Appel solennel de vignerons européens à maintenir la régulation viticole


Les vignerons espagnols, français, italiens et portugais ont lancé un appel solennel à Bruxelles pour sauvegarder le système des « autorisations de plantations de vigne », et mettre un terme à la dérégulation agricole européenne.

Ce système, revu en 2013 lors de la dernière révision de la Politique agricole commune (Pac), permet une régulation des droits de plantation au niveau européen jusqu’en 2030, et donc des volumes de vin produits chaque année.

La Fédération européenne des vins d’origine (EFOW) qui réunit les appellations viticoles espagnoles, françaises, italiennes et portugaises, soit les principaux producteurs et exportateurs mondiaux de vin, a écrit aux ministres de l’agriculture des grands pays viticoles, et à la présidence allemande du conseil, pour demander un maintien du système, indique EFOW dans un communiqué mercredi.

« Le système de régulation des plantations de vigne, mis en place il y a une cinquantaine d’années, permet une politique cohérente des prix et de la qualité et doit être prolongé au-delà de 2030 » a déclaré mercredi le président du syndicat des viticulteurs de Champagne, Maxime Toubart, lors d’une conférence de presse à Paris.

Il s’agit du dernier outil de régulation de production existant dans l’Union européenne agricole, après la levée des quotas laitiers en avril 2015 et sucriers en octobre 2017, qui ont toutes deux débouché sur des crises de surproduction dans leurs secteurs respectifs.

Pour Thiebault Huber, président des vignerons de Bourgogne (CAVB), la viticulture « ne coûte pas cher à l’Europe, reçoit très peu de subventions, mais a besoin d’outils pour réguler et gérer ses plantations et ainsi maintenir la qualité et la notoriété des vins européens ».

« Une libéralisation des autorisations de plantation en Europe nivellerait le vin vers le bas, et favoriserait les gros » a-t-il résumé devant la presse.

Prenant l’exemple de la Bourgogne, il a souligné que la région disposait d’un potentiel de plantation de 20 000 hectares, mais qu’elle limitait entre 2 et 3 000 hectares les plantations nouvelles chaque année, pour ne pas inonder le marché.

« Lorsqu’on plante une vigne, c’est pour 30 ou 40 ans », a ajouté Patrick Raguenaud, président du syndicat général de Cognac, raison pour laquelle les viticulteurs ont besoin d’être rassurés « dès maintenant » sur le cadre de la prochaine Pac. « Cette vision est partagée aussi bien par les viticulteurs que par les négociants », a-t-il assuré.



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