Un plan de sauvegarde de la filière porcine


Dans un secteur très fortement touché par la crise, et alors qu’au moins 30% des éleveurs français risquent de disparaitre d’ici 2023, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie, a réuni la filière porcine française ainsi que les banques agricoles afin de mettre en œuvre les mesures nécessaires, avec une feuille de route concertée.

Celle-ci prévoit notamment un plan de sauvetage immédiat doté de 270 millions d’euros, et l’amplification de mesures plus structurantes telle que la mise en œuvre de la loi Egalim2 ou encore des mesures européennes.

Une crise historique

En conséquence de la crise Covid (désorganisation du transport international, inflation sur les intrants et les matières premières agricoles entrant notamment dans la composition des aliments pour animaux) comme de l’apparition de la peste porcine africaine en Europe (provoquant un surplus d’offre), la filière porcine française fait face au plus fort ciseau de prix jamais subi depuis 30 ans. Le prix payé au producteur a diminué de 14% sur un an pour une exploitation moyenne alors que les charges ont, elles, augmenté de 27%.

En savoir plus sur la crise de la filière porcine

Une feuille de route concertée

Le Gouvernement et la filière se sont donc réunis le 1er février 2022 pour définir une feuille de route concertée, dans laquelle toutes les parties prenantes s’engagent formellement pour aider la filière porcine à passer le cap de la crise et se fixer des objectifs de structuration et de transformation pour l’avenir.

Le Gouvernement annonce donc un plan de sauvetage, d’un montant total pouvant atteindre 270 millions d’euros, qui comprend :

  • une aide d’urgence jusqu’à 75 millions d’euros, sous la forme d’un chèque « ciseau de prix porcin » d’un montant de 15 000 € pour les exploitations porcines en fortes difficultés de trésorerie. Cette aide sera déployée sous une quinzaine de jours ;
  • une aide de structuration, adossée à un engagement de contractualisation dans le cadre d’Egalim2, d’un montant maximum de 175 millions d’euros, qui viendra compléter la compensation des pertes des exploitations porcines ;
  • un abondement des dispositifs de droit commun de prise en charge des cotisations de la mutuelle sociale agricole (MSA) jusqu’à 20 millions d’euros.

Parallèlement, la feuille de route actée ce jour comprend un ensemble de dispositions conjoncturelles telles que :

  • au niveau européen, la poursuite de la mobilisation des autres États membres pour alerter la Commission européenne sur la situation du marché du porc et demander l’activation de mesures européennes pour ce secteur (aide au stockage privé, mesures exceptionnelles de marché…). Ces mesures sont absolument nécessaires pour désengorger le marché ;
  • le lancement de campagnes de promotion, le cas échéant en lien avec d’autres pays européens ;
  • la poursuite de la mobilisation du dispositif « Initiative nationale pour l’agriculture française » (INAF) (garantie publique de prêts pour 100 millions d’euros de crédits attribués, on génère 1 milliard d’euros de prêts) ;
  • le renforcement des mesures de biosécurité face au risque de peste porcine africaine.

Cette feuille de route intègre également des mesures structurelles fortes pour renforcer la résilience de la filière face aux crises :

  • l’engagement de tous les acteurs, des producteurs aux distributeurs, à accélérer sous un mois, la mise en place d’Egalim2 et en particulier la contractualisation sur les maillons amont de la filière (des producteurs aux abatteurs en passant par les organisations de producteurs), assortie, comme le veut la loi, de clauses d’indexation et d’une prise en compte des coûts de production, afin de mieux répercuter leur évolution le long de la chaîne alimentaire. Le ministre a rappelé qu’il serait intraitable avec tous ceux qui n’appliqueront pas Egalim2 ;
  • diverses mesures de soutien à l’ouverture des marchés export (recherche et ouverture de nouveaux marchés).



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