trois ans de prison requis, dont deux avec sursis, pour un accident de manège


Trois ans d’emprisonnement dont deux ans avec sursis probatoire ont été requis mercredi 10 novembre à Lyon contre un forain, jugé en correctionnelle après l’accident de son manège à Neuville-sur-Saône (Rhône) qui avait fait un mort en mars 2018. Le jugement a été mis en délibéré au 12 janvier 2022.

«Il a exploité tous les jours son manège, et tous les jours son manège était un danger public», a déclaré la procureure Anne-Lise Furstoss dans son réquisitoire. «Nous sommes dans cette affaire bien au-delà de la simple négligence ou du défaut d’entretien. Nous sommes sur un cumul de choses qui se succèdent», a ajouté la magistrate. Elle a réclamé en outre l’interdiction définitive d’exercer l’activité de forain contre le prévenu, jugé pour «homicide involontaire».

Une peine de huit mois de prison avec sursis, une interdiction d’exercer son métier pendant deux ans et une amende de 5.000 euros ont été en outre demandées contre un contrôleur technique de 59 ans, poursuivi, lui, pour «mise en danger d’autrui». «Il y avait besoin d’un contrôle approfondi, il n’a pas eu trop envie de se mettre en désaccord avec les forains», a estimé en substance la procureure, reprochant au vérificateur de n’avoir pas examiné des pièces vitales du manège «en état de délabrement».

Mouvement incontrôlé des nacelles

Le drame s’est produit le 31 mars 2018 dans une fête foraine à Neuville-sur-Saône, à une quinzaine de kilomètres au nord de Lyon, sur et aux abords d’un manège composé de seize nacelles accrochées à une structure tournante, qui montait et descendait. Alors que le manège était lancé, un craquement avait été entendu par des témoins qui avaient ensuite senti un mouvement incontrôlé des nacelles avant de voir des éléments de décor tomber, des papillons colorés d’un poids de 9,5 kilos.

La victime qui a été tuée, un père de famille de 40 ans qui se trouvait dans une des nacelles avec sa compagne et son fils âgé de 7 ans, aurait été heurtée de plein fouet par un de ces éléments. Leur nacelle ne disposait que de deux ceintures de sécurité pour trois places. Il aurait perdu connaissance et aurait été dès lors incapable de se tenir à la barre de protection. Le garçonnet aurait tenté de le retenir sans empêcher la victime de chuter lourdement au sol. Une expertise avait mis en lumière la vétusté «très importante» du manège, fabriqué en 1983 ou 1984. Pour sa défense, le forain a notamment précisé que l’engin avait fait l’objet d’un contrôle agréé, un an avant le drame.



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