À Londres, où les graffeurs sont rois


La grue du Belge ROA sur Hanbury Street

La grue du Belge ROA sur Hanbury Street

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© AC Manley / Alamy / Hemis

Sis dans l’est de Londres, Shoreditch est assurément un des temples du street art européen. Le paysage créatif s’y renouvelle sans cesse, car il n’est pas rare ici qu’un graffeur superpose son blaze à une fresque plus ancienne. Comme une manière de rendre hommage à l’œuvre préexistante, ou au contraire pour refléter un désaccord profond ! L’enfant terrible du pays, Banksy, s’y est souvent illustré (deux de ses pièces ont d’ailleurs été préservées dans la cour d’un bar de Rivington Street), tout comme les plus grands noms du street art. Et les styles qui s’affichent sur les murs sont aussi divers que l’histoire du quartier.

Ce qu’il faut savoir

Saviez-vous que Shoreditch avait été le terrain de jeu de Shakespeare au XVIe siècle ? Les autorités puritaines interdisaient la construction de théâtres dans Londres, et c’est dans cette zone située à l’époque hors de leur juridiction que les premières pièces du dramaturge furent jouées. Shoreditch fut ainsi très tôt au cœur de l’actualité artistique de la cité. Et l’installation progressive de vagues d’immigrants, des tisseurs de soie huguenots français au XVIIe siècle aux populations indiennes et bangladeshi à partir des années 1950, a contribué à la richesse de son patrimoine culturel. Les artistes y trouvèrent refuge dans les années 1990, en quête d’espace dans une ville aux loyers exponentiels, entraînant avec eux la gentrification du quartier.

Aujourd’hui, Shoreditch est devenu l’épicentre du street art à Londres. Brick Lane et les rues attenantes condensent une quantité folle de créations, pour la plupart éphémères. Les fresques apparaissent et disparaissent au gré des commandes et surtout des humeurs des graffeurs ! Parmi celles qui demeurent, un couple en noir et blanc de bonshommes allumettes sur fond rouge a conquis le cœur des passants. Cette ode à l’amour et à la diversité est signée Stik, ancien SDF du quartier. Certaines œuvres se font discrètes, comme les visages sculptés du Français Gregos qui égaient les façades de leurs mimiques facétieuses. D’autres sont gigantesques, comme cette grue de neuf mètres de haut du Belge ROA sur Hanbury Street.

Un peu plus loin sur Holywell Lane se tient le plus grand mur voué à l’art urbain à Londres. Le Village Underground, espace dédié à la culture alternative, a ainsi porté les messages de nombreux artistes, des lettres vibrantes de Ben Eine aux figures familières de Thierry Noir et Stik, en passant par le maître argentin de la discipline Martín Ron et la Française Zabou. Sur le toit de l’ancien entrepôt, quatre wagons du métro londonien recyclés en ateliers de création sont eux aussi couverts de graffitis. Comme si le street art voulait ici étendre ses racines urbaines jusqu’au ciel, faisant sien l’adage : « The sky is the limit  » !

Street art sur Hackney Road

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© Urban Art / Alamy / Hemis

Les wagons de métro recyclés sur le toit de Village Underground, Shoreditch

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© Justin Kase zsixz / Alamy / Hemis

Les personnages amoureux de Stick, dans le quartier de Brick Lane

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© Eden Breitz / Alamy / Hemis



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