1 000 Possibles : la lettre inspirante de la judoka Clarisse Agbegnenou


« Tu es née aujourd’hui, le 8 mars 2021, Journée internationale des droits des femmes, une journée très importante pour nous toutes, les femmes du monde.

Je m’appelle Clarisse Agbegnenou, je suis judoka professionnelle, et c’est un honneur pour moi d’être la première personne qui t’écrit une lettre.

Avant d’être une femme, j’ai été une petite fille comme toi. Je suis née avec. Je suis née prématurée à seulement 7 mois de grossesse et une malformation au rein qui m’a plongée dans le coma plusieurs semaines. Mes pronostics vitaux étaient engagés au point où à un moment donné, les médecins ont conseillé à mes parents de me débrancher mais mes parents ont eu foi en moi et un beau matin je me suis réveillée forte et déterminée à croquer la vie.

À 9 ans, on trouvait que j’avais “un trop plein d’énergie et que je finirai cancre”. Pour me canaliser, ma directrice d’école a conseillé à mes parents de me mettre dans un sport de combat. Étant élevée dans la culture et l’éducation du sport santé, mon dévolu s’est jeté sur le judo mais là encore une fois, on m’a dit c’est “un sport d’hommes”, “tu vas te faire mal”, “tu vas être trop musclée et ressembler à un homme”.

J’ai quand même fait du judo et aujourd’hui je suis la femme la plus titrée du judo français et la numéro Une mondiale dans ma catégorie de poids. Je suis quadruple championne du monde, quintuple championne d’Europe et vice-championne olympique.

Plus tard, j’ai voulu reprendre mes études. On m’a dit “fais attention, c’est très dur”. On m’a demandé si “c’était bien raisonnable de faire ça alors que je suis encore en plein dans ma carrière de sportive de haut niveau”. Je l’ai quand même fait et aujourd’hui j’ai intégré HEC, l’une des plus prestigieuses écoles en France, pour devenir “coach” de vie.

Tant de commentaires désagréables et négatifs, et je me dois de te dire que dans ta vie, certains t’empêcheront d’exploiter tout ton potentiel, et chercheront n’importe quelle excuse pour critiquer ta réussite ou même t’imposer une pseudo norme, simplement parce que tu es une femme.

Or, écoute-moi : personne n’en a le droit.

Toutes les femmes sont de grandes femmes. Nous sommes toutes des femmes puissantes, alors rêve, espère, prends ton envol, ta valeur sera haute ! »



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