À Dakar, un musée à ciel ouvert



À Dakar, la Médina donne le pouls culturel de la cité. Et dans une ville où plus de la moitié de la population a moins de 20 ans, le street art est un moyen accessible d’expression créative. Depuis 2010, les murs de la Médina servent ainsi de canevas à une multitude d’artistes, sénégalais bien sûr, mais aussi originaires d’autres pays d’Afrique et d’Europe. Le quartier, qui a vu naître des personnalités comme le célèbre musicien Youssou N’Dour, s’enorgueillit de cette galerie à ciel ouvert qui attire de plus en plus de visiteurs.

Ce qu’il faut savoir

À l’origine du projet de revitalisation des murs de la Médina se tient un homme : Mamadou Boye Diallo. Le Dakarois de 32 ans a créé en 2010 l’association Yataal Art, « élargir l’art » en wolof, afin de promouvoir le talent des jeunes artistes du quartier où il est né. Ce personnage hétéroclite, passionné de culture urbaine, est ainsi devenu le curateur officiel des expositions accessibles à tous qui émergent dans la Médina.

Inutile à Dakar d’obtenir l’approbation de la ville pour peindre des œuvres de street art : il suffit que les propriétaires des murs concernés donnent leur accord. Diallo et les graffeurs mandatés donnent ainsi une seconde vie aux maisons historiques du quartier. Ils espèrent par exemple sauver de la destruction un vieil édifice de 1914 sur lequel un collectif venant des Canaries, Sabotaje Al Montaje, a peint le regard saisissant d’un jeune garçon déterminé.

Pape Diop est, comme Diallo, originaire du quartier. Il a recouvert de ses fresques plusieurs murs et trottoirs de la Médina, prenant ce que la rue lui donne comme pinceau : un bout de charbon, un reste de café, un mégot de cigarette… Ce qui compte le plus aux yeux de Diallo, c’est que l’art soit accessible à tous, et présent partout. Selon le curateur, il ne fut pas aisé au départ de convaincre les habitants de l’intérêt du street art. Nombreux sont ceux qui tentèrent de monnayer le procédé, avant de réaliser qu’il était dans l’intérêt économique de la communauté. Car la Médina est véritablement devenue le centre de la culture urbaine de Dakar. Et entend bien le rester.



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