10 films que Marvel préférerait oublier – Actus Ciné


Le studio Marvel n’a pas toujours été mené par Kevin Feige avec une vision et une volonté de créer un univers connecté. Il fut un temps où la firme bradait les droits de ses héros par besoin d’argent et ça a donné des films à la qualité… relative.

D.R.

BLADE TRINITY (2004)

Bien avant le retour en force de la figure du vampire avec la saga Twilight, le premier film Blade avait été un succès (131 millions de dollars récoltés dans le monde pour un budget de 45) et a fait de son acteur principal, Wesley Snipes, une véritable star ! Le deuxième opus a fait mieux (155 millions pour 50 de budget), notamment grâce à l’apport du réalisateur Guillermo Del Toro, mais on ne peut pas en dire de même pour Blade Trinity. Réalisé par le scénariste des trois films David S. Goyer, le long métrage a connu plusieurs problèmes pendant son tournage à cause de l’interférence constante du studio.

Par ailleurs, Snipes traversait une période difficile de sa vie (il souffrait alors de dépression nerveuse), préférait ignorer la plupart du casting, se faire appeler Blade sur le plateau et n’adressait pas la parole au réalisateur. Certains jours, il ne quittait même plus sa caravane et communiquait la plupart du temps par post-its. Mal reçu par le public pour son manque de crédibilité et sa réalisation passe-partout, le film fera le même box-office que le premier film mais pour un budget de 65 millions.

Une série télé suivra en 2006, sans grand succès, et toujours avec Goyer aux commandes, avant que les droits du personnage ne reviennent à Marvel Studios, qui envisage un nouveau film, dans lequel le chasseur de vampires sera cette fois incarné par Mahershala Ali.

 

CAPTAIN AMERICA (1991)

Bien avant Chris Evans et First Avenger (2011), Captain America avait eu droit à plusieurs adaptations live. Dès 1944, les aventures de ce héros très patriotique sont adaptées en serial et, en 1979, CBS diffuse deux téléfilms qui s’intéressent cette fois au fils de Steve Rogers réunis en DVD sous le titre Captain America – Steve Rogers Chronicles ! En revanche, ceux qui ont vu le film de 1991 avec Matt Salinger, le fils de l’auteur J.D. Salinger (L’attrape-coeurs), sont un peu plus nombreux.

Dès 1984, ce projet est lancé mais va connaître plusieurs revers de médaille changeant de scénaristes et de réalisateurs à plusieurs reprises. Au final, c’est Albert Pyun, pro en matière de films d’action et de séries B, comme Cyborg, Kickboxer 2, Aliens from L.A., qui récupère le bébé. Malheureusement pour lui, la suite des évènements n’est pas plus facile et il voit le budget du film baisser durant la production et sa version finale changée.

Super cheesy, kitsch au possible et immensément ridicule, Captain America est un vrai nanar avec des scènes gnangnan, de l’action bricolée et un méchant hilarant (et italien). Finalement, on déteste souvent, mais on aime aussi beaucoup tellement certaines scènes sont à tomber de rire. Le résultat final est loin d’être une réussite et le film, qui devait sortir en 1990 sur le grand écran pour les 50 ans de Captain, n’a finalement eu droit qu’à une sortie vidéo deux ans plus tard (même s’il est sorti dans certains pays).

DOCTOR STRANGE (1978)

Près de 40 ans avant son lancement sur le grand écran américain, le personnage de Doctor Strange a connu une adaptation en 1978, un téléfilm destiné à servir de pilote pour une éventuelle série télé. Malheureusement, suite à des mauvaises audiences, la chaîne américaine CBS décida de se passer des services du sorcier marvelien et ne commanda jamais la série.

Ce qui est plutôt dommage, puisque, pour l’époque, Doctor Strange n’était pas si horrible que ça. Bien entendu, l’action n’est pas au top, les costumes sont ridicules -sans parler de la moustache de playboy pervers de Peter Hooten– mais quelques petites qualités se cachaient derrière le ratage. Quand on y pense, le pilote de L’incroyable Hulk était, certes, mieux et plus rythmé mais pas moins kitsch vu d’aujourd’hui !

En somme, ce Doctor Strange avait du potentiel et le format sériel aurait parfaitement collé à ce personnage, mais l’équipe n’aura jamais eu l’opportunité de nous le prouver. Heureusement, en 2016, Marvel a redonné une nouvelle aura au sorcier sous les traits de Benedict Cumberbatch. Après une mention dans Le Soldat de l’hiver, une première aventure solo en 2016, une scène de Thor 3 et les deux derniers Avengers en date, on reverra le héros dans Doctor Strange in the Multiverse of Madness.

ELEKTRA (2005)

On le sait bien, les détracteurs de Daredevil sont nombreux. Mais, il n’empêche que le film avec Ben Affleck a été mieux reçu que son spin-off, Elektra, tant au niveau de la critique, certes très mitigée, que du public… Et quand un film original n’est pas très bien reçu, il y a de fortes chances pour que le spin-off qui suive se plante. Dans le cas d’Elektra, ça n’a pas loupé. Surtout que Daredevil n’était pas son seul défaut…

Réalisé par Rob Bowman (Le Règne du feu, The X-Files), Elektra sort en salles en 2005, deux ans après Daredevil, Jennifer Garner reprenant (et ressuscitant) pour l’occasion son rôle de tueuse. L’histoire reste très classique, avec un mélange de (trop) nombreux flashbacks racontant l’apprentissage de l’héroïne, des tas de méchants et une bluette avec un père et sa fille. Le scénario est bancal, certains dialogues et situations totalement clichés. Et même si le film bénéficie d’une photographie beaucoup plus agréable que celle de Daredevil, subsiste un vrai goût d’inachevé. Ce qu’on attendait d’un personnage aussi badass qu’Elektra n’apparaît pas comme il faudrait dans le film. Et ce dernier aurait été d’un bien meilleur calibre si le studio avait mieux compris l’héroïne.

Malgré les efforts de la talentueuse Jennifer Garner, Elektra est, sans surprise, un vrai échec en salles. Loin d’être rentable, il arrive aux Etats-Unis à la deuxième place des plus mauvaises performances pour un film Marvel, derrière Howard, une autre race de héros (il est aujourd’hui à la troisième place depuis la sortie de The Punisher : Zone de guerre, voir plus bas !). Seules les ventes en DVD rattraperont un peu la catastrophe.

Il n’en reste pas moins que la tentative était belle, tant les films consacrés entièrement à une super-héroïne étaient rares à l’époque. La Catwoman de chez DC, sorti un an plus tôt, avait récolté encore plus de fureur et de larmes. Au moins, l’Elektra du ciné possède, elle, sa fanbase !

 

GHOST RIDER (2007 et 2012)

En 2007, Marvel est à l’aube d’un véritable âge d’or sur grand écran, sur le point d’apposer ses premières pierres au Marvel Cinematic Universe avec les aventures de Thor et d’Iron Man (entre autres). La Maison des Idées possède déjà à son actif d’incontestables succès (la trilogie Spider-Man de Sam Raimi, la saga X-Men), ainsi qu’une myriade de réussites plus conventionnelles (Les 4 FantastiquesDaredevilHulk).

En termes de score au box-office, Ghost Rider remplit d’ailleurs lui aussi son contrat. S’il figure en bonne place de ce dossier, c’est à sa réception publique et critique que Johnny Blaze le doit. Avant que n’arrive l’époque bénie des Avengers, le super-héros damné semble récolter les foudres du monde entier.

Mais pas suffisamment pour reculer devant un deuxième opus, qui sortira 5 ans après le premier, et pour lequel les avis seront tout aussi unanimes. La pauvreté du scénario, le cabotinage de Nicolas Cage, la trahison de l’œuvre originale… Les raisons ne manquent pas pour atomiser le film. Ni les acrobaties exécutées par les réalisateurs (d’anciens cascadeurs) ni la préparation psychologique de Nicolas Cage (l’acteur aurait, selon son partenaire à l’écran Idris Elba, passé la nuit dans un château en ruines de Transylvanie, où avait lieu le tournage du film) n’ont réussi à justifier le long métrage auprès du public.

 

HOWARD, UNE AUTRE RACE DE HEROS (1986)

On ne peut pas gagner à tous les coups ! Véritable visionnaire à la fin des années 80, George Lucas achève de conquérir le monde à coups de sabres lasers, de droïdes et autres Ewoks. Son idée de porter au cinéma un personnage Marvel méconnu ne manque pourtant pas de potentiel. La success-story qu’ont vécu Les Gardiens de la galaxie le prouve suffisamment. Lucas a peut-être tout simplement misé sur le mauvais cheval (ou le mauvais canard).

Réalisées par Willard Huyck (le scénariste d’American Graffiti et d’Indiana Jones et le temple maudit), les aventures du palmipède de l’espace débarquent en salles en 1986. Et Howard se révèle bien vite être un canard boiteux. Le naufrage est total, et sur tous les plans. Considéré comme l’un des plus gros échecs commerciaux de l’Histoire du cinéma, Howard peine à trouver son public et accuse, au final, un déficit de 21 millions de dollars ! Côté critique, la presse se déchaine et les Razzies du cinéma attribuent au pauvre canard une pluie de “récompenses”.

Désormais tristement célèbre, Howard aurait même obligé George Lucas à revendre sa division animation et à conserver les copies de son film maudit dans un coffre-fort, dissimulé au fin fond du ranch Skywalker.

Ce n’est que très récemment que le vilain petit canard a finalement été autorisé à sortir de sa cachette. Son aura a beau avoir été forgée par un échec, elle ne lui en a pas moins conféré une place de choix dans le cœur des fans. On peut ainsi l’apercevoir dans la scène post-générique des… Gardiens de la Galaxie justement, ainsi que dans une version haute définition, disponible depuis 2015.

 

MAN-THING (2005)

Beaucoup moins connu que certains de ses comparses de papier, l’Homme-Chose – créé quelques mois à peine avant la version DC Comics The Swamp Thing – a lui aussi eu droit à son adaptation live. A l’époque, Marvel avait trouvé un accord avec Artisan Entertainment pour développer à l’écran certains des héros méconnus de son catalogue.

Réalisé par Brett Leonard, à qui l’on doit Programmé pour tuer avec Denzel Washington, ce film prenait effectivement de grandes libertés par rapport aux comics. Le pauvre Homme-Chose n’étant ici qu’une sorte de méchant de seconde zone, dont les origines restaient bien brouillonnes et dont la profondeur a été bien gommée. Ajoutez à cela un agenda serré, un budget réduit, un tournage en Australie pour représenter la Louisiane, et vous avez une belle occasion manquée.

Tourné d’août à octobre 2003, Man-Thing est initialement prévu pour le marché vidéo, avant qu’une sortie en salles ne soit imaginée pour quelques marchés ciblés. Les projections tests s’avérant désastreuses, le film fut d’abord gardé secret avant qu’il ne finisse diffusé à la télévision sur la chaîne SyFy le 30 avril 2005.

 

NICK FURY: AGENT OF S.H.I.E.L.D. (1998)

Si beaucoup de fans connaissent ce film Marvel avec David Hasselhoff en Nick Fury, peu nombreux sont ceux qui l’ont effectivement vu. Plus d’une décennie avant que Samuel L. Jackson n’incarne le personnage, Nick Fury était déjà apparu sur les petits écrans. Car il s’agit bien d’un téléfilm diffusé en 1998, axé sur Fury, ancien agent du S.H.I.E.L.D. sorti de sa retraite car HYDRA menace encore la sécurité du monde ! Doté d’un petit budget, ce qui devait être le pilote d’une série pour la FOX restera lettre morte.

Nick Fury: Agent of S.H.I.E.L.D. est représentatif de la période au cours de laquelle Marvel, en difficulté financière, vendait les droits de ses personnages au plus offrant, sans se soucier du résultat final. Mauvaise utilisation des personnages, manque de moyen criant, surjeu d’Hasselhoff, mollesse de l’ensemble, on comprend que la prochaine tentative d’une série sur l’agence de contre-espionnage de l’univers Marvel attende 2013 et le succès du personnage de Phil Coulson (Clark Gregg) dans les films de la Phase 1 du MCU.

 

THE PUNISHER : ZONE DE GUERRE (2008)

Lorsque le projet est annoncé, l’acteur Thomas Jane est pressenti pour reprendre le rôle qu’il tenait déjà dans un précédent film sorti en 2004, mais renonce en voyant que le scénario est sans aspect sombre. L’atmosphère qu’il attendait était présente dans le scénario R-Rated écrit par Kurt Sutter (Sons of Anarchy) qui a été rejeté au profit d’un scénario plus fantaisiste signé Nick Santora. En conséquence, Sutter a demandé à ne pas figurer au générique. Thomas Jane refusant de revenir, le concept de faire une suite à Punisher n’a plus de sens et le film devient un reboot. 

Le réalisateur du premier Punisher, Jonathan Hensleigh, a lui aussi jeté l’éponge, comme John Dahl, qui a un temps été pressenti. C’est l’ancienne cascadeuse et réalisatrice de Hooligans Lexi Alexander qui est choisie, avec la promesse du studio de pouvoir faire un film extrêmement violent. Le casting commence, Ray Stevenson est préféré pour jouer Frank Castle, et Freddie Prinze Jr propose une version intéressante du méchant du film, Jigsaw. La réalisatrice est convaincue par la prestation de ce dernier, mais le studio s’oppose à son choix, et c’est finalement Dominic West qui jouera le supervilain défiguré. Ce n’est pas le seul revers que connaît Alexander puisque son compositeur est viré au profit de Michael Wandmache, à qui le studio Lionsgate demande une musique plus sombre.

Au final, le long métrage est meilleur que les versions de 1989 (avec Dolph Lundgren) et celle de Jane, sans toutefois être un très bon film. La violence et le gore sont là, l’ambiance aussi, mais le scénario simpliste et le cabotinage de beaucoup d’acteurs nuisent à l’ensemble. Si Marvel veut oublier The Punisher : zone de guerre, c’est surtout parce qu’il est à ce jour le film Marvel ayant le moins rapporté au box-office : à peine 10 millions de dollars engrangés pour un budget de 35 millions. Après cet échec, les droits cinématographiques du personnage de Frank Castle reviendront dans le giron de Marvel Studios, qui en fera une très bonne série Netflix de deux saisons portées par Jon Bernthal.

 

LES QUATRE FANTASTIQUES (1994)

Alors que Mr Fantastic, la Femme Invisible, la Torche et la Chose s’apprêtent à faire leur retour en grande pompe sous la bannière de Marvel Studios, on peine à se souvenir qu’il y a plus de 25 ans, la petite bande était loin d’être aussi bien lotie. Et si notre mémoire se trouble quelque peu, c’est probablement parce que la toute première version des 4 Fantastiques, réalisée en 1994 par Oley Sassone, n’a jamais trouvé son chemin jusque dans les salles obscures, ni d’ailleurs jusque dans les bacs vidéo.

En effet, la production de l’époque avait amorcé le projet seulement dans le but de conserver les droits des personnages, sur le point de leur échapper, et sans aucune intention de sortir le film. En prenant soin de n’en souffler mot ni aux acteurs ni même au réalisateur, le producteur allemand Berdt Eichinger marque le coup d’envoi d’un véritable nanar. A la décharge de l’équipe et du produit final, on peut avancer un argument de poids : le dérisoire budget du film, soit 1,5 million de dollars.

Mais finalement, peu importe la médiocrité du résultat puisque personne n’a pu en être témoin, ni sur le grand ni sur le petit écran. Les fans et les curieux pourront néanmoins se consoler de nombreuses années plus tard avec une diffusion clandestine sur Internet, et avec la prochaine adaptation, qui fera peut-être oublier la version de 2015 et les deux films avec Chris Evans sortis en 2005 et 2007.

D.R.



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