Usine de pizzas surgelées Buitoni – FO dénonce un « chantage à l’emploi » de Nestlé


Force Ouvrière a dénoncé vendredi un « chantage à l’emploi » à l’usine de pizzas Buitoni de Caudry (Nord), après l’annonce par Nestlé d’une réduction des effectifs de ce site, d’où sont sorties des pizzas contaminées par la bactérie E.coli, liées à la mort de deux enfants et à l’intoxication de dizaines d’autres.

« Selon la direction, il y aurait entre 50 et 80 salariés « en trop » compte tenu de l’activité du site », écrivent dans un communiqué FO Buitoni, syndicat majoritaire à l’usine de Caudry, et la fédération FGTA-FO.

« La direction a fait savoir aux organisations syndicales qu’une fermeture de l’usine devrait être envisagée si ce projet de départs n’aboutissait pas », sous forme de départs volontaires vers un autre site, pour une reconversion ou à la retraite, pointe FO dans son communiqué.

Le syndicat dénonce un « chantage à l’emploi » et souligne que « les salariés ne sont en rien responsables de la situation » de l’entreprise depuis la révélation en mars de cette affaire de contamination d’enfants par la bactérie E.coli via des pizzas. « Compte tenu des faibles tonnages annoncés, il y a urgence à la mise en place d’une nouvelle politique commerciale et industrielle pour pérenniser l’activité du site », alerte FO.

Le groupe Nestlé, auquel appartient Buitoni, avait annoncé jeudi qu’il visait le redémarrage en novembre, sous réserve du feu vert des autorités, d’une des deux lignes de production de l’usine de Caudry. Mais la ligne de production des pizzas Fraîch’Up, mises en cause dans ce scandale sanitaire, restera suspendue « jusqu’à nouvel ordre », ce qui se traduira par des suppressions de postes, avait prévenu Nestlé.

Sur 182 postes équivalents temps plein avant les procédures de rappel de pizzas de mars dernier, environ 80 pourraient être concernés par un plan de départ « reposant sur le volontariat », selon un porte-parole du groupe.

La Fédération nationale agroalimentaire de la CGT a, pour sa part, jugé scandaleux que « les salariés payent l’incurie du groupe », appelant à une mobilisation pour exiger « le maintien intégral du site ».

Dans ce dossier des pizzas contaminées, une information judiciaire a été ouverte à la mi-mai, notamment pour homicide involontaire à l’égard d’une personne et blessures involontaires concernant 14 autres. L’usine est fermée depuis le 18 mars et le préfet a signé un arrêté de fermeture le 1er avril.



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