Métiers de la nature et du vivant – Près de 80 % des actifs chercheraient à s’y reconvertir


79 % de la population active française se dit prête à une reconversion vers les métiers de la nature et du vivant. Un chiffre qui s’élève même à 87 % chez les moins de 25 ans. 83 % des moins de 30 ans envisageraient de s’orienter vers ce secteur professionnel et 89 % des parents conseilleraient à leurs enfants de moins de 25 ans d’y travailler. Tels sont les résultats, un peu surprenants, d’un sondage réalisé par le Cneap dans le cadre des Journées nationales de l’agriculture 2022, qui s’ouvrent ce 17 juin.

À l’occasion de la 2e édition des Journées nationales de l’agriculture (JNA), du 17 au 19 juin 2022, le Cneap (Conseil national de l’enseignement agricole privé) a mené, en partenariat avec Viavoice, un sondage sur la perception des métiers de la nature et du vivant auprès du grand public (1 000 personnes interrogées en ligne entre le 31 mai et le 2 juin). Rappelons que les JNA visent à sensibiliser les citoyens à l’importance et à la diversité de l’agriculture française, en favorisant les échanges avec les agriculteurs au travers de multiples animations dans toute la France.

83 % des « moins de 30 ans » se dirigeraient vers ce domaine

Premier résultat qui en ressort : 79 % des actifs seraient susceptibles de se reconvertir dans ce secteur et même 87 % des moins de 25 ans. Des pourcentages qui peuvent surprendre mais sont sans doute liés au Covid, qui a entraîné dans la société une vaste remise en question professionnelle et au niveau du mode de vie. Avec un net regain d’intérêt pour la campagne et les professions utiles et porteuses de sens. Une manne, qui espérons-le au moins en partie, viendra avec des projets sérieux remplacer notamment les agriculteurs de plus en plus nombreux à cesser leur activité.

Une manne pour le renouvellement des générations.

Et avant cela ? Au moment de choisir ce qu’on souhaite faire plus tard ? Toujours selon l’enquête, 83 % des jeunes, âgés de moins de 30 ans, aimeraient travailler avec la nature et le vivant. Et 89 % des parents d’enfants de moins de 25 ans les encourageraient à suivre cette voie. Un pourcentage dans la logique de leur propre envie de reconversion professionnelle. Alors que traditionnellement, ce n’était pas les premiers à les inciter à s’engager dans ces filières.

Un secteur « pourvoyeur d’emploi » et « innovant »

Au-delà de l’effet Covid, d’autres explications ont été recherchées à ces chiffres plus élevés qu’attendu de prime abord. Premièrement, 95 % des enquêtés jugent ces professions pourvoyeuses d’emploi et 93 % les trouve innovantes. De plus, pour 75 % des Français, la passion est le premier critère de recherche d’emploi. Or, elle est essentielle dans de nombreux métiers de la nature et du vivant. Par ailleurs, c’est la diversité de ces derniers qui semble les séduire le plus, même s’ils sont plus attirés par l’environnement (82 %), ainsi que les paysages et l’aménagement du territoire (79 %). Quant à l’agroalimentaire, il est vu par 74 % d’entre eux comme « stratégiques pour la France de demain ».

Toutefois, 45 % de sondés veulent du temps libre et 39 % « gagner le plus d’argent possible ». Ce qui ne paraît pas compatible avec ce domaine d’activité, et en particulier l’agriculture. D’ailleurs en pratique, d’après ce sondage, ces professions restent mal connues et souffrent toujours les mêmes freins : leur manque de rémunération (66 % des répondants), leur difficulté et leur exigence (58 %) et la méconnaissance des formations pour les exercer (40 %). Auprès des 18-24 ans, ce dernier point est davantage mentionné que le deuxième (44 versus 39 %). Au global, seuls 8 % des Français savent précisément comment se former dans ce secteur.

75 % des Français cherchent un métier passion.

« Montrer l’attractivité de ces filières »

« L’enquête montre ce qu’intuitivement nous savions : les métiers de la nature, l’appétence pour le vivant, ont le vent en poupe, principalement auprès de jeunes. Ils sont soucieux de l’avenir de la planète et entendent y contribuer. Cela est réjouissant, déclare Philippe Poussin, secrétaire Général du Cneap. Les métiers de l’agriculture sont perçus comme respectueux de l’environnement, qu’il soit humain ou naturel. Ils nous invitent à un autre regard sur le monde que les formations agricoles doivent contribuer à conforter. »

« L’enseignement agricole est l’un des piliers indispensables, à la prise de conscience d’une part et à la formation d’autre part », qui doivent accompagner « la transformation des sociétés que nous sommes en train de vivre », poursuit-il. C’est tout l’enjeu du plan « Enseigner à produire autrement » du ministère de l’agriculture, auquel le réseau Cneap.

Malheureusement, « les conventions signées entre les deux ministères (éducation nationale et agriculture) ont des difficultés à « infuser » jusqu’aux acteurs de proximité des jeunes que sont les professeurs principaux de collège. L’attractivité des formations agricoles et celle des métiers de l’agriculture sont souvent confondues. Or, ce n’est pas la même question : l’enseignement agricole formera des jeunes que si, en amont, il est mieux connu, mais surtout si, en aval, les métiers auxquels il prépare montrent leur attractivité ».



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