90% du coût d’exploitation du bitcoin. En tant que tel, l’extraction de bitcoins utilise une quantité d’énergie considérable : quelque part entre 30 térawattheures environ rien qu’en 2017. C’est autant d’électricité qu’il faut pour alimenter toute la nation irlandaise en un an.

En effet, c’est beaucoup, mais pas exorbitant. Les services bancaires consomment environ 100 térawatts d’énergie par an. Si Bitcoin devait voir grossir de 100 fois la taille actuelle du marché, il ne représenterait toujours que 2% de toute la consommation d’énergie.

Sources d’énergie

Bitcoin consomme certainement une quantité croissante d’énergie dans le monde, mais augmente-t-il la consommation mondiale de carbone ? Les mineurs de Bitcoin se sont traditionnellement installés en Chine, où le charbon fournit 60% de l’électricité du pays.

Mais aujourd’hui, l’exploitation minière de bitcoins explose dans les zones à faible consommation d’énergie, comme le nord-ouest du Pacifique. L’électricité y est principalement bon-marché en raison de la disponibilité massive de l’hydroélectricité, une ressource à faible émission de carbone.

L’extraction de Bitcoin en Chine, avec une source d’électricité largement fossile, peut en effet être problématique. La Chine est déjà l’un des principaux contributeurs mondiaux d’émissions de carbone. Cependant, l’extraction de bitcoins en Oregon ? Pas la même chose. Tous les types de production d’énergie n’ont pas la même incidence sur l’environnement, et le monde ne dépend pas uniformément des mêmes types de production dans les États et les marchés.

En Europe, par exemple, l’Islande est en train de devenir un endroit populaire pour l’extraction de bitcoins. Cette nation dépend de près de 100% d’énergie renouvelable pour sa production. Un approvisionnement abondant en énergie géothermique et hydroélectrique rend la demande d’électricité des bitcoiners bon marché et presque sans importance.

De même, dans le nord-ouest du Pacifique, propulsé par l’hydroélectricité, les mineurs peuvent encore s’attendre à réaliser des bénéfices sans contribuer fortement aux émissions de carbone.

Le juste débat

Comme de nombreux autres aspects de l’industrie énergétique, le bitcoin n’est pas nécessairement un « méchant ». Il s’agit simplement d’une nouvelle industrie mal comprise.

Le débat sur la consommation d’énergie et le bitcoin est, je pense, injuste sans discuter de l’intensité énergétique des nouvelles technologies en général, en particulier dans les centres de données.

Plutôt que de discuter de la consommation d’énergie du bitcoin en général, les gens devraient discuter de la production de carbone du bitcoin et comprendre si certaines villes minières ajoutent à un fardeau environnemental déjà important.

Bien qu’il y ait eu de nombreuses discussions dans les médias sur la consommation d’énergie de Bitcoin, je ne suis au courant d’aucune étude qui calcule réellement l’empreinte carbone comparative du processus Bitcoin.

La consommation mondiale d’électricité augmente globalement. L’Energy Information Administration des États-Unis prévoit que l’utilisation mondiale augmentera d’environ 28% au cours des deux prochaines décennies. Mais l’augmentation de la consommation d’énergie n’est mauvaise que si nous ne nous dirigeons pas vers une production d’énergie moins dense en carbone. Jusqu’à présent, il semble que seuls les mineurs se tournent actuellement vers des régions plus propres du monde.

Alors peut-être que les gens devraient cesser de critiquer le bitcoin pour son intensité énergétique et commencer plutôt à mettre en cause les États, les nations qui continuent à fournir aux nouvelles industries une électricité sale.



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