« Nobel des arts » : Ai Weiwei et Wim Wenders lauréats du prix Praemium Imperiale


David Hockney, Niki de Saint Phalle, Federico Fellini, Jean-Luc Godard, Yayoi Kusama, Daniel Buren, Anish Kapoor, Cindy Sherman, Balthus, Willem de Kooning, Martin Scorsese, Jean Nouvel, Francis Ford Coppola, Annette Messager, Gerhard Richter, Ingmar Bergman… Inaugurée en 1988, la liste des lauréats (qui rassemble aujourd’hui plus de 160 noms) du prix Praemium Imperiale, surnommé le « Nobel des arts », donne le tournis : les plus grands artistes y figurent, récompensés pour l’ensemble de leur œuvre et leur rayonnement international. Cette haute distinction fut créée par la Japan Art Association (la plus ancienne fondation culturelle du Japon, née en 1887) en l’honneur du prince Takamatsu (1905–1987), qui  s’était opposé à l’entrée en guerre de l’Empire du Japon contre les Alliés occidentaux en 1941, et soutenait les arts comme ciment de la paix.

Ses cinq catégories (peinture, sculpture, architecture, musique et théâtre-cinéma) aux définitions poreuses (le photographe brésilien Sebastião Salgado a ainsi été récompensé en 2021 dans la catégorie peinture, et le créateur de mode nippon Issey Miyake dans la catégorie sculpture en 2005) en font la seule récompense artistique à couvrir une telle variété de disciplines. Chaque année, un jury japonais de haut vol tranche après avoir examiné une liste d’artistes proposée par six comités internationaux présidés cette année par Hillary Clinton (États-Unis), le président du Goethe Institut Klaus-Dieter Lehmann (Allemagne) et trois anciens Premiers ministres, feu Shinzō Abe (Japon), Jean-Pierre Raffarin (France) et Lamberto Dini (Italie).

Chaque année, les lauréats sont d’abord annoncés à Paris, New York, Tokyo, Londres, Rome et Berlin, avant que les récompenses – environ 105 000 euros, un diplôme et une médaille pour chacun – ne soient remises aux gagnants par Son Altesse Impériale le prince de Hitachi. En attendant cette cérémonie qui aura lieu le 19 octobre à Tokyo, le dévoilement parisien du cru 2022 (33e édition) a eu lieu le 15 septembre dans le décor grandiose de la Bourse de Commerce, bâtiment du XVIIIe siècle récemment revisité par l’architecte japonais Tadao Andō, lui-même lauréat du prix en 1996, pour exposer la collection d’art contemporain de François Pinault.

Giulio Paolini, Amore e Psiche (Cupid and Psyche)

Giulio Paolini, Amore e Psiche (Cupid and Psyche), 1981

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Courtesy Fondazione Giulio e Anna Paolini, Turin / Photo Agostino Osio / © Giulio Paolini

Célébré dans le monde entier pour ses puissantes installations engagées en faveur des droits de l’homme et de la liberté, l’artiste chinois en exil Ai Weiwei (né en 1957) a été consacré dans la catégorie sculpture. Côté cinéma, c’est l’Allemand Wim Wenders (né en 1945), réalisateur culte de Paris-Texas (1984), Les Ailes du désir (1987), Buena Vista Social Club (1999), The Million Dollar Hotel (2000), Pina (2011) ou encore Le Sel de la Terre (2014), qui a remporté la palme. Artisans notamment du musée d’Art contemporain du XXIe siècle à Kanazawa (2004), du Rolex Learning Center de Lausanne (2010), du Louvre-Lens (2012) et de la rénovation de la Samaritaine à Paris (2021), les architectes japonais Kazuyo Sejima (née en 1956) et Ryue Nishizawa (né en 1950), fondateurs du studio SANAA, ont été salués pour leurs bâtiments élégants et novateurs aux lignes épurées, habillés de verre et d’acier. Un peu moins connu du grand public, l’artiste italien Giulio Paolini (né en 1940), dont les détournements de chefs-d’œuvre de l’histoire de l’art interrogent malicieusement le rôle de l’art et de l’artiste, a été primé en peinture, et le pianiste polonais Krystian Zimerman (né en 1956) dans la section musique. Un « prix d’encouragement pour les jeunes artistes » a également été décerné à la Kronberg Academy Foundation, une académie de musique fondée en 1993 en Allemagne par la veuve du violoncelliste Pablo Casals.





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