Salon CES à Las Vegas – Pour les champs, les aliments ou le vin, les fermes de plus en plus connectées


Depuis son téléphone, un agriculteur peut désormais surveiller la santé de ses champs, le niveau d’aliments dans ses silos ou la maturation du vin dans ses tonneaux dans des fermes de plus en plus connectées.

Olivier Lépine, à la tête de la start-up française Brad, a ainsi mis au point un capteur à planter dans les parcelles, qui fournit en temps réel des informations sur la température, l’humidité et la luminosité.

Les agriculteurs peuvent, en fonction des données recueillies, décider quand irriguer, comment réduire leur usage de produits, comment prendre soin de leur sol, etc. C’est aussi un moyen de leur faire gagner du temps puisqu’ils n’ont plus à faire le tour de toutes leurs parcelles.

Les agriculteurs, en particulier les plus jeunes, « ont envie d’avoir un impact mais ils ont aussi envie d’avoir une qualité de vie », remarque Olivier Lépine.

La start-up sud-coréenne AimbeLab s’est, elle, penchée sur les silos contenant les aliments pour animaux. Souvent, les éleveurs « tapent sur le silo avec un marteau pour savoir, en fonction du bruit, combien il leur en reste », explique Sein Kwon. « Ce n’est pas très précis ».

La sonde proposée par l’entreprise évalue la quantité des stocks mais aussi leur état de conservation, ce qui permet à l’exploitant, et à l’entreprise lui vendant les aliments, de mieux anticiper les livraisons et ainsi réduire les trajets.

Economies d’herbicides

La start-up américaine Simple Labs propose un capteur mesurant dans une barrique la température, l’humidité, le pH, le contenu phénolique du vin (substance organique susceptible d’altérer le goût), pour contrôler sa maturation.

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La société française Meropy expose quant à elle une roue à multiples pieds se déplaçant dans les champs pour détecter, grâce à des caméras prenant des photos sur et sous le feuillage, la présence de mauvaises herbes, de ravageurs ou de maladies.

Les nouvelles technologies en agriculture naissent souvent « soit d’un besoin urgent, pour répondre à une maladie par exemple, soit de la quête des pratiques les plus efficientes », remarque Amit Dhingra, professeur d’horticulture à Texas A&M University.

Pour David Friedberg, à la tête de la société californienne d’investissement spécialisée dans les technologies agricoles The production Board, il faut simplement « plus de calories à l’hectare avec moins d’intrants » comme les engrais ou les pesticides, grâce à la génétique, à l’automatisation ou à l’exploitation des données.

Ce à quoi aspire le fabricant de machines agricoles John Deere. Sur les immenses bras des pulvérisateurs du géant américain de l’agriculture ont ainsi été installés des caméras tous les mètres et des processeurs très puissants qui, tout en roulant à 20 peuvent détecter les mauvaises herbes et n’envoyer du désherbant que si nécessaire. « On ne pulvérise que sur environ un tiers du champs et on économise en herbicides », affirme Jorge Heraud, responsable de l’automatisation chez John Deere.

Submergés de données

Le groupe a aussi développé un « Centre d’opérations » disponible sur l’ordinateur ou le téléphone permettant à l’agriculteur, grâce aux données récoltées par de multiples capteurs sur les tracteurs, d’avoir des informations sur leur localisation en temps réel, la performance des moteurs ou les coins à mauvaises herbes, mais aussi de comparer les rendements entre deux semences différentes.

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« L’agriculteur peut regarder la carte et comprendre quelle partie du champ il doit gérer différemment », explique Lane Arthur, le concepteur du produit. « C’est bon pour faire des économies, c’est bon pour l’environnement ».

« L’agriculture, comme tous les secteurs, se numérise », analyse Vonnie Estes, spécialiste de l’innovation pour l’Association internationale des produits frais (IFPA).

L’exploitation des données, de pair avec l’automatisation de certaines tâches, peut régler les problèmes liés à la pénurie de main d’œuvre en sachant comment sont répartis les employés sur l’exploitation par exemple, ceux liés au gaspillage en suivant la trace de la nourriture envoyée aux magasins, ou ceux liés au changement climatique en réduisant l’émission de gaz à effet de serre.

« Ce n’est pas sans faille », remarque Vonnie Estes en évoquant le réseau internet parfois défaillant dans les campagnes qui empêche l’analyse en temps réel des données.

Autre risque, à ses yeux : l’abondance de données, réparties sur des applications ne communiquant pas encore beaucoup entre elles, peut finir par submerger les agriculteurs.



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