Matières premières – L’or et le cuivre scintillent, le café à la traine


L’or a connu sa quatrième semaine consécutive de hausse pour atteindre un prix plus atteint depuis avril, galvanisé par la perspective d’une politique monétaire plus souple.

L’once d’or a « dépassé le seuil psychologique de 1.900 dollars », souligne Han Tan, analyste chez Exinity, relevant que « le métal a clairement profité d’une inflation américaine en berne ». Si l’or est considéré par certains de ses partisans comme un actif protégeant de l’inflation, il fait également concurrence comme valeur refuge au dollar et aux obligations d’Etat américaines.

Et quand la Réserve fédérale américaine (Fed) relève ses taux pour lutter contre l’inflation, cela renchérit le dollar et augmente le rendement des obligations, pesant sur le métal sans rendement.

Une inflation moins élevée que prévu a donc profité à l’or, comme aux autres matières premières qui s’échangent en dollar.

Le cours de l’or a par ailleurs été soutenu récemment par les achats de banques centrales, notamment en Russie, Moscou cherchant à s’émanciper du dollar.

L’instabilité géopolitique continue par ailleurs de pousser les particuliers vers le métal jaune.

Les Russes ont ainsi acheté l’équivalent de 57 tonnes d’or en 2022, rapporte la presse nationale, contre seulement 6 tonnes en 2021.

Cela a permis de limiter une abondance d’or russe sur le marché vendu à un prix moins élevé pour appâter les acheteurs internationaux malgré les sanctions, « la Russie étant le deuxième producteur mondial », rappellent les analystes de ING.

Vers 16H30 GMT (17H30 à Paris), l’or coûtait 1.912,53 dollars l’once, contre 1.865,69 dollars sept jours plus tôt en fin de séance.

Le cuivre brille

Le cuivre a commencé l’année 2023 en hausse, atteignant un plus haut en sept mois jeudi, grâce aux espoirs d’une reprise potentielle de la demande de la Chine, premier consommateur mondial de métaux de base.

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Jeudi, le cuivre a culminé à 9.240 dollars la tonne sur la Bourse des métaux de Londres (LME), son prix record depuis juin 2022.

« Les espoirs d’une augmentation de la demande en Chine ont déjà provoqué une forte hausse des prix des métaux de base », estime Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank, le pays étant le premier consommateur de métaux industriels au monde.

La Chine a levé début décembre la plupart de ses mesures sanitaires, rouvert depuis dimanche sa frontière avec Hong Kong, et mis fin à la quarantaine obligatoire pour les voyageurs en provenance de l’étranger.

Les espoirs de reprise sont portés par « un soutien politique accru pour alimenter une reprise économique afin de compenser les retombées » de trois années de restrictions sanitaires parmi les plus draconiennes au monde, souligne Ole Hansen, de chez Saxobank.

Cet « optimisme » autour de la reprise de l’économie chinoise « s’est mêlé à un dollar plus faible en raison de la présomption que la Réserve fédérale devrait ralentir le rythme des futures hausses de taux alors que les perspectives d’inflation continuent de se modérer » aux Etats-Unis, ajoute l’analyste.

En plus de « bonnes perspectives en matière de demande », les cours du cuivre bénéficient aussi « du fait que la production souffre encore des coûts élevés de l’énergie », ce qui devrait « donner du dynamisme aux prix à moyen terme », ajoute Mme Lambrecht.

Sur le LME, la tonne de cuivre pour livraison dans trois mois s’échangeait à 9.204 dollars vendredi vers 16H30 GMT, contre 8.589,50 dollars le vendredi précédent à la clôture.

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Le café fait la moue

Le café peinait à se reprendre après une année 2022 difficile, où la demande de café a baissé avec la morosité de l’économie mondiale et l’invasion russe de l’Ukraine.

Sur l’ensemble de l’année 2022, le café arabica à New York a perdu environ 25 % avant de rebondir légèrement début 2023, et le café robusta à Londres 23 %.

« Cette situation est due (…) aux inquiétudes concernant la demande, ainsi qu’à une reprise de l’offre au Brésil après une saison 2022 difficile », explique Ole Hansen, abalyste chez Saxobank.

Les pressions inflationnistes et le ralentissement de l’économie mondiale cumulés à la guerre en Ukraine ont en effet fortement pesé sur la demande.

Sur l’ICE Futures US de New York, la livre d’arabica pour livraison en mars 2023 valait 149,55 cents, contre 158,30 cents sept jours auparavant.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en janvier 2023 valait 1.914 dollars vendredi contre 1.825 dollars il y a une semaine à la clôture.



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