Réécriture : Pourquoi les auteurs ne peuvent pas le faire sans

La réécriture n’est ni un luxe ni une contrainte.

Ce site est conçu pour dissiper le mythe selon lequel certains auteurs sont capables de produire des écrits de grande qualité en une seule tentative. C’est une illusion fantastique !

La réécriture peut être une tâche fastidieuse. Tout dépend de l’auteur et de la longueur de l’œuvre. Heureusement, l’expérience facilite l’amélioration des premiers jets et l’acquisition de certains réflexes qui permettent de mieux choisir les mots, de mieux structurer les phrases, de décrire les choses en s’écartant des évidences. Ce sont des étapes essentielles dans le processus de création, et elles sont rarement appréciées. En tant qu’écrivains en herbe, il est important d’imaginer que l’écriture peut être facile et que nous n’avons pas besoin de retourner à la table à dessin. Relire, corriger ou ajouter un mot au texte, se rendre compte que le dialogue n’est pas aussi intéressant ou que les personnages ne sont pas aussi importants : la relecture et la révision nous permettent de faire face aux points forts de notre écriture.
Examinons la relecture proprement dite des dissertations au lycée. Il s’agit d’un exercice ardu, parfois douloureux, qui peut être fait dans l’urgence. Cependant, s’il est fait correctement, il peut améliorer la qualité et éviter les fautes de frappe, les erreurs de structure, les incohérences et les coquilles.
Pour les auteurs en herbe, la réécriture peut être une étape passionnante et intéressante du processus de création. Il est possible de transformer l’exercice si l’on comprend son intérêt et si l’on utilise un peu de technique. On peut alors rapidement poser ses mots sur l’écran ou le papier et prendre plaisir à travailler avec la langue, avec toutes ses nuances, sa beauté et ses rebondissements.

Pourquoi réécrire ?

L’écriture est une chose que tout le monde peut faire. La plupart des ateliers ne proposent pas de services supplémentaires. Un thème est choisi, suivi d’un temps pour s’exprimer sur le sujet. Ensuite, chacun rentre chez soi heureux d’avoir écrit, mais sans savoir combien.

L’étape suivante est celle où les efforts sont les plus précieux et où la différence se fait : la relecture de ses textes. Il s’agit alors de se pencher sur chaque mot, chaque phrase, et de les analyser pour améliorer l’ensemble. Tant sur le fond que sur la forme.

Un premier jet, c’est à la fois l’enthousiasme de son auteur et son poids, son énergie pure et ses mauvaises habitudes. Prenons l’exemple du bijoutier ou du sculpteur, qui travaillent chacun la matière pour créer l’art. Les auteurs sont guidés par le même processus que la demande.

Les idées peuvent apparaître spontanément, fluides et non raffinées. Elles sont pures mais enveloppées dans les formes les plus attendues, les plus attendues : un coin sombre ; la chaleur d’un soleil ; un rire caquetant. Toutes ces images sont immédiatement reconnaissables et si familières que nous n’avons pas à être surpris par les effets qu’elles produisent.

Les clichés et les idées mal formulées, les répétitions et les termes trop fréquents sont autant de choses que la réécriture doit révéler et exclure.

La réécriture est l’étape où l’on apprend à mieux écrire. Elle consiste à améliorer le texte et à créer le style qui est le plus important pour chaque auteur.

C’est la réécriture du manuscrit qui fera réellement émerger le style littéraire de l’auteur, et son empreinte littéraire bien au-delà du premier jet.

Comment relire et réviser un texte

Une fois convaincu de l’importance et de l’intérêt de perfectionner son écriture, l’étape suivante de la réécriture est d’apprendre comment. La réécriture s’articule autour de quatre axes principaux.

1 La suppression

L’une des premières choses que l’on remarque en lisant les manuscrits d’auteurs célèbres, ce sont les ratures. Pour pallier le débordement des premiers jets, des mots et des phrases entières sont supprimés.

Il est important de passer par l’élimination afin d’atteindre l’essentiel, de supprimer toutes les fioritures de son texte et d’établir un rythme pendant la lecture.

Et supprimer ne signifie pas seulement exclure mais aussi condenser ou regrouper des termes ou des phrases qui sont plus utilement combinés.

2/ La substitution

Tous les aspects d’un texte peuvent être affectés par le mode de narration, le lexique ou la syntaxe. Bien que le premier jet ait été écrit à la troisième personne, il sera beaucoup plus engageant si la narration est réécrite à la première personne.

Il est important de se rappeler que de nombreux auteurs utilisent spontanément des verbes à la forme passive et des formes négatives d’expressions. La forme active des verbes, et la forme affirmative pour les exprimer, est plus efficace et révèle mieux le rythme du texte.

3/ Le prolongement

On peut remarquer à la relecture qu’une scène manque de développement ou que le dialogue entre deux personnages est absent. Cela pourrait aider le lecteur à mieux comprendre une tournure particulière des événements. Il s’agit alors d’enrichir son manuscrit de passages complémentaires.

Le guide de l’écrivain

En termes de figures de style, il y en a une que j’adore qui repose sur ce principe d’expansion : l’anadiplose.

4/ Permutation

La permutation ou collage, dernier grand axe de réécriture, est le fait de déplacer un mot ou un paragraphe, parfois un chapitre entier, pour équilibrer le récit ou rendre la phrase plus exacte.

Déplacer un seul mot ou une seule expression permet d’enrichir une phrase ou d’en élargir le sens. Chaque mouvement dans une phrase, même le plus petit, peut entraîner des transformations ou des effets de sens.

Déplacer un paragraphe ou un chapitre entier revient à changer le fil de la narration.

La réécriture est donc un équilibre entre ces quatre dimensions : aller à l’essentiel tout en sachant reconnaître quand un passage doit être plus développé, substituer des termes à d’autres, décider de les déplacer dans certains cas.

Voici quelques conseils pour vous aider dans votre premier jet.

Voici quelques conseils pour retravailler un texte, qui sont applicables à toutes les situations. Voici cinq exemples parmi tant d’autres :

  1. Le moins de verbes et d’objectifs possible
  2. Choisissez les bons verbes
  3. Sachez clairement où et comment vous voulez emmener le lecteur.
  4. Variez votre vocabulaire, la structure de vos phrases et votre vocabulaire.
  5. Traquez tous les types d’incohérences (narratives et lexicales).

Considérons ces éléments comme faisant partie d’un système de lecture mentale qui doit s’installer progressivement dans le cerveau.

Il s’agit de lire le texte comme si vous étiez l’auteur, avec la même attente, exactement la même intolérance aux faiblesses, et exactement le même enthousiasme pour les passages les plus réussis.

Soyons francs, la réécriture peut être l’étape la plus longue du processus créatif des auteurs en herbe. Elle ne devrait pas être l’étape la plus longue. Elle vous permet de passer d’un brouillon à un autre. Il ne faut pas oublier qu’après le premier brouillon, il y en a beaucoup d’autres avant d’atteindre une forme suffisamment aboutie pour présenter vos écrits et vous permettre de passer au brouillon suivant.