Qui était Guido Reni, grand rival de Caravage ?


En bref

Surnommé Le Guide par les Français, Guido Reni (1575–1642) est un peintre italien de la période baroque. Contemporain de Caravage, qui l’inspire à ses débuts, l’artiste parvient à se distinguer de ses semblables en adoptant une esthétique classique qui préfigure celle de Philippe de Champaigne et de Poussin. Peintre religieux, Le Guide est aussi l’auteur de scènes mythologiques et allégoriques. Il a tutoyé les sommets en travaillant au Vatican et pour des prestigieux commanditaires avant de sombrer dans la débauche et les jeux d’argent.

Guido Reni, Autoportrait

Guido Reni, Autoportrait, 1638–1639

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huile sur toile • Coll. privée • © NPL – DeA Picture Library / Bridgeman Images

Il a dit

« J’ai deux-cents manières de faire regarder le ciel par deux beaux yeux. »

Sa vie

Un talent précoce

Guido Reni est le fils d’un excellent musicien bolonais, Daniele Reni, qui le destine à la musique. Comprenant le talent de l’enfant pour le dessin, il le place chez un maître flamand puis dans l’atelier des frères Carrache, aux côté de l’Albane et le Dominiquin. Guido Reni apparaît très vite comme un talent supérieur, et les rivalités ne manquent pas de s’exacerber dans l’Italie de la fin du XVIe siècle.

En duel avec Caravage

Admirateur de Raphaël, Guido Reni n’est pas insensible au talent hors normes et exalté de Caravage. À ses débuts, il lui emprunte ses effets de lumière dramatiques. Appelé à Rome, le jeune Guido Reni admire les sculptures de l’Antiquité. Une fascination qui ne devait jamais le quitter. Placé en rivalité avec Caravage par un commanditaire, Guido Reni l’affronte au cours d’une dispute célèbre ayant, raconte l’histoire, failli se finir par un coup d’épée !

Au Vatican et chez les puissants

Le Guide développe par la suite un style plus libre et plus clair. Sa capacité à idéaliser ses sujets lui vaut le surnom du « divin » Guido. L’artiste devient le peintre préféré du pape Paul V, membre de la puissante famille Borghèse, pour lequel il peint les fresques de Monte Cavallo et de Sainte-Marie-Majeure. Il œuvre également pour le palais du Vatican. Reni travaille pour Scipion Borghèse et concourt au décor de prestigieuses villas, d’abord pour les Borghèse (avec lesquels il se brouille) puis pour la famille de Gonzague. Plus à l’aise dans la peinture à l’huile que dans le travail de la fresque, Guido Reni est aussi l’auteur d’un grand nombre de dessins et d’eaux-fortes.

Une fin tragique

Génial et talentueux, Guido Reni aurait pu amasser des sommes considérables. Hélas, il est obsédé par les jeux d’argent et s’oublie dans les tripots de Rome. Le peintre se dépouille lui-même de sa fortune. On le considère alors comme un débauché, voire un voleur. Il tombe dans la misère, peignant pour survivre. L’histoire rapporte qu’il en serait mort de chagrin.

Ses œuvres clés

Guido Reni, Massacre des Innocents

Guido Reni, Massacre des Innocents, 1611

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huile sur toile • 268 × 170 cm • Coll. Pinacoteca nazionale, Bologne • © Bridgeman Images

Le Massacre des Innocents, 1611

Considéré comme un sommet du temps de Guido Reni, ce tableau emprunte son sujet à l’Évangile selon Matthieu. La scène est complexe à déchiffrer, tant la confusion règne. Alors que Hérode fait chercher sans succès le « roi des Juifs », il décide la mise à mort de tous les enfants en bas âge de Bethléem. Guido Reni ne recourt pas à l’expression du sang, mais la violence subie est exprimée par les visages horrifiés des femmes. L’artiste joue avec les oppositions de couleurs et les mouvements contradictoires qui animent la composition.

Guido Reni, Hercule terrassant l’hydre de Lerne

Guido Reni, Hercule terrassant l’hydre de Lerne, entre 1617 et 1621

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huile sur toile • 260 × 192 cm • Coll. Musée du Louvre, Paris • © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Franck Raux

Hercule terrassant l’hydre de Lerne, entre 1617 et 1621

Cette toile au sujet puissant appartient à un ensemble sur l’histoire d’Hercule commandé à Guido Reni par le duc de Mantoue. Les quatre toiles sont destinées à la décoration de sa villa. L’artiste est alors au sommet de sa gloire. Le héros est représenté de face, s’apprêtant à terrasser le monstre à l’aide de sa massue. Sa musculature évoque la statuaire antique, et tout particulièrement le corps en torsion du célèbre Laocoon.

Guido Reni, L’Annonciation

Guido Reni, L’Annonciation, 1629

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huile sur toile • 319 × 222 • Coll. Musée du Louvre, Paris • © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / René-Gabriel Ojéda

L’Annonciation, 1629

Commandée par Marie de Médicis, cette scène biblique est peinte par Guido Reni pour le couvent des Carmélites du faubourg Saint-Jacques. Ce thème n’est pas une découverte pour le peintre, qui l’a déjà représenté plusieurs fois par le passé. Mais l’artiste atteint ici une majesté inégalée. Un ange aux ailes monumentales est en conversation avec la Vierge, dans une atmosphère pleine de douceur et d’intimité. Le classicisme de Reni opéra une grande influence sur les peintres français du XVIIe siècle, en particulier Laurent de la Hyre et Philippe de Champaigne.



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